In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 30 août 2020

Richard Estes - Cafe Express (1975)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Richard Estes (b.1932), figure majeure du photoréalisme américain. Formé à la School of the Art Institute of Chicago, il développe dès les années 1960 une peinture d’une précision extrême, à partir de photographies qu’il prend lui-même dans les rues de New York, Chicago ou Paris.

R.E. - Car reflection (1969)
Ses sujets sont souvent des scènes urbaines ordinaires.
Il joue avec les reflets et les distorsions produits par les vitres et les vitrines, les carrosseries et les pare-brise, où rues, passants et façades se superposent jusqu'à composer des images d'une grande complexité. L'œil y hésite parfois entre ce qui appartient au paysage et ce qui n'en est que le reflet.
Estes joue ainsi avec les limites entre photographie et peinture, entre ce que l’œil perçoit et ce que l’image construit. « J’ai toujours été intéressé par la manière dont la lumière et l’ombre interagissent avec les surfaces. C’est cela qui m’intéresse : capturer le jeu de la lumière sur les surfaces et lui donner vie par la peinture. »
 © Veilleur de Nuit – 2020
PR1

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samedi 29 août 2020

Hisashi Hisano - Untitled (1939)
Une image et des mots. Un cliché de la photographe japonaise Hisashi Hisano (1903-1946), et quelques vers de l'argentin Roberto Juarroz (1925-1995).

La realidad es un tiempo doblado
que es preciso desdoblar como una tela
de singular delicadeza
para encontrar adentro
otra mano que aguarda.

***
(traduction Roger Munier)

La réalité est un temps plié
qu'il faut déplier comme une toile
d'une singulière délicatesse
pour trouver au dedans
une autre main qui attend.
SV1

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dimanche 23 août 2020

G. Klimt - Île dans l'Attersee (1901)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste autrichien Gustav Klimt (1862-1918), déjà présenté en octobre 2012.
Il est l'un des peintres symbolistes les plus influents de l'Art Nouveau et l'une des grandes figures de la Sécession de Vienne (voir aussi ICI), un mouvement qui entend rompre avec l'académisme viennois, défendre l'art moderne et promouvoir l'idée d'un « art total » (Gesamtkunstwerk), qui abolirait la hiérarchie entre les arts.
G.K - Jardin aux tournesols (1907)

Tout au long de sa carrière, Klimt multiplie les portraits féminins, les allégories et les thèmes parfois dérangeants – érotisme, mort, désir – avec ce style unique qui concilie puissance décorative et expression des sentiments. Pour ma part, je ne suis pas particulièrement fan de ses deux tableaux les plus célèbres – Le Baiser et le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I – d'une éclatante richesse décorative faite d’or, d’argent et de motifs géométriques ; je leur préfère les deux œuvres présentées ici. Cette chronique est d’ailleurs motivée moins par mon goût pour sa peinture que par l’importance de Klimt dans l’art européen : il a notamment ouvert la voie à des artistes comme Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, qui virent en lui un maître autant qu’un précurseur.
Je m'empresse donc de valider cette publication avant de la supprimer.
 © Veilleur de Nuit – 2020

BD6
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dimanche 16 août 2020

T.G. - Mémoire du siècle futur
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Thierry Girard (b.1951), dont le travail est largement consacré aux paysages et aux territoires traversés par l'histoire. Depuis les années 1970, il mène de longs projets photographiques en France, en Europe de l'Est, au Japon ou en Chine, privilégiant les itinéraires au long cours plutôt que les images isolées.
Ses séries, parmi lesquelles Les Bords du Fleuve, En descendant la Loire ou Hokkaido, s'intéressent souvent à des régions éloignées des grands centres urbains, où les paysages portent encore les traces des activités humaines et du temps.
T.G. - Mémoire du siècle futur

Ces deux clichés sont extraits de Mémoire du siècle futur, réalisé entre 1979 et 1983 dans l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. À travers cette série, Girard observe un territoire en pleine transformation, où le paysage conserve la mémoire d'une histoire industrielle encore très présente. Sa démarche repose sur une attention aux empreintes humaines : traces de l'industrie, de l'habitat, des activités disparues ou simplement du passage du temps. Ses photographies ne montrent donc pas seulement des espaces ; elles révèlent les marques laissées par ceux qui les ont façonnés. Photographe mais aussi écrivain, il accompagne parfois ses images de textes qui prolongent cette réflexion sur les lieux et la mémoire.
 © Veilleur de Nuit – 2020
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dimanche 9 août 2020

F. von Stuck - Étoiles filantes (1912)

La veillée du dimanche. Deux toiles de l'allemand Franz von Stuck (1863-1928), figure majeure du symbolisme allemand et membre fondateur, en 1892, de la Sécession de Munich, un mouvement qui cherchait à s’affranchir des contraintes académiques et à défendre l'idéal d'un « art total » (Gesamtkunstwerk), où peinture, sculpture et arts décoratifs participeraient d'une même création. Cette volonté de renouvellement artistique s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation de l'académisme qui se développera également à Vienne, avec la création, en 1897, de la Sécession viennoise dirigée par Gustav Klimt.

F.v Stuck - Lydia Feez (1900)
Célèbre pour ses œuvres symboliques, souvent teintées d'érotisme et inspirées de la mythologie, von Stuck explore volontiers les rapports entre désir et raison, beauté et inquiétude, dans un univers où l'influence de Nietzsche n'est pas loin.
Professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Munich, il a notamment parmi ses élèves Wassily Kandinsky et Paul Klee, qui deviendront deux figures majeures de l’art moderne. Longtemps éclipsé par les artistes qui lui succédèrent, son œuvre connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, comme en témoigne la redécouverte progressive de son rôle dans l’art européen du tournant du siècle.
Le premier de ces deux tableaux, Sternschnuppen, est de circonstance en cette période de pluie des Perséides. Quant au second, parmi tous les portraits que Franz von Stuck a réalisés de la jolie Lydia Feez, c’est tout simplement celui que je préfère.
 © Veilleur de Nuit – 2020

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dimanche 2 août 2020

D.Sarazhin - Pensées paisibles (2012)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'Ukrainien Denis Sarazhin (b.1982), formé à l’Académie des Beaux-Arts de Kharkiv, dans une tradition héritée du réalisme soviétique. Il y a chez lui une fascination pour la figure humaine, la couleur et le mouvement, qui s'affirme particulièrement avec la série Pantomime, commencée au milieu des années 2010. Des corps étirés, fragmentés, parfois contorsionnés, dont les attitudes – qui leur donnent une dimension presque chorégraphique – semblent traduire une grande tension intérieure. « My main focus is on humans and their inner world », explique-t-il dans une interview de 2017.
D.S. - Tournesols (2012)

Mais ce n'est pas par cette peinture-là que j'ai découvert Sarazhin.
Dans ses œuvres des années 2000 et du début des années 2010, je trouve surtout des paysages, des vues de villages, des natures mortes et quelques figures féminines dans des intérieurs paisibles.
Des scènes d'une grande tranquillité, souvent baignées de lumière.
C'est cette peinture-là que j'aime chez Sarazhin, et notamment ses vues de villages, dont certaines ont une atmosphère presque méditerranéenne, où les personnages sont rares et font partie du paysage sans en être le sujet.
Les deux tableaux que j'ai choisis sont de cette période antérieure à Pantomime : Restful Thoughts (2012), également donné sous le titre Sunbeam selon les sources, et Sunflowers (2012). C'est par ces œuvres, bien éloignées des corps contorsionnés qui ont fait sa récente notoriété, que j'ai eu envie de présenter ce peintre.
 © Veilleur de Nuit – 2020

DG1

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samedi 1 août 2020

(A/U)
Une image et des mots. Rien, nada, macache, oualou, que dalle, des nèfles... J'ignore le nom du photographe et l'origine de ce cliché.
Les mots que j'ai choisis sont de Patrice de la Tour du Pin, extraits de La quête de joie.

"Mais rien, rien.... Maintenant le ciel est vide et sale. [.....] Et ces meutes qui ne cessent pas d'aboyer, que voient-elles, le cou tendu dans la rafale?"
ML11

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...