In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 25 avril 2010

Zurbarán - Christ en croix (1627)
La veillée du dimanche. Que dire en deux lignes, et que montrer en deux œuvres, de Francisco de Zurbarán (1598-1664) ?
Ce Christ en croix, conservé à l'Art Institute of Chicago, Zurbarán l'a peint pour le monastère San Pablo de Séville. Conformément à l'esprit de la Contre-Réforme, le Christ est seul, hors du temps et de l'espace.
Face au calvaire ensanglanté de Velásquez – l'autre géant du Siècle d'or espagnol et son ami fidèle –, la croix de Zurbarán est en bois mal dégrossi et la couronne d'épines, sur un visage à la beauté apaisée, à peine visible. Le corps du Christ est moins raide, il s'affaisse naturellement - la tête reposant sur l'épaule droite - et la tension sur les bras fait remonter sa cage thoracique. La tenue du corps et la densité de cette représentation sont magistrales.
F.Z. - Agnus Dei (c.1635)

Pour l'accompagner, un autre visage du Christ : une des six versions de son Agnus Dei, qui, si l'on s'en tient à un simple regard naturaliste, égale ou surpasse en virtuosité les plus grands peintres animaliers.
Qui ne voudrait pas poser une main consolatrice sur l'agneau résigné de Zurbarán ?
SB2
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dimanche 18 avril 2010

H.Levitt - New York (1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe américaine Helen Levitt (1913-2009).
Née à New York, qui sera au cœur de toute son œuvre, elle abandonne ses études au sortir du lycée et apprend la photographie dès l’âge de 17 ans auprès d’un photographe commercial du Bronx.
« Je sortais et je photographiais, je suivais mes yeux ; ce qu'ils voyaient j'essayais de le capturer avec mon appareil, pour que d'autres le voient.» 
Elle rencontre Henri Cartier-Bresson et Walker Evans, dont elle devient l’assistante en 1938 et 1939. Elle travaille notamment avec Evans sur un projet documentaire dans le métro new-yorkais, l’appareil caché sous le manteau.

H.Levitt - New York (1938)
La rigueur documentaire de Walker Evans et la recherche de « l’instant décisif » d’Henri Cartier-Bresson marquent durablement son regard. Levitt photographie les enfants des quartiers populaires de New York – Harlem, Brooklyn, Lower East Side – dans leurs jeux, leurs gestes et les dessins à la craie qui recouvrent les trottoirs et les murs. Ce travail donnera naissance à la série In the Street: Chalk Drawings and Messages, New York City 1938–1948.
« Tout ce que je peux dire à propos du travail que j'essaie de faire, c'est que l'esthétique est dans la réalité elle-même.»
EL1

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samedi 17 avril 2010

M. Chagall
Amoureux au bouquet
(1955)

Une image et des mots. L'image est un tableau de l'inclassable Chagall (1887-1985), dont l'univers poétique est toujours un enchantement.
Pour aller avec, voici un extrait du Livre du thé (1906) de Okakura Kakuzô.

En offrant la première guirlande de fleurs à sa compagne, l'homme primitif a transcendé la brute. Par ce geste qui l'élevait au-dessus des nécessités grossières de la nature, il est devenu humain.
En percevant l'usage subtil de l'inutile, il est entré dans le royaume de l'art.

TM1

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dimanche 11 avril 2010

Larry Sultan - Portrait of my father (1988)
La veillée du dimanche. Deux photographies de Larry Sultan (1946-2009) disparu le 13 décembre dernier à son domicile californien.
Ces images sont issues de la série devenue emblématique Pictures from Home, réalisée dans les années 1980 au sein de sa propre famille et publiée en 1992. Sultan y mêle portraits, scènes d’intérieur, fragments de gestes quotidiens et moments d’attente, dans une lumière douce, soigneusement construite.
L.S. - série Pictures of home

Il y interroge la famille, la masculinité, les attentes sociales et, plus largement, la manière dont se fabrique une certaine idée du rêve américain.
« Je crée avec mes images une architecture de la mémoire. »
Dans ces images, quelque chose tient ensemble l’intimité et une forme de distance, comme si la présence des proches s’accompagnait toujours d’un léger décalage, d’une solitude discrète mais persistante. Mais laquelle ?
Cette double solitude où sont tous les amants qu'évoquait Anna de Noailles ?
Ou bien simplement la douce absence de regards dont parle Kundera ?
DO1

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dimanche 4 avril 2010

Franklin Carmichael - Mirror lake (1929)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du canadien Franklin Carmichael (1890-1945), membre fondateur du Groupe des Sept, évoqué le mois dernier à propos d’A.J. Casson, qui en était proche. Ce groupe a profondément marqué la peinture de paysage au Canada au début du XXe siècle.
Ses membres, sensibles à l’impressionnisme et à l’Art nouveau, aspiraient à créer un art qui reflète l’essence du territoire canadien, puisant son inspiration dans la nature et non dans les traditions académiques européennes.

F.C - Snow clouds (1938)

« We shall yet develop a movement that will be distinctive as our native landscape ... [....]
A landscape clean and crisp in form and colour, rich in inspiration is all that an artist could wish for, begging to be used, and full of inherent possibilities...»
Devant cette vision exaltée de la nature, portée par la vigueur du trait et de la couleur, on peut penser à la poésie panthéiste de Walt Whitman, à ce qu’il nommait le « puissant spectacle de l’universel au cœur de cette vaste terre ».
GY1

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samedi 3 avril 2010

Anon. - Caledonian Market, London (1935)
Une image et des mots. Deux clichés choisis pour leur valeur documentaire. Les chippies, ces restaurants où l’on sert le traditionnel fish and chips, sont une véritable institution britannique. Celui-ci, un food truck, a été photographié au Caledonian Market de Londres en 1935.
Derrière ce plat populaire se cache une histoire de migrations culinaires : les beignets de bacalhau (morue), consommés par les Juifs séfarades au Portugal, voyagent avec eux après la fin du XVe siècle jusqu’aux Pays-Bas, où ils deviennent les kibbeling, puis en Angleterre, où ils s’imposent dans les classes ouvrières en raison de leur coût modeste et de leur simplicité. Le premier fish & chips est attesté à Londres vers 1860, et le plat devient rapidement emblématique de la cuisine anglaise.
Pour accompagner ces ichtyennes évocations, un extrait du petit livre Le bonheur des petits poissons, de Simon Leys.
Camp militaire Worthgill, Yorkshire
(1936)

Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zuang Zi observa :
« Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux ! ».
Hui Zi objecta : « Vous n’êtes pas un poisson; d’où tenez-vous que les poissons sont heureux ? »
- Vous n’êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ?
- Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n’êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux.
- Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m’avez demandé « d’où tenez vous que les poissons sont heureux » la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d’où je le sais – eh bien, je le sais du haut du pont. »
TW6

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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...