In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 27 janvier 2013

Fred - Philémon

Comme tous les ans à l'occasion du festival international de la BD d'Angoulême, voici deux de mes auteurs favoris.
Le premier, Fred (1931-2013), collaborateur entre autres magazines à Pilote et à Hara-Kiri, et dont l'oeuvre la plus connue reste les aventures en 16 volumes de Philémon, le naufragé du "A".
"M'ouais..., je devine ce que tu vas encore me dire, qu'une licorne ça n'existe pas. Mais sur une île qui n'existe pas, tout peut exister."
F'Murr - Le génie des alpages




Le second, F'Murr (1946-2018), le père du Génie des alpages (14 volumes chez Dargaud), ou les aventures en altitude du berger Athanase, entouré de son chien mythomane, du bélier Romuald et d'un troupeau de brebis à haut quotient intellectuel ou/et à moitié fêlées.
"Occupe-toi un peu de ce troupeau de cinglées pendant que je montre ma collection d'edelweiss à mademoiselle.."

TW2

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samedi 26 janvier 2013

August Malmström - Fées dansantes (1886)

Une image et des mots. Le tableau est du peintre et illustrateur suédois August Malmström (1829-1901).
Il me fait penser à ces quelques vers de Paul Mari (b.1930).

Même si des vents emportent mes rêves à l'autre bout du monde
il y a des vies en moi qui n'ont plus d'importance
je ne sais où étaient leurs soleils et leurs nuits.
[.....]
J'ai traversé le temps sans en faire une histoire
et vu de longs chemins s'effacer
ce qui me reste est si peu que je ne peux l'oublier.

PG5

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dimanche 20 janvier 2013

M. O' Gorman - Christina (1913)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'anglais Mervyn O' Gorman (1871-1958), ingénieur dans l'industrie aéronautique mais aussi photographe amateur et à ce titre pionnier de la photographie couleur.

M.O'G. - Christina sur la plage (1913)










Ces deux autochromes - un procédé inventé en France en 1903 par les frères Lumière -, font partie d'une série consacrée par Mervyn O'Gorman à la fille de son voisin, le philosophe Edwyn Bevan. Ils ont été pris il y a un siècle, précisément le 25 janvier 1913 pour celui de Christina sur la plage. L'avancée rocheuse que l'on voit au loin est le Durdle Door (parfois orthographié Dor), sur la côte jurassique du Dorset.
Il y a dans ces images quelque chose d’étrangement moderne : cela tient peut-être à la liberté du cadrage, aux couleurs assourdies de l’autochrome. Elles semblent suspendues entre deux époques et, plus d’un siècle plus tard, gardent intacte cette douceur mélancolique et cette sensation de temps arrêté.

WM1
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dimanche 13 janvier 2013

Ian Berry - Ascot (1975)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste anglais Ian Berry (b.1934).
Installé en Afrique du Sud à l’âge de dix-huit ans, autodidacte, il découvre la photographie auprès d’un ancien assistant d’Ansel Adams avant de collaborer avec plusieurs journaux sud-africains, notamment grâce au photographe Jürgen Schadeberg, auteur d’un célèbre portrait de Nelson Mandela en prison.

I.B. - Hauling a barge, Kellingley coal mine
(1969)
En 1960, Ian Berry est le seul photographe à documenter le massacre de Sharpeville.
Ses images, prises au cœur de la manifestation, contribueront à établir l’innocence des victimes dans la tournure tragique qu’ont prise les événements. Deux ans plus tard, Henri Cartier-Bresson l’invite à rejoindre Magnum Photos.
Les photographies de Ian Berry ne sont pas spectaculaires. Marquées par une attention discrète aux êtres, aux tensions sociales et à ce que l’Histoire imprime sur les visages ordinaires, elles cherchent avant tout à témoigner.
AS1

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dimanche 6 janvier 2013

J.W. Godward - Lycinna (1918)

Le vide-grenier du dimanche.
Deux oeuvres du peintre anglais John William Godward (1861-1922), figure du néo-classicisme tardif, souvent rapproché des préraphaélites par son goût du détail et de la beauté idéale.
Formé à la Royal Academy of Arts de Londres, Godward consacre presque toute son oeuvre à des scènes inspirées de l’Antiquité gréco-romaine. Marbres, étoffes, chevelures, lumière : tout est peint avec un soin extrême, dans une recherche presque obsessionnelle de beauté et d'harmonie.
J.W.G. - Dolce far niente (1904)

Mais chaque époque a ses artistes maudits et le 19e siècle ne fait pas exception. Au moment même où Godward atteint sa maturité, les goûts changent et le néoclassissisme est en train de passer de mode ; les faveurs nouvelles vont aux courants modernistes. Les feux sont braqués sur les dadaïstes, sur Picasso et sur Matisse, et les critiques se moquent de ses "Victoriennes en toge".
The world is not big enough for me and a Picasso, écrit-il dans la lettre laissée avant son suicide.
Sa famille, qui le dépréciait tout autant, détruisit après sa mort tous ses papiers, documents, et photographies ; il ne reste aujourd'hui de John William Godward presque aucun portrait.

PM1
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samedi 5 janvier 2013

(A/U)
Une image et des mots .Une photo anonyme, pour moi en tous cas, que j'associe à ces quelques vers du poète élisabéthain John Donne (1572-1631), extraits des Songs and sonnets publiés en 1601.

All Kings, and all their favourites
All glory’ of honors, beauties, wits
The sun it selfe, which makes times, as they passe,
Is elder by a yeare, now, than it was
When thou and I first one another saw:
All other things, to their destruction draw,
Only our love hath no decay;
This, no to morrow hath, nor yesterday,
Running it never runs from us away,
But truly keepes his first, last, everlasting day.

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traduction de Jean Migrenne

Tous les souverains, tous leurs favoris,
Toute gloire d’honneur, beauté, esprit,
Tout passe, même le maître des temps,
Notre soleil, plus jeune d’un an
Quand toi et moi avions fait connaissance :
Le lot de toute chose est décadence,
À une exception près : notre amour
Que nul hier, nul lendemain n’entourent,
À nous adonné qui lui donnons libre cours,
Attaché à vivre comme au tout premier jour.

AF1
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NS2 ICI