In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 28 novembre 2021

Speedy Graphito - Carte d'artiste
(2021)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du graphiste Olivier Rizzo (b.1961), aka Speedy Graphito, déjà présenté ici le 28 février 2015, jour de la Saint Valentin. Formé à l'École Estienne à Paris, il apparaît dans les années 1980, cette période où la Figuration libre – avec Robert Combas en France, Keith Haring et Jean-Michel Basquiat aux États-Unis – et les premiers développements du Street Art bouleversent les frontières entre culture populaire et art contemporain.

Speedy Graphito
Délaissant ses diablotins emblématiques, Dédé le démon, ou son personnage fétiche Lapinture, Speedy Graphito rend aujourd'hui hommage à ses propres références – Van Gogh, Mondrian ou, comme ici, Hokusai – en revisitant leurs œuvres.
« La constante, c'est le détournement ». Et pour en savoir plus sur lui et sur son oeuvre, c'est ICI.

MO2
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samedi 27 novembre 2021

a/u
Une image et des mots. Montaigne, qui a vécu à une époque de grandes découvertes, était lui-même un grand voyageur qui a sillonné l'Europe. 
Il voulait, disait-il, frotter sa cervelle contre celle d'autrui, et c'est à lui que l'on attribue l'adage bien connu selon lequel les voyages forment la jeunesse.

Dans sa Vie des philosophes illustres, Diogène Laërce évoque Anacharsis, "voyageur sauvage poli par les moeurs étrangères", qui se serait "défait" de sa barbarie en fréquentant les Athéniens. 
Du philosophe Scythe, issu d'un peuple de cavaliers nomades qui dominait les steppes eurasiennes entre le VIIe siècle av. J.-C. et la fin de l'Antiquité, il rapporte ces paroles :
Moi je suis venu au pays des Grecs pour être instruit de leurs coutumes et de leurs pratiques. L'or, je n'en ai aucun besoin ; il me suffit de retourner chez les Scythes en homme meilleur.

Quant à Goethe, il nous dit : Veux-tu vivre heureux? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pour recevoir.

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dimanche 21 novembre 2021

Eugenia Loli - The other side
Le vide-grenier du dimanche. Je me rends compte que je n’ai, curieusement, encore jamais accordé ici de place au collage, une forme d’expression que j’aime pourtant depuis longtemps – depuis que je l’ai découverte, adolescent, avec Jacques Prévert.
En voici donc deux, signés de l’artiste grecque Eugenia Loli (b.1973), déjà présentée ici en mai 2015 et en mars 2016.
Ancienne professionnelle de l’industrie technologique installée en Californie, Eugenia Loli s’est tournée vers le collage, où elle s’est rapidement fait connaître par ses compositions surréalistes et rétro-futuristes.

E.L. - Let me get that for you
À partir d’images trouvées dans des magazines, des livres anciens ou des photographies d’archives – visages souriants des années 1950, décors de science-fiction, fragments de culture populaire – elle crée des associations inattendues où le familier bascule doucement vers l’étrange. Ses collages ne racontent pas vraiment des histoires ; ils ouvrent plutôt des espaces où le rêve, l’humour et l’absurde viennent déplacer notre regard sur des images que nous croyions connaître.
Le premier collage appartient à la série Reportaz, le second à Oh, l’amour !
Eugenia Loli cite parmi ses influences Julien Pacaud ICI et Kieron Cropper ICI ; et pour découvrir son travail à elle, c'est ICI.
EL2

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dimanche 14 novembre 2021

René Maltête - La majorité

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français René Maltête (1930-2000).
Né à Lamballe en Bretagne, il découvre la photographie dès l’adolescence, mais c’est à Paris qu’il trouve sa voie, d’abord comme assistant dans le cinéma auprès de Jacques Tati et de Claude Barma, avant de se tourner définitivement vers l’image fixe.

R.M. - Le pompiste
Il commence à photographier sérieusement (si on peut dire) à partir des années 1950, avec un style bien à lui : des scènes ordinaires traversées par un détail inattendu, un décalage.
Rien de spectaculaire, il capte juste avec finesse l’humour discret des situations humaines. René Maltête regarde le monde avec malice ; il suffit d'un léger décalage pour en révéler l'incongru.
« Il est important de masser le cœur du monde, son épiderme est en défloraison. »
En 1960 paraît Paris des rues et des chansons, où ses photographies dialoguent avec des textes de Jacques Prévert, Boris Vian, Georges Brassens, Charles Trenet ou Pierre Mac Orlan. Un compagnonnage qui lui ressemble.
DG7

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dimanche 7 novembre 2021

T.B. Kennington - Orphans (1885)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de l'Anglais Thomas Benjamin Kennington (1856-1916), dont la peinture témoigne de l'Angleterre victorienne et de ses profondes inégalités sociales. Né à Grimsby dans le Lincolnshire, formé en Angleterre puis à Paris, notamment dans l'atelier de William Bouguereau, il met sa maîtrise académique au service de sujets que la grande peinture abordait rarement : les enfants abandonnés, les sans-abri, les ouvriers, les plus pauvres.
T.B.K. - Homeless (1890)

Les deux tableaux présentés ici, Orphans et Homeless, en sont des exemples particulièrement représentatifs. Homeless en particulier, où une femme protège son enfant dans le froid de la rue, est devenu l'une des images les plus emblématiques de cette peinture sociale anglaise. Mais ses tableaux ne cherchent pas le misérabilisme. Ils donnent à leurs personnages une présence, une dignité, qui expliquent sans doute pourquoi ils continuent de nous toucher aujourd'hui.

KA2
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samedi 6 novembre 2021

Gérard Exupéry - Leave

Une image et des mots. Je ne me souviens pas avoir déjà rêvé que j'étais en train de lire. 
Ça m'est donc arrivé pour la première fois une nuit de la semaine dernière et dans mon rêve je lisais un texte de Stevenson - qui, si j'écrivais moi-même serait un de mes modèles -, en revenant sans cesse sur les deux mêmes phrases : 
"Le dehors guérit" et "Là où je reste je ne suis pas chez moi". La première est bien de lui, mais la seconde sort de nulle part... 
C'est en voyant cette photo de Gérard Exupéry – déjà présenté ici en septembre 2011 – que ce rêve m'est revenu. Et pour aller avec, voici quelques lignes extraites d'une nouvelle de Jack London (qui, si j'écrivais moi-même etc... etc...), La piste des soleils (1905).

« ... et dès ce jour-là j'acquis une grande sagesse. Une grande lumière se fit et je vis clair, et je compris que ce n'était pas pour l'argent qu'un homme doit vivre mais pour un bonheur qu'aucun homme ne peut donner, ni acheter, ni vendre, et qui est au-delà de la valeur de tout l'or du monde. »

LB1

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