In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 29 janvier 2017

Hugo Pratt - Corto Maltese
Le vide-grenier du dimanche. Clôture aujourd'hui à Angoulême du 44ème Festival international de la bande dessinée, avec cette publication sur le grand voyageur romantique d'Hugo Pratt (1927-1995), Corto Maltese.

Hugo Pratt - Aquarelle

Steiner : Pourquoi avez-vous fait ça?
Corto Maltese - Ah ! ... pour dire la vérité je n'en sais rien. Peut-être suis-je le dernier des imbéciles. Le dernier exemplaire d'une dynastie complétement éteinte qui croyait en la générosité ! ... En l'héroïsme.
FM1
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dimanche 22 janvier 2017

L. Essaydi - Outdoor gossip (2008)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste marocaine Lalla Essaydi (b.1956), à la frontière de la photographie et de la peinture. Formée à l'École des Beaux-Arts de Paris, puis aux États-Unis, où elle vit aujourd'hui une partie de l'année, elle interroge depuis plusieurs décennies les représentations occidentales de la femme arabe.
Dans sa série Femmes du Maroc (2005-2008), elle reprend délibérément les codes de la peinture orientaliste du XIXᵉ siècle, évoquant les compositions de Eugène Delacroix, Jean-Léon Gérôme ou Jean-Auguste-Dominique Ingres.
L.E. - Harem beauty (2008)

Les corps, les vêtements et les murs sont entièrement recouverts de calligraphie arabe.
Peu importe que certains mots soient devenus illisibles : le texte n'est pas là pour être lu, mais pour occuper un espace dont les femmes furent longtemps exclues. Lalla Essaydi n'écrit d'ailleurs pas à l'encre, mais au henné, geste éminemment féminin dans la tradition marocaine, qu'elle associe à un art longtemps considéré comme masculin.
« I wanted a feminine visual language and use it with calligraphy that is considered "male art", because "male art" is considered "high art". I needed something typically feminine that we relate to so strongly in this culture and then fuse it together with "male art". »
HP5

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samedi 21 janvier 2017

Codex Azcatitlan

Une image et des mots. Cette illustration figure dans le Codex Azcatitlan. Les mots sont du poète René Depestre.

Quand la frénésie de l'or draina au marché
la dernière goutte de sang indien
De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien
aux alentours des mines d'or
On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique
pour assurer la relève du désespoir.

Ce qu'il évoque, on en parle ICI. Et ICI. Et ICI.

NY3
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dimanche 15 janvier 2017

John Maher - Blue chair (2016)
Le vide-grenier du dimanche. , ancien batteur du groupe punk britannique Buzzcocks, devenu photographe après avoir quitté la scène musicale. Installé sur l’île de Harris, dans les Hébrides extérieures en Écosse, il y développe un travail centré sur les paysages et l’architecture vernaculaire.
J.M. - Twin-tub (2016)

Ses images en couleurs saisissent la lumière changeante et dramatique des Hébrides – ciels lourds, ruines battues par les vents, horizons marins infinis – mais aussi l’intimité des maisons abandonnées, où il s’attarde sur les traces des habitants : une assiette, un fauteuil, une tapisserie défraîchie.
Les deux clichés présentés ici appartiennent à sa série Nobody’s Home, méditation mélancolique sur la mémoire de ces lieux désertés.
FC2

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dimanche 8 janvier 2017

A. Kuhn - Two figures at a table
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre polonais Andrzej Kuhn (1929-2014), qui revendique Chagall, Klee et Beardsley parmi ses sources d’inspiration, et dont l’univers pictural semble guidé par l’instinct et le plaisir de peindre.
En 1940, dans le contexte de la guerre et des déplacements de population, son père est emprisonné et Andrzej Kuhn est déporté au Kazakhstan avec sa mère et sa sœur. Sa mère meurt dans un camp de travail, et les enfants sont ensuite placés dans un orphelinat. Kuhn arrive en Angleterre en 1947. Après six années de service dans la marine marchande, il obtient une bourse à la Chelsea School of Art de Londres.

A. K. - Fishermen with moon (1970)
Le monde imaginaire et lyrique qui caractérise son œuvre trouve en partie ses racines dans cette enfance marquée par l’exil, mais aussi dans les images modestes qui l’ont accompagné : illustrations de contes, livres pour enfants, timbres-poste – autant de fragments visuels qui lui ont servi de refuge.
« Pour moi, peindre est comme un voyage dans un monde inconnu… Dans ces contrées lointaines, je rencontre des gens étranges, des créatures imaginaires : des poètes, des violonistes, des marins et des vagabonds. »
GO1
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samedi 7 janvier 2017

Uvan Kuzmin - Black skimmer
Une image et des mots...  L'image, du photographe et vidéaste Ivan Kuzmin,  c'est celle du bec-en-ciseaux (Black skimmer pour les anglo-saxons, et Pico de tijeretas ou Rayador pour les hispanophones), qui est un de mes oiseaux préférés. Ce n'est pas le seul bien sûr; la poule-au-pot en fait elle aussi partie, mais son vol est moins gracieux. Car c'est le vol de cet oiseau aquatique qui est fascinant, surtout lorsqu'il ralentit son allure et qu'il semble comme suspendu dans le mouvement ascendant et descendant de ses longues ailes souples.
Il fait alors penser à ces oiseaux de balsa vendus dans les boutiques d'objets exotiques et aux ailes desquels, après les avoir accrochés, on imprime un lent mouvement plein de grâce élastique.
Je n'ai malheureusement pas su trouver sur YouTube des images qui rendent justice à l'élégance de ce merveilleux oiseau que l'on rencontre en Afrique, en Asie, et dans les Amériques, surtout (mais pas seulement) dans les régions tropicale et subtropicale, au-dessus des rivières d'où il tire sa subsistance.
Les mots pour aller avec sont extraits du Bestiaire (1971) du grand Alexandre Vialatte.
"L'oiseau a quelque chose d'étrange. Il fait des choses extraordinaires: l'urubu nettoie les poubelles, l'agami surveille les poulets, le gypaète est barbu, l'albatros pond des oeufs dont le petit bout est aussi gros que l'autre (et l'autre aussi petit que le premier), la huppe pupule, le héron gargouille, le milan hune et le rhinocéros barète (encore n'est-ce pas un véritable oiseau). Tout cela finit par inquiéter."
TC3

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Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...