In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 30 décembre 2012

M. de Vlaminck - Route sous la neige

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre, écrivain et ancien lutteur de foire français Maurice de Vlaminck (1876–1958), l’une des grandes figures du Fauvisme. Autodidacte et animé d’un tempérament rebelle, il défend très tôt une peinture instinctive, affranchie des conventions académiques. Ses premières œuvres, marquées par Van Gogh et l’usage de couleurs pures et éclatantes, l’inscrivent rapidement dans le mouvement fauve aux côtés de Derain et Matisse.

M.V. - Nature morte aux oranges
(1907)
Mais dès les années 1910, sous l’influence de Cézanne, sa peinture évolue vers une palette plus sombre et une construction plus rigoureuse. Ses paysages, souvent dépouillés, traversés de ciels lourds et de routes désertes, ont alors quelque chose de plus sombre et de plus inquiet. Passionné de littérature, Vlaminck laisse aussi des écrits à l’image de sa peinture : directs, violents, profondément anti-académiques.
« Ce que je n'aurais pu faire dans la société qu'en jetant une bombe – ce qui m'aurait conduit à l'échafaud –, j'ai tenté de le réaliser dans la peinture en employant de pures couleurs sortant de leur tube. J'ai satisfait ainsi ma volonté de détruire, de désobéir, afin de recréer un monde sensible, vivant et libéré.»

ML5

ICI

dimanche 23 décembre 2012

Krass Clement - série For natten (2000)
La veillée du dimanche. Deux clichés du danois Krass Clement (b.1946), documentariste de la mélancolie. Plus attentif aux atmosphères qu’aux événements eux-mêmes, il photographie à la manière du flâneur au sens où l'entendait Baudelaire, en parcourant la ville comme on traverse un état d’âme.
Fils d'un peintre et d'une pianiste, il passe une grande partie de son enfance à Paris, où il découvre la photographie et travaille quelque temps en free-lance avant d’étudier le cinéma à la National Film School of Denmark de Copenhague. Mais il revient rapidement à la photographie et publie en 1978 son premier livre, Shadows of the Moment.
K.C. - Vesterbrogade (1960s)

« The street is a fantastic space wherein everything unfolds, everything is possible and everything is seen. In other words, the street reveals existence.» 
Commence alors une œuvre documentaire consacrée au Danemark et à ses habitants, le plus souvent en noir et blanc, où reviennent sans cesse la solitude, l’attente, les visages perdus dans leurs pensées, les lumières de fin de jour.
« All my books are formed by two things, partly the memory, partly the loss.»
Krass Clement a également photographié Paris et l'Irlande. Ce travail donnera notamment naissance, en 1991, à Drum, série de photographies prises en une seule soirée dans un pub irlandais. Loin du spectaculaire, Clement trouve dans le quotidien une beauté discrète, sobre et profondément humaine.
DS3

ICI

samedi 22 décembre 2012

Château de Cénevières (Lot),
Fresque au-dessus du cabinet d'alchimie
Une image et des mots. L'image c'est un détail de la fresque qui orne, au-dessus de l'athanor, le mur nord du cabinet d'alchimie du Château de Cénevières, dans le Lot.
Les mots sont de Clarice Lispector, extraits de sa Passion selon G.H.

"Depuis la Préhistoire, j'avais commencé ma marche à travers le désert, et sans étoile pour me guider, la perdition seule me guidant, l'égarement seul me guidant - jusqu'à ce que, presque terrassée par l'extase de la fatigue, illuminée par la passion, je trouve enfin l'écrin. Et dans cet écrin, étincelant de gloire, le secret caché.
Le secret le plus ancien du monde, opaque, mais m'aveuglant du rayonnement de son existence simple, y étincelant d'une gloire qui me faisait mal aux yeux. Dans l'écrin, le secret : un morceau de chose. Un morceau de fer, une antenne de cafard, le plâtre du mur. [.....] Le secret de la force était la force, le secret de l'amour était l'amour - et le joyau du monde est un morceau de chose opaque
."
PG4

ICI

dimanche 16 décembre 2012

I. Morath - Bédouins, sud de Bagdad (1955)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photojournaliste américaine Ingeborg Morath (1923-2002).
Née à Graz, elle étudie les langues et l’histoire de l’art à Berlin avant de travailler comme traductrice et journaliste, puis de se former à la photographie aux côtés d’Ernst Haas (voir oct. 2011).
I.M. - Tinkers, Ireland (1954)

Elle parcourt ensuite le monde, du Proche-Orient à l’Amérique latine, et photographie les visages, les gestes, les lieux, en mêlant regard documentaire et attention poétique.
Mariée au dramaturge Arthur Miller, elle photographie également ses proches, parmi lesquels Marilyn Monroe.
Elle devient en 1955 la première femme membre à part entière de Magnum, après y avoir travaillé comme assistante d’Henri Cartier-Bresson.
« La photographie est un étrange phénomène; vous faites confiance à votre oeil et ne pouvez pas vous empêcher de mettre votre âme à nu. C'est essentiellement une affaire personnelle, une recherche de la vérité intérieure. Avec la photographie j'ai compris que je pouvais donner corps à une pensée.»
ES1

ICI

dimanche 9 décembre 2012

J. Grimshaw - Evening shadows (1881)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'anglais John Atkinson Grimshaw (1836-1893), l’un des maîtres des atmosphères crépusculaires et des paysages urbains nocturnes de l’Angleterre victorienne.
Autodidacte, d'abord proche de l'esthétique préraphaélite, il commence dans les années 1860 par peindre des natures mortes avant de se tourner vers les paysages.
Il est ensuite sensible au travail du peintre français James Tissot, très apprécié dans la haute société victorienne. Tissot fera probablement lui aussi l’objet d’une prochaine publication.
J.G. - Westminster Bridge (1880)

Si Grimshaw peint des paysages portuaires, des rues de Leeds, Liverpool ou Londres, il ne semble pas chercher à en documenter la réalité, mais plutôt à en extraire une poésie diffuse ;  à mi-chemin entre réalisme et romantisme, il s’attache aux lumières artificielles, aux halos du gaz, aux brumes épaisses, pour construire un monde silencieux et presque irréel.
Il reste pour beaucoup le peintre des nuits claires, celui qui a fait dire à l'américain James Abbott Whistler : « I considered myself the inventor of nocturnes, until I saw Grimmy's moonlit pictures.»
AV1
ICI

dimanche 2 décembre 2012

Adger Cowans - Untitled
La veillée du dimanche. « Douceur rêveuse de la neige qui tombe – le silence de la ville, l'avez-vous connu si profond ? », écrit Carson McCullers dans La ballade du café triste (1951).
Voici deux clichés du peintre et photographe américain Adger Cowans (b.1936), l’une des figures importantes du groupe Kamoinge, collectif influent de la photographie afro-américaine.
Après des études à l’Ohio University, puis à la School of Motion Picture Arts, il commence sa carrière comme photographe de plateau pour la marine américaine, avant de s’installer à New York où il se tourne vers le photojournalisme.
A.C. - Footsteps (1960)

Proche de Gordon Parks, dont il partage la sensibilité humaniste, et nourri par l’influence des grands noms de la photographie moderne, Cowans développe ainsi une œuvre à la fois politique et poétique, où le regard documentaire se mêle à la recherche esthétique.
« Pour moi, la responsabilité de l'artiste est de garder le temple (le corps et l'esprit) clair, propre et ouvert, en étant conscient et en surveillant ce qui y entre mentalement et physiquement. Quand il est ainsi réglé, les pulsions créatives peuvent être pleinement reçues et réfléchies au plus haut degré; là où la ligne, la forme, et la couleur définissent un espace que le spectateur peut sentir avec le coeur, explorer avec les yeux, et contempler avec l'esprit.»

BH1

ICI

samedi 1 décembre 2012

F. Bacon - Study for a running dog
(1954)
Une image et des mots. Il y a bien longtemps j'ai voulu lire Trilces, un recueil de poèmes du péruvien César Vallejo, tout simplement parce qu'une de mes connaissances avait choisi cette oeuvre pour sa thèse en linguistique et que son choix m'intriguait.
C'est un gros volume, et je devais revenir souvent sur des passages que je ne comprenais pas, mais je l'ai lu obstinément, avec peine et sans aucun plaisir, du premier au dernier vers.
De ces milliers de vers obscurs un seul m'est resté, que je n'ai jamais oublié et qui aujourd'hui encore me revient devant cette étude de Bacon.

"Un perro pasa royendo el hueso de otro perro que fue."
  Un chien passe, rongeant l'os d'un autre chien qui fut.
EB1
ICI

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...