In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 28 février 2015

Gennady Blohin
Une image et des mots. La photo est du russe Gennady Blohin. Les mots sont de la poétesse tchèque Viola Fischerová (1935-2010)

"Commencer à vivre soi-même importe plus que de naître.
Il est possible de voir dans l'absence de foi
une attention égale à toute chose.
D'ailleurs j'ai mis une petite annonce :
vends maison où je ne veux plus vivre
."

À noter que ce dernier vers a été choisi par Bohumil Hrabal pour titre d'un beau recueil de récits publié en 1965.

MP1
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dimanche 22 février 2015

R.W. - Vieilles maisons à Lindau (1928)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre autrichien Rudolf Wacker (1893-1939), figure importante de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), dont la peinture, très précise, laisse souvent affleurer quelque chose d’étrange derrière l’apparente tranquillité des choses. Né à Bregenz, il étudie à Weimar avant que la Première Guerre mondiale ne bouleverse sa vie : fait prisonnier en 1915, il passera près de cinq années en captivité en Sibérie.
À son retour, il s’installe à Berlin, où sa peinture est d’abord marquée par l’expressionnisme, avant de s’en éloigner progressivement.

R.W. - Paysage d'hiver (1934)
J’ai choisi ici deux paysages. Wacker a beaucoup peint Lindau, dont il a réalisé plus de trente vues.
J’aime ici l’atmosphère et les couleurs, et ces deux silhouettes que l’on distingue à la fenêtre du premier étage de l’une des maisons.
Les figures humaines sont rares dans les tableaux de Wacker que je connais, et cette présence discrète m'a intrigué.
Dans le second tableau nous ne sommes plus à Lindau mais à Bregenz, dans l'atelier de Wacker, dans la villa familiale de la Römerstraße. C’est l’hiver, la neige recouvre les rues et les toits, et tout est désert. Aucune fumée ne sort des cheminées. Là encore j’aime les couleurs, mais aussi la composition, cette manière de faire entrer le regard dans un paysage qui semble tout proche et étrangement silencieux.
Deux villes du Bodensee, deux scènes ordinaires, deux regards sur des espaces habités mais comme désertés. Rien ne s’y passe de particulier, mais chez Wacker, il suffit parfois de presque rien – une silhouette, l’absence de fumée – pour que le monde familier commence à paraître légèrement étrange.
SB1

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dimanche 15 février 2015

W.S. - Sunday morning, Oldham (1946)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et chef opérateur anglais d'origine autrichienne Wolfgang Suschitzky (b.1912).
Né à Vienne, il émigre en Angleterre dans les années 1930 pour fuir le nazisme. Il s’installe à Londres en 1935, à l’âge de 23 ans, et commence une carrière de photographe pour la presse, notamment pour Weekly Illustrated. Il y photographie la vie quotidienne avec un regard attentif, sans mise en scène.

W.S. - Charing Cross Rd, London
(1936)
« Je n’ai jamais “arrangé” mes photos, j’ai toujours été un observateur. »
Ses images, souvent construites sur des angles inattendus et des cadrages originaux, rappellent parfois Brassaï ou Cartier-Bresson.
« Je voulais montrer le monde tel qu’il est, mais sans cynisme, sans brutalité. » J’aime beaucoup sa démarche, et ce qu’elle produit ; en particulier ses photographies de Londres, parmi lesquelles j’ai eu bien du mal à faire un choix aujourd'hui. J’aime aussi ses photographies animalières – son premier rêve était de devenir zoologiste –, alors que c’est un genre auquel je suis peu sensible malgré mon amour de la nature et des animaux (je consacrerai peut-être un jour une chronique à tenter de m’expliquer sur ce paradoxe).
À signaler un très beau livre récemment publié chez Synema : Wolf Suschitzky – Seven Decades of Photography (2014).

EC1
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samedi 14 février 2015

Speedy Graphito - Dédé le Démon
(1989)

Une image et des mots. "Les amoureux et Dédé le Démon" est une des premières créations du très talentueux artiste français Olivier Rizzo, aka Speedy Graphito (b.1961).
Pour aller avec je pense à la chanson "Tous les visages de l'amour" de Charles Aznavour.
Passée pratiquement inaperçue en France, cette chanson est devenue sous le titre "She" un standard chez nos amis britanniques, avec notamment une très belle version d'Elvis Costello.
Plutôt que le texte très passable de la version française, c'est d'ailleurs un extrait de l'adaptation anglaise, que l'on doit à Herbert Kretzmer, que je choisis pour accompagner cette image.

She may be the face I can't forget
The trace of pleasure or regret
May be my treasure or the price I have to pay
She may be the song that summer sings
May be the chill that autums brings
May be a hundred different things
Within the measure of a day.

LA1

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dimanche 1 février 2015

A. Wahlberg - Partie de Stockholm (1892)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre paysagiste suédois Alfred Wahlberg (1834-1906), déjà présenté en août 2010.
Né à Stockholm, il étudie d'abord la musique à l'Académie Royale de Suède avant de se tourner vers la peinture. En 1862, il se rend à Düsseldorf où il fréquente l'Académie des Beaux-Arts et se forme auprès de Hans Gude – qui fera l'objet d'une prochaine publication –, aux paysages d'atmosphère caractéristiques de l'école allemande.

Alfred Wahlberg
Repos de la jeune fille sur l'herbe (1878)
Il s'installe ensuite à Paris en 1866, où il expose au Salon et assimile l'influence de l'école de Barbizon et des débuts de l'impressionnisme, sans jamais renoncer à la rigueur de sa formation allemande. Ses paysages crépusculaires, souvent baignés d'une lumière douce et argentée, témoignent de cette double influence.
Wahlberg reste un des grands représentants du paysage nordique au XIXe siècle, entre tradition romantique et modernité naissante.
Le premier tableau, dont le sous-titre est Clair de lune, révèle son goût, né sans doute de son éducation musicale, pour ces atmosphères empreintes d'un romantisme délicatement lyrique et propice à la rêverie.
« Les rêveurs, disait Oscar Wilde, sont ces hommes qui ne trouvent leur chemin qu'au clair de lune et qui comme punition aperçoivent l'aurore avant le reste du monde.»
EI1

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