In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 28 octobre 2012

C.M. - American color 2 (2010)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Constantine Manos, déjà présenté ici en mai 2011. Connu d’abord pour son travail en noir et blanc, notamment son magnifique A Greek Portfolio, Manos se tourne à partir des années 1980 vers la photographie couleur. Avec American Color (1995), puis American Color 2 (2010), il photographie plages, parkings, défilés, vitrines, carnavals, foires populaires ou simples passants dans les rues américaines.

CM. - American colors 2
Couleurs violentes, enseignes, silhouettes isolées au milieu de la foule : Manos compose des images où l’humour, l’étrangeté et parfois une certaine mélancolie naissent du spectacle ordinaire de l’Amérique contemporaine.
Il ne cherche pas tant à raconter une histoire qu’à faire surgir des rapports inattendus entre les êtres, les couleurs et l’espace.
« Une photographie n’est pas forcément un mensonge, mais ce n’est pas non plus la vérité ».
Longtemps resté discret malgré son appartenance à Magnum, Constantine Manos est aujourd’hui considéré comme l’un des grands photographes américains de la seconde moitié du XXᵉ siècle, aussi à l’aise dans la rigueur du noir et blanc que dans l'exubérance de l'Amérique en couleur.
TD3

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dimanche 21 octobre 2012

Izaak Levitan - Brouillard d'automne (1899)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres d’Isaac Levitan (1860–1900), admirateur de Corot et ami de Tchekhov, figure majeure du paysage russe de la fin du XIXe siècle. 
Né en Lituanie dans une famille juive modeste, il étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès notamment de Vassili Polenov et d’Alekseï Savrassov.
I. L. - Automne (1896)

Très tôt frappé par de dures épreuves, notamment la perte prématurée de ses parents, Levitan peint toute sa courte vie des paysages empreints d’une discrète mélancolie. La nature n’y est plus simplement représentée ; comme chez son ami Tchekhov, elle semble partager nos états d’âme. Membre des Peredvizhniki – les Ambulants –, Isaac Levitan est l’une des grandes figures du mood landscape, ce "paysage d’humeur" dominé par la lumière et les variations du ciel.

GH2

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photo Seb soWat
Vu Richard Hawley, hier soir au Krakatoa à Bordeaux. 
Voici sa version de Lonesome town,  ICI
 
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samedi 20 octobre 2012

G. Doré - Le Paradis Perdu (1866)
Une image et des mots. Une illustration de Gustave Doré pour le Paradis perdu de Milton (1866), avec Satan qui le contemple, et quelques lignes d'Emil Cioran, extraites de son Précis de décomposition (1949).

Quand la conscience parviendra à surplomber tous nos secrets, quand de notre malheur sera évacué le dernier vestige de mystère, aurons-nous encore un reste de fièvre et d'exaltation pour contempler la ruine de l'existence et de la poésie?

BA1

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dimanche 14 octobre 2012

Ernest Pignon-Ernest - Rimbaud (1978)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres d'un précurseur de l'art urbain. Ernest Pignon-Ernest était avant-hier au Courtaud Institute à l'occasion d'une manifestation très justement intitulée : "Before Banksy : Ernest Pignon-Ernest".
Alors voilà, avant Banksy il y a Ernest Pignon-Ernest (b.1942), figure de l’art urbain en France, dont la démarche associe dessin, mémoire et engagement politique. Formé à l’École des beaux-arts de Nice, il développe dès les années 1960 une pratique in situ qui conjugue art plastique et conscience sociale.

E. P-E - Les expulsés (1977-1979)
Refusant les musées comme seuls lieux de légitimité artistique, il investit l’espace public avec des interventions éphémères - sérigraphies ou dessins grandeur nature, collés à même les murs -, toujours en résonance avec les lieux, les événements ou les blessures de l’Histoire.
" Mes oeuvres, ce ne sont pas mes dessins, c'est ce que provoquent mes dessins dans les lieux dans lesquels je travaille. Et dans cette réalité là, je viens glisser un élément de fiction. Cet élément de fiction c'est mon dessin. "

RG1
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dimanche 7 octobre 2012

S.S. -  East Harlem dinner

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'américain Steve Schapiro (b.1934), grande figure du photojournalisme des années 1960, qui a témoigné de certains des moments les plus marquants et les plus tendus de l’histoire américaine.
Élevé à Brooklyn, il découvre très tôt la photographie, fasciné par Henri Cartier-Bresson, avant de se former auprès de
W. Eugene Smith, dont le regard profondément humain le marquera durablement.
Comprenant que « tout art est un point de vue », Schapiro voit dans la photographie une manière d’agir sur le regard porté au monde. Mais il n’hésite jamais à donner une forme de beauté à la dure réalité – la beauté comme outil de compassion – pour rendre visible ce qui, autrement, resterait dans l’ombre.

S.S. - The worst (1965)
À partir de 1961, il travaille pour Life, Look, Time, Newsweek ou Rolling Stone. Il photographie Harlem, les travailleurs migrants de l’Arkansas, les hippies de Haight-Ashbury, les mouvements pour les droits civiques, les marches de Selma et de Washington, où il saisit Martin Luther King au plus près.
Dans les années 1970, alors que le photo-essai décline dans la presse américaine, il se tourne vers le cinéma et devient photographe de plateau sur des films devenus cultes comme The Godfather, Taxi Driver ou Midnight Cowboy.
Il photographie aussi David Bowie, Andy Warhol, Barbra Streisand ou Muhammad Ali.
Admirateur de Cartier-Bresson, Schapiro travaille dans la discrétion... Attendre, invisible, comme une mouche sur un mur, le moment d'émotion qui fait le bon cliché [....] l'image iconique qui révèle de façon honnête la personne et la situation. Ce regard "fly‑on‑the‑wall", discret mais jamais voyeuriste, donne à ses images une présence humaine très particulière.

BS4

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samedi 6 octobre 2012

Klimt - Pinewood (1902)
Une image et des mots."Pinewood"(1902) de Gustav Klimt.
Et pour l'accompagner, une petite fable de Stevenson.

Once upon a time there came to this earth a visitor from a neighbouring planet.
And he was met at the place of his descent by a great philosopher, who was to show him everything.
First of all they came through a wood, and the stranger looked upon the treees.
- “Whom have we here?” said he.
- “These are only vegetables”, said the philosopher. “They are alive, but not at all interesting.”
- “I don’t know about that,” said the stranger. “They seem to have very good manners. Do they never speak?”
- “They lack the gift”, said the philosopher.
- “Yet I think I ear them sing”, said the other.
- “That is only the wind among the leaves”, said the philosopher. “I will explain to you the theory of winds: it is very interesting”.
- “Well”, said the stranger, “I wish I knew what they are thinking.”
- “They cannot think”, said the philosopher.
- “I don’t know about that”, returned the stranger; and then, laying his hand upon a trunk;
“I like these people”, said he
.

***

Il était une fois un visiteur qui arriva d’une planète voisine sur cette terre. Vint le chercher,
à l’endroit où il était descendu, un grand philosophe qui devait lui montrer tout ce qu’il y avait à voir.
Tout d’abord ils traversèrent un bois et l’étranger posa son regard sur les arbres.
- « Qui avons-nous ici ?», demanda-t-il.
- « Ce ne sont que des végétaux », répondit le philosophe. « Ils sont vivants, mais pas du tout intéressants. »
- « Je n’en suis pas si sûr », rétorqua l’étranger. « Ils semblent avoir de bonnes manières. Ils ne parlent jamais ? »
- « Ils n’ont pas le don de la parole », répondit le philosophe.
- « Pourtant il me semble les entendre chanter », observa l’autre.
- « Ça c’est seulement le vent dans leurs feuilles », énonça le philosophe. Je vous expliquerai la théorie des vents. C’est très intéressant. »
- « Eh bien, j’aimerais savoir ce qu’ils pensent. »
- « Ils sont incapables de penser », dit le philosophe.
- « Je n’en suis pas si sûr », reprit l’étranger ; puis, posant la main sur un des troncs, il dit :
- « J’aime ces gens-là. »
NC4

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