In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 30 décembre 2018

A. Adams - Half Dome (1940)

La veillée du dimanche. Deux clichés d’Ansel Adams (1902-1984), qui a déjà fait l’objet d’une publication ici en octobre 2009, où j’évoquais notamment le cliché ci-dessous. Figure majeure de la photographie américaine, Adams a consacré une grande partie de sa vie à la représentation des grands espaces de l’Ouest et à la défense des territoires naturels.
Il est l’un des principaux défenseurs de l’idée de wilderness, cette nature sauvage que l’on cherche à préserver de l’intervention humaine.

A.A. - Clearing winter storm (1937)
Cette conception de la nature, ancienne dans la culture américaine, avait notamment été portée au XIXᵉ siècle par Henry David Thoreau et John Muir.
Adams la prolonge à travers la photographie : pour lui, la nature incarnait une expérience spirituelle, presque mystique, qui dépassait la simple contemplation.
Ses photographies ont éveillé chez ses contemporains à la fois émerveillement et conscience de la fragilité des derniers territoires vierges. En associant rigueur esthétique et militantisme, Ansel Adams a montré que la photographie pouvait aussi contribuer à faire aimer les paysages que l’on cherche à préserver.
 © Veilleur de Nuit – 2018

LC3
ICI

dimanche 23 décembre 2018

Calendrier des bergers - Janvier

La veillée du dimanche. Deux gravures extraites du Calendrier des bergers, ouvrage publié pour la première fois en 1491, « pour enseigner la science des bergers, qui est science de l’âme, du corps, des astres, de la vie et de la mort ». Je suis heureux d’en posséder un fac-similé, dont sont tirées les deux gravures présentées ici.
Considéré comme l’un des fleurons des débuts de l’imprimerie, ce recueil offre une plongée précieuse dans les croyances, les pratiques et les savoirs qui guidaient encore l’homme du Moyen Âge à l’orée de la Renaissance.

Calendrier des bergers
Chaque mois y est associé à une figure, à des activités humaines et à un ensemble de symboles. Voici janvier, placé sous le signe de Janus, dieu des portes et des passages.
La scène se déroule dans un intérieur soigneusement construit : cheminée monumentale, fenêtre ouvragée, sol dallé soumis aux règles de la perspective. Mais certains détails échappent à cette rigueur : la volaille vue du dessus, la cruche posée au bord de la table, comme suspendue dans son équilibre. Un mélange de rigueur et de gaucherie qui fait tout le charme de ces images.
Ainsi fonctionne le Calendrier des bergers : un monde où les savoirs symboliques, les gestes du quotidien et les représentations du temps coexistent, dans une même tentative d’ordonner le monde visible et invisible.
 © Veilleur de Nuit – 2018

GH4

ICI

dimanche 16 décembre 2018

I. Cordal - Cement eclipses, NY (2015)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste espagnol Isaac Cordal (b.1974), présenté ici au mois d'octobre dernier. Formé à l'Université des beaux-arts de Pontevedra, en Galice, puis au Camberwell College of Arts de Londres, il installe depuis 2013 de minuscules personnages en béton dans les rues des grandes métropoles : [ICI].

I.C. - Cement eclipses, NY (2015)
Photographiées par l’artiste, ces interventions transforment les interstices de la ville en petites scènes où se jouent les inquiétudes de nos sociétés : solitude, conformisme, bureaucratie, catastrophe écologique ou absurdité du quotidien.
Les deux clichés présentés ici ont été réalisés à New York en 2015 et font partie du projet Cement Eclipses, qui a contribué à sa renommée... « In the concrete jungle of life, I sculpt moments of reflection to remind us of our collective journey, challenging the monotony of our urban existence. »
 © Veilleur de Nuit – 2018

BH5

ICI

samedi 15 décembre 2018

L. S. - Le Noël du réprouvé (1937)

Une image et des mots. L'image c'est cette encre du suisse Louis Soutter (1871-1942), et les mots pour l'accompagner sont de Fontenelle (1657-1757) :

"Tous les hommes se ressemblent si fort qu'il n'y a point de peuples dont les sottises ne doivent nous faire trembler".

LJ1

ICI

dimanche 9 décembre 2018

Miroslav Tichý - Untitled

La veillée du dimanche. Deux clichés du tchèque Miroslav Tichý (1926-2011), photographe singulier du XXᵉ siècle. Originaire de Moravie du Sud et formé à l’Académie des beaux-arts de Prague, il se consacre d’abord à la peinture avant de se tourner, dans les années 1970, vers la photographie.
« Les peintures étaient peintes, les dessins dessinés. Qu'avais-je à faire ? Je cherchais un autre moyen. Avec la photographie, j'ai trouvé quelque chose de nouveau, un nouveau monde. »
M. Tichý - Untitled

Réalisés avec des appareils bricolés, ses clichés ont suscité des controverses, notamment en raison de la manière dont il photographiait les femmes à leur insu.
Mais ils produisent aussi une image déroutante du quotidien : flous, rayés, mal cadrés, ils semblent moins enregistrer le réel que le faire basculer dans une forme de mémoire ou de rêve.
 © Veilleur de Nuit – 2018

RB1

ICI

dimanche 2 décembre 2018

Anders Andersen-Lunby
Coucher de soleil en hiver (1882)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre paysagiste danois Anders Andersen-Lundby (1841-1923). Originaire du village de Lundby, près d’Aalborg, il se forme en autodidacte en observant la nature et en étudiant les œuvres exposées à Copenhague. Contrairement à nombre de ses contemporains, il ne passe pas par l’Académie royale des beaux-arts, mais s’inscrit très tôt dans les cercles paysagistes danois.
En 1876, il s’installe à Munich, alors l’un des grands centres européens de la peinture de paysage, où se côtoient de nombreux artistes venus d’Europe du Nord.

A.L. - Forêt en hiver (1890s)
Son travail reste attaché à la tradition naturaliste danoise, héritée notamment d'Eckersberg ou de P.C Skovhaard. Il se distingue surtout par ses scènes d'hiver. Il ne cherche pas seulement à le représenter : il en restitue le silence, l'immobilité et cette sensation particulière d'espace ouvert propre aux campagnes nordiaques. Il y a dans ses paysages une neige presque palpable, mais aussi une présence discrète, comme si chaque arbre, chaque reflet, chaque trace dans la neige participait à une même respiration. « Parfois, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme », écrivait Gilbert Cesbron.
 © Veilleur de Nuit – 2018
SR2

ICI

samedi 1 décembre 2018

Edward S. Curtis - Eclipse dance (c.1910)
Une image et des mots. Une photo d'indiens Kwakiutl exécutant la danse de l'éclipse (c.1910), prise par l'ethnologue américain Edward Sheriff Curtis (1868-1952). Les mots sont de Walt Whitman, extraits de "Leaves of grass" (Feuilles d'herbes).

You air that serves me with breath to speak !
You objects that call from diffusion my meanings and give them shape !
You light that wraps me and all things in delicate equable showers !
You paths worn in the irregular hollows by the roadsides !
I believe you are latent with unseen existences, you are so dear to me.

***

Toi, air qui me fournis le souffle pour que je parle !
Vous, objets, qui empêchez mes pensées de se disperser et qui leur donnez forme !
Toi, lumière, qui m’enveloppes, moi et toutes choses, dans ton flot délicat et égal pour tous !
Vous, sentiers tracés par les pas dans les creux irréguliers au bord des routes !
Je crois que vous êtes secrètement chargés d’existences invisibles, vous m’êtes si chers.

PG7
ICI

AB1 ICI