In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 28 mars 2010

W.M. - Boy with butterfly (1966)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste américain Wayne Miller (b.1918), déjà présenté ici en novembre 2008. Formé à l’Art Center School de Los Angeles, il rejoint la Navy en 1942 et, intégré à l’unité dirigée par Edward Steichen, documente la guerre du Pacifique jusqu’à Hiroshima.
Après guerre, et jusqu’au milieu des années 1950, Miller travaille aux côtés de Steichen comme co-conservateur de la monumentale exposition itinérante The Family of Man.

W.M. - Hand wound (c.1942)
Tous deux voient dans la photographie un moyen de rapprocher les hommes, un langage capable « d’expliquer l’homme à l’homme ».
Wayne Miller rejoint ensuite l'agence Magnum Photos en 1958. À partir des années 1970, il s’intéresse de plus en plus aux ravages de l’exploitation forestière et consacre une grande partie de son travail à sensibiliser le public – notamment les plus jeunes – aux questions environnementales.

NC1

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dimanche 21 mars 2010

A.J. Casson - Old store in Salem (1931)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du canadien Alfred Joseph Casson (1898-1992). Membre du célèbre Group of Seven, il en est le plus jeune admis, en 1926, après le départ du fondateur Frank Johnston.
Avec leurs couleurs franches et leurs contours appuyés, les peintres du Groupe des Sept cherchaient à s’éloigner de l’héritage académique européen pour inventer une peinture proprement canadienne, inspirée par les paysages du pays.
A.J. Casson - Church at Testin (1932)

Né à Toronto, formé au Ontario College of Art puis à la Hamilton Technical School, Casson travaille d’abord comme illustrateur et graphiste.
À la différence de plusieurs de ses prédécesseurs, fascinés par les immensités sauvages du Nord, il s’attache aux paysages plus modestes du sud de l’Ontario : villages, églises, maisons isolées, forêts calmes. Son style, très construit, se reconnaît à ses lignes nettes, ses couleurs lumineuses et ses compositions simples, presque décoratives parfois, qui donnent à ses tableaux une impression d’ordre et de silence et évoquent parfois l'estampe. I think I just painted Ontario the way I saw it : quiet, orderly, restful.
SS1

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dimanche 14 mars 2010

E.Steichen - Lilac buds (1906)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du peintre et photographe américain d'origine luxembourgeoise Edward Steichen (1879-1973), l'un des grands maîtres du pictorialisme
Conservateur du Museum of Modern Art pendant quinze ans, de 1947 à 1962, il y crée en 1955, avec son assistant Wayne Miller, la formidable exposition The Family of Man, qui deviendra ensuite itinérante.
Son ambition est de dresser, au-delà des différences entre les peuples, un vaste portrait de l’humanité montrant ce que les expériences humaines ont d’universel.

E.S. - Vogue (1928)
Présentée dans de nombreux pays, l’exposition sera vue par plus de neuf millions de visiteurs entre 1955 et 1964, année où le gouvernement américain l’offre au Luxembourg, terre natale de Steichen. Elle est aujourd’hui conservée au Château de Clervaux et inscrite depuis 2003 au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO.
It is an error common to many artists, (who) strive merely to avoid mistakes, when all our efforts should be to create positive and important work. Better positive and important with mistakes and failures than perfect mediocrity.

DS2

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samedi 13 mars 2010

Kevin Schafer - Pink dolphin
Une image et des mots.
L'image aujourd'hui c'est ce beau cliché par Kevin Schafer, pour le National Geographic, d'un dauphin rose d'Amazonie. Si l'on remonte l'Orénoque en amont de son confluent avec le Ventuari, en franchissant un formidable dédale de rapides parsemés de centaines d'îles et d'îlots, on parvient à une petite communauté d'indiens Curripacos qui porte le nom de Cariche. Ce joli village est situé sur la rive droite du fleuve (lorsqu'on le remonte), à la confluence d'un petit "caño" qui lui a donné son nom.
S'engager dans ce "caño" est chaque fois un émerveillement. Il faut parfois, pendant ou après de fortes pluies par exemple, dégager le petit cours d'eau des troncs et des branches qui l'encombrent pour pouvoir progresser, et parvenir enfin à une forme de petite lagune où, immanquablement, on pourra observer une famille de ces merveilleux animaux.
Ici nommée "boto" ou "tonina", il s'agit de la variété Inia geoffrensis, commune aux bassins de l'Orénoque et de l'Amazone, qui est aujourd'hui sévèrement menacée d'extinction comme tous les dauphins d'eau douce dans le monde, dans le Gange ou le Mékong. Le "baiji" quant à lui, le dauphin bleu du Yang-tsé, s'est officiellement éteint en 2007.
Les mots qui suivent sont de Borgès, extraits de son Manuel de zoologie fantastique.

"Passons, maintenant, du jardin zoologique de la réalité au jardin zoologique des mythologies, dont la faune n'est pas de lions mais de sphinx et de griffons et de centaures. La population de ce deuxième jardin devrait excéder celle du premier, puisqu'un monstre n'est pas autre chose qu'une combinaison d'éléments d'êtres réels et que les possibilités de l'art combinatoire frisent l'infini. [.....] Cela, pourtant, n'arrive pas; nos monstres naîtraient morts, grâce à Dieu. Flaubert a rassemblé, dans les dernières pages de La Tentation, tous les monstres médiévaux et classiques et il a essayé, nous disent ses commentateurs, d'en fabriquer; le chiffre total n'est pas considérable et ils sont très peu ceux qui peuvent agir sur l'imagination des gens. Celui qui parcourra notre manuel constatera que la zoologie des songes est plus pauvre que la zoologie de Dieu."

PG2
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dimanche 7 mars 2010

S. Ghadirian - Be colourful
(2002)
Le vide-grenier du dimanche. À la veille de la Journée internationale des femmes, deux clichés de l'artiste iranienne Shadi Ghadirian, diplômée en photographie de l’Université Azad de Téhéran. Par ses photographies - et particulièrement celles de la série Like everyday ("Domestic life") réalisée en 2000-2002 -, elle interroge la condition féminine et ouvre un double questionnement : celui d’une expression féministe dans un pays où la femme ne peut être représentée sans voile, et celui de la présence du voile dans l’espace public occidental.

S.G. - Like everyday (2001)
" Il n'est pas facile d'être une femme; il est encore moins facile, en Iran, d'être une femme photographe qui travaille sur la condition féminine. Pour donner vie à ses idées, il faut avancer masquée. Le rêve de travailler pour l'amélioration de notre condition se heurte au fait même d'être femme."
PB1

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samedi 6 mars 2010

Walt Disney - Mary Poppins (1964)
Une image et des mots.
À deux jours de la Journée internationale de la femme, une image de ce chef d'oeuvre de poésie et d'humour que nous a offert Walt Disney en 1964 avec son adaptation du roman de Pamela Travers.
Et pour aller avec, un extrait de l'ouvrage du sociologue Pierre Bourdieu, La domination masculine (1998).

En fait, il n'est pas exagéré de comparer la masculinité à une noblesse. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la logique, bien connue des kabyles, du double standard, comme disent les anglo-saxons, qui instaure une dissymétrie radicale dans l'évaluation des activités masculines et féminines. Outre que l'homme ne peut sans déroger s'abaisser à certaines tâches socialement désignées comme inférieures (entre autres raisons parce qu'il est exclu qu'il puisse les accomplir), les mêmes tâches peuvent être nobles et difficiles, quand elles sont réalisées par des hommes, ou insignifiantes et imperceptibles, faciles et futiles, quand elles sont accomplies par des femmes ; comme le rappelle la différence qui sépare le cuisinier de la cuisinière, le couturier de la couturière, il suffit que les hommes s'emparent de tâches réputées féminines et les accomplissent hors de la sphère privée pour qu'elles se trouvent par là même ennoblies et transfigurées.
AB2
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AM2 ICI