In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 26 avril 2026

G.S. - South Shields, Tyneside (1976)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Graham Smith (b.1947), figure importante mais longtemps restée discrète de la photographie documentaire anglaise. Né à Middlesbrough, il a consacré l’essentiel de son travail au nord-est industriel de l’Angleterre, qu’il photographie dans les années 1970 et 1980, au moment où un monde bascule.
Son nom est souvent associé à celui de Chris Killip (voir août 2010 et décembre 2014), avec qui il collabore au sein du collectif Amber Collective à Newcastle. Tous deux documentent les communautés ouvrières dont l’existence dépendait des industries lourdes – juste avant leur effondrement brutal.

G.S. - Black Path, Middlesborough
(1982)
Là où Killip construit des images très composées, Smith se tient plus près encore des gens : ses photographies, souvent prises dans les pubs de Middlesbrough, montrent des visages familiers, des moments de relâchement, des instants à la fois ordinaires et fragiles.
Moins connu que Killip, Smith est aussi une figure plus insaisissable.
En 1991, à la suite de violentes attaques de la presse populaire – qui accusait son travail de voyeurisme – et de réactions hostiles dans son propre environnement, il se retire presque entièrement de la scène photographique et refuse longtemps d’exposer ou de publier.
Ce retrait a contribué à entretenir autour de lui une forme de légende.
Ses images n’en restent pas moins parmi les plus justes de cette période. Elles montrent, sans effet, des vies ordinaires prises dans des bouleversements qui les dépassent. Rien n’est appuyé – mais tout est là.
PM6

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samedi 25 avril 2026

Delacroix - Carnet de voyage (1832)
Une image et des mots. L'image est extraite du Carnet de voyage au Maroc de Delacroix (1798-1863), illustré à la mine de plomb et aquarelle.
Et pour l'accompagner, juste cette phrase de Paul Gadenne : "Instant, laisse la place à de plus beaux instants", qui pourrait résumer ce sentiment qu'éprouve le voyageur... ; proche d'une plénitude qui reste inassouvie et toujours teintée, malgré tout, de l'attente d'un meilleur ailleurs.
RS4

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dimanche 19 avril 2026

P.T. - Café de Flore, Paris (2023)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste franco-américain Peter Turnley (b.1955).
Natif de Fort Wayne, dans l’Indiana, il découvre la photographie à 17 ans, alors qu’il est hospitalisé et qu’on lui offre son premier appareil ainsi qu’un livre d’Henri Cartier-Bresson.
Très vite, il se passionne pour les grands photographes des rues et de la vie parisienne : Atget (voir nov. 2011), Brassaï (voir déc. 2009 et déc. 2013), Izis (voir juin 2016) et Kertész (voir nov. 2010).
Puis viennent Doisneau et Boubat, qu’il découvre à travers l’emblématique exposition The Family of Man, présentée par Edward Steichen au MoMA de New York en 1955.
P.T. - Brasserie de l'Ile St Louis, Paris
(1994)

En 1975, Peter Turnley se rend pour la première fois à Paris, où il s’installe définitivement trois ans plus tard. Il y rencontre Édouard Boubat, avec qui il noue une amitié fidèle jusqu’à la disparition du photographe en 1999. Parallèlement à ses études à la Sorbonne et à Sciences Po, Turnley travaille pour Pierre Gassman, fondateur du laboratoire Pictorial Service. C’est là qu’il montre ses premiers travaux à Robert Doisneau, qui le présente à Raymond Grosset, directeur de l’agence Rapho. Ce dernier lui confie alors ses premières missions pour la presse internationale : Time, Newsweek, The New York Times, entre autres..
Devenu citoyen français en 2019, Peter Turnley vit et travaille aujourd'hui à Paris.

BH2
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dimanche 12 avril 2026

Jay Senetchko - Phone (2011)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du canadien Jay Senetchko (b.1973), formé à l’Université de l’Alberta puis installé à Vancouver. Peintre figuratif, il puise dans la culture populaire, la mythologie et l’histoire de l’art pour construire des images qui racontent quelque chose, sans jamais être tout à fait explicites.
Il s’intéresse à la manière dont les images – celles des médias, du cinéma ou de la publicité – influencent notre façon de voir. Ses tableaux reprennent des situations familières, en apparence réalistes, mais où quelque chose résiste. On ne sait pas très bien ce qui se joue.
J.S. - The migrants (2013)

Ses compositions sont construites avec soin, souvent très équilibrées, avec des références visibles à la peinture ancienne autant qu’au réalisme américain. Mais rien n’y est démonstratif. Les scènes semblent simples, presque évidentes, et pourtant elles laissent une impression un peu incertaine. On se demande, en les regardant, dans quelle mesure les histoires que nous nous racontons – individuellement ou collectivement – orientent ce que nous croyons voir.
BS12

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dimanche 5 avril 2026

Fred Morley - Delivery after raid (1940)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Fred Morley.
Le premier, célébrissime, donne à voir un milkman londonien stoïque effectuant sa tournée de livraison parmi les décombres, le 9 octobre 40.

F. M. - St James Park, London (1934)








C'est quelques jours après le commencement du Blitz qui de septembre 40 à mai 41 déversa jour et nuit un déluge de bombes sur la capitale anglaise.Mais c'est une mise en scène... Le gouvernement anglais censurait toutes les photos de Londres dévastée par crainte qu'elles ne démoralisent la population. Fred Morley a alors eu l'idée de ce cliché soigneusement composé, devenu le symbole du stiff upper lip anglais.
BS10

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samedi 4 avril 2026

E.de Morgan - Ange de la joie (1897)
Une image et des mots. L'image est un détail d'une oeuvre de la préraphaélite Evelyn de Morgan, L'aveuglement et la cupidité chassant la joie hors de la ville.
Pour aller avec, quelques lignes extraites de La Joie (1929), de Georges Bernanos.

Tu ne sais rien du monde, tu n’en veux rien savoir, c’est tellement plus simple ! Ta mère prétendait déjà marcher à travers les chemins boueux avec la petite pantoufle de Cendrillon. Oui, il fallait que tu l’apprisses un jour ou l’autre, le monde n’est pas fait pour les anges. Je suis un catholique irréprochable, j’ai consacré une partie de ma vie à l’histoire de l’Eglise et je dis : le monde n’est pas fait pour les anges. J’ajoute même : tant pis pour les anges qui s’y hasardent sans précaution !

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