In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 27 janvier 2008

Harold Cazneaux

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe australien, né en Nouvelle-Zélande, Harold Pierce Cazneaux (1878-1953). C'est une exposition sur le pictorialisme anglais, découverte dans sa jeunesse, qui sera à l'origine de sa passion pour la photographie.
En 1904, H. Cazneaux part s'installer à Sydney où il va travailler comme chef opérateur dans le studio de Freeman & Co. Ltd ; il commence alors, pendant ses loisirs, à documenter la vie de sa ville d'adoption, un travail qui va rapidement donner lieu à des expositions saluées par la critique.

H. Cazneaux
En 1916, il est avec cinq de ses amis, dont Cecil Bostock et James Stening, cofondateur du Sydney Camera Circle ; ce collectif pictorialiste, très actif jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, aura une influence durable sur la photographie australienne. Les membres du groupe signent un manifeste où ils s'engagent à promouvoir une photographie pictorialiste qui délaisse "les gris et les ombres lugubres des styles européens", comme l'écrivait Cazneaux dans une de ses lettres à Jack Cato, au profit des ombres et des lumières australiennes.
Ils partageaient ainsi les idéaux des peintres de la Heidelberg School, un courant impressionniste australien de la fin du 19e.

CP1

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samedi 26 janvier 2008

Cornelis Anthonisz - Le cochon ailé
Une image et des mots. Une gravure du cartographe, peintre et graveur néerlandais Cornelis Anthonisz (1505-1553). Son titre complet est Le cochon ailé, l'actionniste volant sur le monde.

L'heure allait bientôt sonner de remettre les pendules à l'heure ! Il faudrait moins de trois ans pour dissiper le charme et assurer le triomphe des années 80, écoeurantes d'ennui, de cupidité et de bêtise, années des "révolutions conservatrices" néolibérales, années cyniques de Reagan ou de Thatcher... et de l'hypocrite trivialité de l'ère Mitterand, années de la contre-attaque planétaire des imbéciles ulcérés par l'arc-en-ciel de générosité et de liberté entrouvert pendant quinze ans.
L'heure serait désormais celle de la Main invisible du marché, qui ne prend pas de gants pour affamer et broyer sans bruit, invincible parce que faisant pression partout et nulle part, mais qui pourtant, comme Dieu a besoin des hommes, avait besoin d'une voix. Elle était toute désignée. 
La Contre-Réforme néolibérale, mercenaire zélé, allait offrir les services classiques de l'option réactionnaire, ceux d'une alchimie sociale capable de transformer en force politique ce qui finit toujours par exsuder des classes moyennes : crainte, envie, et conformisme.
Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs (2004)
TC1

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dimanche 20 janvier 2008

U.H. - N°18, Düsseldorf, Hans Vilz Weg (2003)

Le vide-grenier du dimanche. Nous devons apprendre à vivre avec nos décombres, écrivait Gaston Bachelard, car ce sont eux qui façonnent notre paysage intérieur. Deux oeuvres du photographe allemand Ulrich Hensel (b.1946).

U.H. - Düsseldorf, Grünstraße (1998)
Influencé par le travail du couple Bernd et Hilla Becher, et ami d'Andreas Gursky (que je présenterai ultérieurement), il s'est depuis le début des années 90 fait connaître pour ses photographies grand format où il transforme l’infra-ordinaire - chantiers, barrières, structures métalliques, lignes de béton -, en images fortes, abstraites, pour en révéler une poésie brute et tendue.
« L’art est déjà là ; je vais simplement à sa rencontre ».

MH1
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dimanche 13 janvier 2008

W. Ishmael - Winter shelter
Le vide-grenier du dimanche. J'ai toujours beaucoup aimé le travail des illustrateurs américains, surtout ceux des années 40 et 50 avec leur peinture d'une Amérique pimpante et souveraine... Celle des films de Lubitsch et de Minelli, des couvertures des Pulp Fiction magazines, des réclames éhontément machistes pour les robots ménagers, ou encore celle des images fantasmées d'une conquête de l'Ouest devenue chanson de geste.

W.I. - Mack Trucks ad. (1955)
Voici deux oeuvres de l'illustrateur américain Woodi Ishmael (1914-1995). Né dans le Kentucky, il se forme au Cleveland Institute of Arts, dans l'Ohio, puis à l'Art Students League de New York.
Il a enseigné le dessin et la peinture à la Troy State University, dans l'Alabama et, comme illustrateur, a également assumé la rubrique hebdomadaire "The Power of Faith" pour l'Associated Press Newsfeature. Il fut aussi artiste officiel pour l'US Air Force.
CG1
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dimanche 6 janvier 2008

L. Moholy-Nagy - Sans titre (1926)
Deux clichés du hongrois László Moholy-Nagy (1895-1946). Né en Hongrie, d’abord attiré par l’écriture, Moholy-Nagy entame à Budapest des études de droit que la guerre va interrompre.
Mobilisé dans l’artillerie, il commence à dessiner dans des circonstances peu propices, sur des cartes envoyées du front. Après 1918, il se rapproche des milieux d’avant-garde, fréquente le cercle réuni autour de la revue MA et quitte rapidement son pays pour Berlin. Il y découvre les courants les plus récents – du dadaïsme au constructivisme – dans un climat artistique en pleine effervescence. Cette ouverture le conduit bientôt vers le Bauhaus, où il est appelé en 1923 par Walter Gropius.
L.M-N - Parking, Chicago (1938)

Au Bauhaus, puis plus tard en Europe et aux États-Unis, il n’aura de cesse d’élargir le champ de l’art : peinture, typographie, cinéma, design.
De façon générale, je suis peu sensible à la peinture abstraite ; la sienne ne fait pas exception. Son travail de photographe, où sa recherche trouve peut-être une forme plus directe, a davantage retenu mon attention, et c’est celui que j’ai choisi d’illustrer ici.
Initié notamment par sa femme Lucia, il en explore les possibilités sans se limiter à l’usage de l’appareil, notamment à travers ses photogrammes, obtenus par simple exposition d’objets à la lumière sur du papier sensible. Ils feront peut-être l’objet d’une autre publication.
WI1

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samedi 5 janvier 2008

Une image et des mots. Vous êtes ICI. "Pale blue dot", voici la fameuse photo de la Terre prise le 14 février 1990 par la sonde spatiale Voyager 1 à une distance de plus de 6 milliards de kilomètres. Il faut en prendre soin, c'est un endroit formidable ; un jour j'y ai rencontré un tyrosémiophile.
« Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.»  Carl Sagan, Pale blue dot (1994)
Sonde Voyager - Pale blue dot (1990)

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