In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 29 juillet 2018

J. Ternoff - One and one
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l’artiste américaine Janet Ternoff (b.1985). Autodidacte, elle se consacre à la peinture réaliste de paysages urbains, principalement à New York, où elle est née et vit toujours.
Je connais assez peu son parcours, ses influences ou ses références, mais j’apprécie beaucoup son travail.
Au-delà de la précision de l’observation et du soin apporté à la restitution des détails, ce que j’aime surtout, c’est l’atmosphère de ses toiles – une atmosphère née de la composition, du choix de l'angle de vue, des nuances de couleur et de la place qu'occupent les personnages lorsqu'ils apparaissent.

J.T. - Verrazano Bridge
J’ai un faible pour ses représentations de lieux emblématiques comme le JG Melon, l'un des plus iconiques et anciens restos de burgers de New York,  ou la pizzeria Lombardi’s, dans le quartier de Little Italy, même si ce ne sont pas ceux que j’ai retenus pour cette publication… Une prochaine fois, peut-être, quand j'en saurai davantage sur elle et sur son œuvre. En attendant : son blog, et son site.
LD1

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dimanche 22 juillet 2018

Ed Clark - La rue Norvins, Paris (1946)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Edward Clark (1911-2000). Né à Nashville, dans le Tennessee, Edward Clark abandonne le lycée pour travailler au Nashville Tennessean en prétendant être déjà photographe – un pari audacieux qui fonctionne et marque le début d’une longue carrière.

E.C. - Marilyn Monroe
Griffith Park, L.A.
 (1950)
Il rejoint Life comme pigiste dès 1936 et devient photographe permanent en 1944, tout en continuant à vivre à Nashville, un privilège concédé par le journal en raison de la qualité de son travail : il est l'auteur du célèbre cliché de l'adjudant-chef Graham Jackson pleurant le président Roosevelt le 13 avril 1945. Mais, de toutes les photographies qu'il réalisa pour le great American magazine, son portrait d'un jeune peintre dans une rue de Montmartre (ci-dessus) est, de son propre aveu, celle qu'il préférait.
« I didn't know where France was, let alone Paris. It was so beautiful that I just started photographing. » Une phrase qui dit mieux qu'un discours ce qu'était, chez Edward Clark, le bonheur très simple de voir.
AV3
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dimanche 15 juillet 2018

Titien - L'homme au gant (c.1520)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Tiziano Vecellio, plus connu sous le nom de Titien ou Le Titien (c.1488-1576), peintre de l'école vénitienne, attachée à la couleur — « Le coloris est l’âme de la peinture », disait-on alors dans la Sérénissime —, et l’une des trois grandes figures, avec Véronèse et Le Tintoret, de la Renaissance vénitienne tardive.
On lui doit aussi bien des retables monumentaux, comme l’Assomption de la Vierge (1518), que des portraits d’une intensité psychologique inédite, ou encore les grandes séries mythologiques destinées aux cours princières d’Europe.

Titien - La Vénus d'Urbin (1538)
Né dans une famille aisée de militaires et de juristes, celui qui deviendra le « portraitiste des princes » est placé à l’âge de 10 ans chez le mosaïste Zucato, à Venise. Cinq ans plus tard, il rejoint l’atelier de Bellini où il fait la connaissance de Giorgione, avec qui il se lie d’amitié. Sa carrière est alors lancée. Impossible en quelques lignes de résumer la carrière et la vie de celui qui a travaillé pour les plus grands de son temps – Charles Quint, Philippe II d’Espagne, les doges de Venise – tout en sachant garder une liberté d’invention qui fait de son œuvre un sommet de la peinture occidentale.
Chez le Titien, la couleur semble porter à elle seule toute la chaleur de la vie. Ses personnages ne sont jamais de simples figures peintes : ils ont une présence, une chair, une intensité qui traversent les siècles. C’est sans doute ce qui explique pourquoi son œuvre donne encore aujourd’hui le sentiment que la peinture peut rivaliser avec la réalité. Par sa maîtrise de la couleur, le Titien a compté parmi les plus grands peintres de son temps.
PW1
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samedi 14 juillet 2018

Anonyme - Arkansas (1940)
Une image et des mots.
Les idées de la Révolution française ont eu une influence significative sur le mouvement abolitionniste américain, notamment au XIXe siècle, à l’époque de la guerre de Sécession (1861-1865). Les principes de liberté, d’égalité et de droits universels proclamés en 1789 dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ont résonné parmi les abolitionnistes américains, qui voyaient dans ces idéaux un fondement moral et philosophique pour condamner l’esclavage.
Les abolitionnistes américains, comme Frederick Douglass ou William Lloyd Garrison, ont souvent cité ces principes pour dénoncer l’hypocrisie d’un système esclavagiste dans une nation fondée sur la liberté et l’égalité. De plus, les révoltes d’esclaves inspirées par la Révolution française, comme celle de Saint-Domingue, ont montré que les idéaux révolutionnaires pouvaient non seulement être un moteur de libération, mais aussi de bouleversements sociaux radicaux.
Au États-Unis, les débats divisés sur l'esclavage ont mené à la guerre de Sécession et, finalement, à l’abolition de l’esclavage avec le 13e amendement en 1865.
Ainsi, les idéaux de la Révolution française ont été une source d’inspiration et de justification pour les combats abolitionnistes outre-Atlantique.

Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : "Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère."
Voltaire, Candide (1759).
MJ1

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dimanche 8 juillet 2018

H.M. - Nuit de clair de lune (1883)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre finlandais Hjalmar Munsterhjelm (1840-1905), associé au romantisme tardif. Formé par Oswald Achenbach puis par Hans Gude (voir mai 2015), on retrouve dans ses toiles l'influence de l'école de Düsseldorf, qui ne voyait pas tant le paysage comme un simple sujet documentaire que comme un moyen d'exprimer des sentiments. Ce qu’il peint, ce sont surtout des scènes de nature finlandaise : vastes forêts, lacs gelés, couchers de soleil, brumes d’automne... 

H.M. - Route en Finlande (1965)
La peinture de paysage, en tant que genre autonome, ne s’est pas imposée d’emblée dans l’histoire de l’art occidental.
Le paysage n’a pas toujours été considéré comme un sujet à part entière. Longtemps simple décor des scènes religieuses ou mythologiques, il devient progressivement, notamment en Europe du Nord, un motif autonome où les artistes cherchent moins à décrire la nature qu’à traduire ce qu’elle leur inspire.
C’est dans cette tradition que s’inscrivent les peintres nordiques du XIXᵉ siècle, attachés aux effets de lumière, aux variations de l’atmosphère et à cette relation particulière entre l’homme et les grands espaces. Chez Hjalmar Munsterhjelm, les forêts, les lacs et les ciels ne sont jamais de simples paysages : ils deviennent le reflet d’une sensation, d’une rêverie, parfois d’une mélancolie. Dans ce lac éclairé par la lune, comme dans beaucoup de ses œuvres, la nature semble porter une émotion qui dépasse la simple beauté du motif.
TI2

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samedi 7 juillet 2018

Anon.
Une image et des mots. Pour accompagner cette image - dont j'ignore l'auteur - du temps qui passe sur l'objet qui le mesure, j'ai choisi un extrait des dialogues de The third man, de Carol Reed (1949), avec Orson Welles.

"[.....] In Italy, for years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance.
In Switzerland, they had brotherly love, they had five hundred years of democracy and peace - and what did that produce? The cuckoo clock! "

***

"[.....] L'Italie sous les Borgia a connu 30 ans de terreur, de meurtres, de carnage... Mais ça a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance.
La Suisse a connu la fraternité, 500 ans de démocratie et de paix. Et ça a donné quoi ? Le coucou ! "

CL1
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dimanche 1 juillet 2018

A. Arissa - El perseguido (1930s)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe catalan Antoni Arissa (1900-1980), déjà présenté ici en février 2008. Son oeuvre, commencée dans le courant pictorialiste, évolue ensuite vers une photographie d’avant-garde. Dans ses clichés des années 1930, tout semble pensé comme une mise en page : les ombres deviennent des aplats, les lignes des compositions graphiques... Arissa transpose dans l’image photographique les principes de composition appris dans l’atelier d’imprimerie.
A.A. - Puerto de Barcelona (1930)

Ses expérimentations l’inscrivent dans une modernité partagée avec Moholy-Nagy ou Rodtchenko : jeux de cadrages audacieux, contre-plongées, lumière sculptée. Pourtant, à la différence de ses contemporains plus célèbres, son œuvre est restée longtemps confidentielle, éclipsée par la guerre civile et par son retrait progressif de la pratique photographique.
Redécouvert tardivement – notamment grâce à la rétrospective du Museo Reina Sofía en 2013 –, Arissa apparaît aujourd’hui comme l’un des grands artisans de la photographie moderne espagnole. Dans les deux photographies choisies ici, l’ombre joue un rôle presque aussi important que les personnages eux-mêmes : dans la première image, elle crée un double inattendu ; dans la seconde, elle révèle une présence que le cadrage nous dissimule. 
« Tout corps traîne son ombre et tout esprit son doute », écrivait Victor Hugo dans Les Contemplations.
VC1

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SA1 ICI