In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 25 juillet 2021

E. Peterssen - Soleil, Kalvøya (1891)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre norvégien Eilif Peterssen (1852-1928). Formé à Oslo, Copenhague puis Munich, Peterssen appartient d'abord à cette génération d'artistes nordiques venus chercher en Allemagne une formation académique.
Mais il va bientôt tourner le dos à la peinture aux tonalités souvent sombres de ses débuts pour s'intéresser aux paysages, aux scènes quotidiennes, aux instants saisis dans leur simplicité.

E. P. - Nuit d'été (1886)
En 1879, il retrouve à Rome Peder Severin Krøyer, qu'il avait connu quelques années auparavant à Munich. Sous son influence, il peint l'année suivante son premier tableau naturaliste, Sieste dans une auberge, en Italie.
Peterssen séjourne ensuite à Skagen en 1883, où il retrouve Krøyer, Michael et Anna Ancher, Christian Krohg et d'autres artistes scandinaves. Il y peint notamment des scènes de la vie quotidienne et des paysages baignés par la lumière particulière du lieu.
Les peintres de Skagen, sur lesquels je reviendrai, se retrouvent loin des sujets historiques et des conventions académiques, autour de la vie quotidienne, des paysages marins, des pêcheurs et des longues soirées d'été.
 © Veilleur de Nuit – 2021
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dimanche 18 juillet 2021

Kees Scherer - Seeking shells (1955)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe néerlandais Kees Scherer (1920-1993).
Il commence sa carrière en 1945, au lendemain de la Libération, comme photographe indépendant pour différents journaux et magazines. Ses reportages sur les grandes inondations de 1953 aux Pays-Bas et sur l'insurrection hongroise de 1956 lui apportent rapidement une reconnaissance internationale.
En 1955, il est avec Bram Wisman à l'initiative de la création de World Press Photo, qui deviendra le plus prestigieux concours de photographie de presse au monde.

K.S. - London (1960s)
Il publie notamment dans des magazines tels que Margriet et Avenue, à la création desquels il participe, mais il photographie aussi beaucoup en dehors des commandes de presse. Rues, ports, quartiers populaires, des images souvent en noir et blanc et qui portent parfois l'empreinte des idéaux socialistes hérités de son père docker. J'ai lu à son propos qu'il était un « photographe de rue avide », toujours à la recherche de l'insolite dans le quotidien. Je ne sais pas... ; ce que j'ai vu de lui ce sont surtout des images de situations simples, qu'il rend remarquables par ses cadrages soignés. Certaines, comme celle de ce jeune couple dans les rues de Londres, ont quelque chose de filmique.
Et puis il y a la lumière, notamment dans ses beaux contre-jours, dont je montrerai peut-être d'autres exemples – après celui de cet enfant sur une plage – à l'occasion d'une seconde publication.
 © Veilleur de Nuit – 2021
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samedi 17 juillet 2021

Cahier de Bilite

Une image et des mots. Une page d'écriture d'un sage petit écolier, et, pour aller avec, quelques mots du philosophe australien David Stove.. 
On les trouve cités par Jacques Bouveresse dans l'épilogue de son petit (mais dense) ouvrage Prodiges et vertiges de l'analogie, publié en 1999.

"... Étant donné un vaste rassemblement d'êtres humains et une longue période, vous ne pouvez raisonnablement pas vous attendre à ce que la pensée rationnelle gagne. Vous pourriez aussi raisonnablement vous attendre à ce qu'un millier de dés non truqués, tous jetés en même temps, donnent comme résultat "cinq" par exemple. Il y a simplement beaucoup trop de manières, et de manières faciles, dont la pensée humaine peut s'égarer."

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dimanche 11 juillet 2021

A.Durman  - Ramsgate (1955)
La veillée du dimanche. Deux illustrations de l'Anglais Alan Ronald Durman (1905-1963). Originaire de Maidstone, dans le Kent, Durman fut un artiste aux multiples talents : peintre, photographe, créateur de fresques et surtout illustrateur. Après des débuts dans la photographie, il se tourne vers les arts appliqués et travaille notamment pour Imperial Tobacco avant de réaliser, dans les années 1950 et 1960, une série d'affiches pour British Rail destinées à promouvoir les stations balnéaires anglaises.
A D. - Finchingfield (1940)

Ces images de « bathing beauties », de plages ensoleillées et de destinations de vacances participent à l'imaginaire britannique de l'après-guerre : celui des congés payés, des voyages en train et d'une certaine insouciance retrouvée.
Ce que j'aime dans ces affiches, c'est leur fraîcheur, et la nostalgie qu'elles font naître. Et même si Finchingfield, daté de 1940, appartient à une période antérieure à cette insouciance retrouvée de l'après-guerre, toutes deux évoquent un temps où partir quelques jours au bord de la mer, en train ou en autocar, pouvait encore avoir quelque chose d'une aventure. Un peu oublié aujourd'hui, Alan Durman appartient à cette époque où l'affiche était encore un véritable art populaire.
 © Veilleur de Nuit – 2021
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dimanche 4 juillet 2021

Claudia Andujar - Yanomami (1974)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe brésilienne Claudia Andujar (b.1931), artiste et militante déjà présentée ici en mai 2014. Née en Suisse, élevée entre la Hongrie et la Suisse, elle fuit l'Europe en 1944 avec sa mère.
Sa famille paternelle, d'origine juive, sera presque entièrement assassinée dans les camps d'Auschwitz et de Dachau. Elle s'installe au Brésil en 1955 et commence à y travailler comme photographe.
Elle parcourt le pays et collabore notamment à la revue Realidade, pour laquelle elle réalise des reportages sur des populations et des milieux très différents.
C.A - Yanomami (1974)

C'est avec les Yanomami, qu'elle rencontre en 1971, que son travail va prendre une tout autre dimension. Elle retourne régulièrement en Amazonie, photographie la vie quotidienne, les fêtes, les rituels et les individus, et finit par consacrer une grande partie de sa vie à leur défense. Son engagement aboutira notamment à la création de la Commission Pro-Yanomami et à la longue lutte pour la reconnaissance de leur territoire, finalement homologué en 1992.
« Je suis liée aux Indiens, à la terre, à la lutte première. Tout cela me touche profondément. Tout me semble essentiel. Peut-être ai-je toujours cherché la réponse au sens de la vie dans ce noyau fondamental. J'ai été poussée là-bas, dans la forêt amazonienne, pour cette raison. C'était instinctif. C'est moi que je cherchais. »
Aux côtés du chaman et porte-parole yanomami Davi Kopenawa, Claudia Andujar a contribué à faire entendre une autre manière de penser le rapport entre les humains et le monde vivant. 
« Peuple de la marchandise, les Blancs détruisent l'Amazonie parce qu'ils ne savent pas rêver. »
 © Veilleur de Nuit – 2021
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samedi 3 juillet 2021

Carl Larsson - Grez-sur-Loing (1883)
Une image et des mots. L'image, c'est cette aquarelle du suédois Carl Larsson ( 1853-1919). Ici, dans ce village aux fenêtres muettes, et qui semble enveloppé dans le silence, bordé d'arbres nus et désertés, nulle autre trace humaine que la lessive étendue et un pot renversé.

"Afin de laisser parler le silence en nous-mêmes, il est nécessaire d’écouter par le cœur. La faculté d’émerveillement transforme l’homme en enfant, en cet être qui est encore ignorant de la parole, vierge face au monde et prêt à l’accueillir dans sa plénitude comme un miracle", écrit Cristina Noacco dans "La force du silence : petites notes sur le bruissement du monde" (2017).
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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...