In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 28 juin 2015

Olli Kekäläinen - Eleventh dimension (2012)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du finlandais Olli Kekäläinen. Jusqu'au titre qu'il leur donne, ses photos sont belles. Pourtant, à les regarder toutes l'une après l'autre, ICI, je finis par m'ennuyer un peu...;  une drôle d'impression, un peu comme feuilleter un catalogue du label ECM. Alors qu'est-ce qui leur manque ?

O.K. - Strange days (2012)
Olli Kekäläinen n'emploie pas de filtres, mais ses clichés sont tellement réfléchis et travaillés qu'ils en paraissent presque désincarnés.
D'un minimalisme aussi austère que la bio de deux lignes qu'il veut bien concéder sur son site ICI, ses paysages sont souvent aussi peu engageants que la mine qu'il y arbore. On ne se sent pas vraiment invité...
Et pourtant... il est ici, dans ce blog, parce que ses photos sont décidément très belles.
Olli Kekäläinen et son monde sont un mystère ; un mystère qui effleure cet art du vide qui n'en est pas un, cet espace entre les choses que les Japonais nomment Ma.
PV1
ICI

dimanche 21 juin 2015

W.C. - Roses

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre paysagiste anglais William Sidney Cooper (1854-1927), formé à la School of Art de Canterbury. Installé dans la capitale du Kent, il peint surtout les prairies humides de la vallée de la Stour, avec un goût marqué pour les ciels vastes, les reflets dans l’eau et la douceur des fins d’après-midi.
Son travail est une célébration de la campagne anglaise et de ses traditions. Dans les paysages du Suffolk et du Kent, où il a pratiquement passé toute sa vie, il s’attache, comme avant lui son grand-oncle Thomas Sidney Cooper, à représenter avec une grande précision naturaliste les animaux qui peuplent ces campagnes, et en particulier le bétail. Le beau portrait ci-contre – dont le titre complet est Roses softly blooming –, n'entre évidemment pas dans cette catégorie.

William Sidney Cooper
Sheep grazing in a Suffolk landscape
« Nature is the fountain of all knowledge; she furnishes the original impressions upon which all subsequent observation and study is founded. As the impress is deeper, and the original character of the rock is more perfect, so will be the clearness and beauty of the stream which gushes forth from it

Exposant régulièrement à la Royal Academy et à la Royal Society of British Artists, Cooper rencontre un public fidèle, sensible à ses paysages paisibles et minutieusement observés. Une campagne anglaise encore largement rurale, mais déjà en train de se transformer sous l’effet de l’industrialisation.

WF1

ICI

samedi 20 juin 2015

Sans titre

Une image et des mots. J'ignore l'origine de cette photo.
Les mots sont extraits de l'essai de Georges Bernanos, La France contre les robots, publié en 1947.

Dans la lutte plus ou moins sournoise contre la vie intérieure, la Civilisation des Machines ne s'inspire, directement du moins, d'aucun plan idéologique, elle défend son principe essentiel, qui est celui de la primauté de l'action.
La liberté d'action ne lui inspire aucune crainte, c'est la liberté de penser qu'elle redoute.

AS1

ICI

dimanche 14 juin 2015

JJ. S. - Study for a Madonna and child (1892)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'anglo-américain, d'ascendance irlandaise, Sir James Jebusa Shannon (1862-1923).
Né aux États-Unis, élevé au Canada, il pose ses valises à Londres à seize ans pour se former à la South Kensington School of Art, où son talent ne tarde pas à se faire remarquer.
JJ.S. - Rêverie (1898)

Resté attaché à l’élégante tradition académique de l'époque victorienne mais sensible aux évolutions de son temps, il devient rapidement, avec son compatriote John Singer Sargent, l’un des portraitistes les plus en vue de l’aristocratie et de la haute société britannique de la fin du XIXᵉ siècle.
En 1891, il est – aux côtés des préraphaélites Collier et Everett Millais, de Sargent et d’une vingtaine d’autres peintres anglais ou américains – l’un des fondateurs de la Royal Society of Portrait Painters. Élu membre de la Royal Academy en 1897, il renonce en 1922 à sa nationalité américaine pour devenir sujet britannique ; il est anobli la même année.

JT1
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dimanche 7 juin 2015

Alexander Grinberg
La veillée du dimanche. Deux clichés – avec une réserve pour le second – du photographe russe, puis soviétique, Alexander Grinberg (1895-1979), formé aux techniques photographiques dès sa jeunesse à Moscou et largement considéré comme une figure majeure du courant pictorialiste russe.
Sa longue vie lui a valu de connaître la Révolution russe, deux guerres mondiales et, en 1936, l'internement dans un camp de travail stalinien. Après avoir été longtemps respecté et admiré, il est alors victime du rejet par le régime de ce que l’on considère comme l’art de la « vieille école » russe, et plus particulièrement de l’érotisme de ses photographies, dénoncé comme une expression de l’oisiveté bourgeoise.

A. Grinberg (c.1920)
Je n'ai pas de certitude concernant sa paternité du second cliché, seulement une forte présomption : il semble bien s'inscrire dans l'esprit de ses deux séries de 1920, The Antique Theatre in a Russian Estate, et surtout The Art of Movement. Un regard à la fois lyrique et délicat sur le monde, qui nous rappelle qu'en dépit des époques et des régimes la beauté demeure.
SS1

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samedi 6 juin 2015

Peinture rupestre, Gorge de Naib
Une image et des mots. Cette belle peinture rupestre, ce nuage qui figure le monde de la pluie, se trouve dans la gorge de Naib, dans le massif du Brandberg, en Namibie.
Elle est reproduite dans un très beau livre de Renaud Ego qui m'a été offert il y a trois jours (merci Éric P.) : L'animal voyant, aux éditions Errance.
Pour l'accompagner, deux strophes d'un poème de Garcia Lorca, Lluvia.




La lluvia tiene un vago secreto de ternura,
algo de soñolencia resignada y amable,
una música humilde se despierta con ella
que hace vibrar el alma dormida del paisaje.
[.....]
íOh lluvia silenciosa, sin tormentas ni vientos,
lluvia mansa y serena de esquila y luz suave,
lluvia buena y pacífica que eres la verdadera,
la que llorosa y triste sobre las cosas caes!


***

La pluie a comme un vague secret de tendresse,
quelque chose d'une somnolence aimable et résignée,
discrète, avec elle une musique s'éveille
qui fait vibrer l'âme endormie du paysage.
[.....]
Sans orages ni vents, ô pluie silencieuse,
pluie paisible et sereine de sonnaille et de douce lumière,
pluie pacifique et bonne, la seule véritable,
qui triste et éplorée sur toute chose tombes!
DN3

ICI

PT6 ICI