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In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 3 mai 2026
vendredi 1 mai 2026
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| Peter Turnley - New York (2013) |
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazarus, extraits de son poème The New Colossus (1883).
"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
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| L. Misonne - Dans la forêt (1941) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe belge Léonard Misonne (1870-1943).
Ingénieur de formation – il étudie à l’université de Louvain sans jamais exercer – Misonne se tourne très tôt vers la photographie, après s’être intéressé à la musique et à la peinture. À partir du milieu des années 1890, il s’y consacre pleinement et rencontre rapidement un certain succès, exposant en Belgique puis à l’étranger. Il voyage en Suisse, en Allemagne, en France, mais reste fidèle à des motifs proches : paysages, vues urbaines, scènes prises en Belgique ou aux Pays-Bas.
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| L.M. - Auprès du moulin (1905) |
Ses images sont traversées par des brumes, des pluies fines, des éclaircies après l’averse.Les silhouettes y apparaissent légèrement voilées, comme retenues dans l’atmosphère. Il a pour cela recours à différents procédés de tirage qui lui permettent d’intervenir sur la matière même de l’image, sans jamais chercher l’effet pour lui-même. Ce qui me plaît dans ses photographies, c’est précisément cette retenue : tout semble légèrement éloigné, comme vu à travers une fine épaisseur d’air ou de mémoire.
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| Sergio Cerchi - Rendez-vous (2013) |
Très tôt, il a mené de front la musique et la peinture : deux pratiques qu’il considère comme indissociables et qui nourrissent son art.
Son travail s’est d’abord développé dans un esprit proche du cubisme, avant d’évoluer vers une forme plus personnelle, où les figures et les espaces semblent se déployer sur plusieurs plans à la fois. Cerchi parle lui-même de « figures et géométries » : un principe qui donne à sa vision du réel une portée à la fois artistique, philosophique et psychologique.
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| S.C. - Note finale |
Les surfaces se fragmentent, se superposent, comme les notes sur une portée musicale ; les volumes et les horizons se brouillent, les visages et les objets se recomposent dans une dynamique continue.
Sa palette, dominée par des rouges carmin, des ocres, des verts et des bleus assourdis, rappelle la matière picturale et la densité des maîtres de la Renaissance italienne auxquels il reste très attaché.
Ce qui me retient dans son travail, c’est cette impression d’équilibre mouvant : les formes semblent se construire et se défaire à la fois, comme si la réalité cherchait sa propre cohérence. On ne sait jamais très bien, en regardant ses toiles, s’il nous montre une construction ou une déconstruction : chaque fragment paraît vouloir assembler le réel autant qu’il le fragmente. Il y a dans ses toiles quelque chose d’indécis, d’entre-deux : on ne sait pas si la réalité s’y rassemble ou s’y défait.
Cette hésitation, au cœur même de la peinture, semble rappeler que rien n’est jamais arrêté : que toute forme, comme toute réalité, se construit en se défaisant.
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| O. Redon - Cinq papillons (1912) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure singulière du symbolisme.
Né à Bordeaux, il entame de brèves études aux Beaux-Arts de la ville, mais se détourne vite d’un enseignement académique qu’il juge trop rigide.
Il se forme alors en grande partie seul, nourri par la découverte de l’estampe japonaise, les œuvres de Gustave Doré ou de Gustave Moreau, mais aussi par la littérature, la philosophie, les sciences...
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| O.R. - La barque mystique (1890) |
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| Dora Carrington |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglaise Dora Carrington (1893-1932). Formée à la Slade School of Art à Londres, où elle obtient plusieurs prix, elle appartient à cette génération d’artistes proches du Bloomsbury Group, sans jamais s’y intégrer pleinement. Elle expose peu, signe rarement ses œuvres, et travaille aussi bien la peinture que les arts décoratifs.
Carrington reste aujourd’hui encore difficile à classer. Ses paysages, souvent silencieux, mêlent une observation très concrète du monde à quelque chose de plus intérieur, presque secret. Les formes sont simples, les couleurs retenues, mais l’espace semble chargé d’une présence diffuse, parfois troublante.
Alors quand on connaît son histoire, il est difficile, en regardant son travail, de ne pas penser à sa relation avec Lytton Strachey – amour fou, profond, essentiellement platonique, qui a traversé toute sa vie. Cette relation, si singulière, me touche beaucoup et j’ai l’impression qu’elle imprègne son œuvre, sans jamais s’y raconter directement : une intensité contenue, une tension affective tenue à distance, quelque chose qui ne se résout pas.
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| Jürgen Nefzger - Serris, Marne-la-Vallée (2000) |
Une image et des mots. Un cliché de Jürgen Nefzger extrait de sa série Aux portes du royaume, réalisée entre 1997 et 2000 sur les zones pavillonnaires autour de Eurodisney. Le poème pour aller avec est d'André Dhôtel.
La rue aux cent maisons pareilles
s'ouvrait sur la campagne
que déjà les trottoirs annonçaient
pâquerettes et véroniques.
Partout la paix impénétrable
à cause des maisons simples
et des herbes abandonnées
qui réclamaient leur part de ciel.
Faut-il se demander
comment l'amour venait
du plus lointain du monde
nous apporter le rêve d'un temps
qui oubliait d'être le temps
pour rayonner dans l'espace
et rassembler les étincelles
de tout âge précipitées
en son infini diamant.
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| Will Rochfort - The first draft |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Will Rochfort (b.1985), peintre britannique installé sur la côte sud de l’Angleterre. Formé à Kingston University en illustration et beaux-arts, il se consacre depuis la fin de ses études presque exclusivement à la peinture à l’huile. Son univers est nourri autant par Degas que par Norman Rockwell, mais aussi par le cinéma américain et l’âge d’or d’Hollywood – une culture visuelle assumée, populaire, narrative.
Ce qui le distingue, c’est sa manière de travailler : il construit ses tableaux comme des plateaux de cinéma.
Il fabrique des décors, assemble des accessoires, sollicite ses proches comme modèles, dirige la scène comme un metteur en scène avant de passer à la toile.
Les images que l’on croit spontanées sont en réalité entièrement mises en place, photographiées, puis recomposées.
Il parle de « snapshots », des instantanés, mais ce sont des instantanés longuement préparés.
Il y a donc dans la démarche de Will Rochfort quelque chose d’artisanal et de cinématographique à la fois : construire, éclairer, cadrer, puis peindre. Comme si la toile était la dernière étape d’un long travail en coulisses.
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| F. Porter - Interior with roses (1955) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain Fairfield Porter (1907-1975), figure discrète mais essentielle de la peinture figurative du XXᵉ siècle. Né dans une famille d’artistes et d’écrivains, il étudie à Harvard puis à l’Art Students League de New York, avant de s’installer entre Southampton et l’île de Great Spruce Head, dans le Maine. Porter forge peu à peu une vision très personnelle – à la croisée du réalisme et de l’abstraction gestuelle chère à l'école de New York. Influencé par Bonnard et Vuillard autant que par ses amis Willem et Elaine de Kooning, il reste volontairement figuratif dans une époque dominée par l’expressionnisme abstrait. Ses tableaux montrent ce qu’il connaît le mieux : sa maison, sa famille, ses amis, les paysages du littoral.
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| F.P. - Clothesline (1958) |
Porter peint sans effet des scènes où la lumière adoucit tout – une table, une fenêtre ouverte, un coin de jardin. Rien n’est spectaculaire ; tout est apaisé, et paraît vu avec gratitude. Ce que j’aime dans sa peinture, c’est ce mélange d’attention et de détachement : il regarde le quotidien sans le charger de symboles, mais il en révèle la paisible beauté.
« Fais que tout soit plus beau », disait Renoir à Bonnard ; Porter semble avoir pris ce conseil à la lettre.
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| W.B. - The wandering moon (1816) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de William Blake (1757-1827), poète, graveur
et peintre anglais, difficile à faire entrer dans une case.
Trop singulier pour
son époque, trop visionnaire pour les catégories habituelles, il avance seul,
nourri autant par la Bible que par ses propres visions.
Il écrit, dessine,
grave et imprime lui-même ses livres, mêlant texte et image dans un même geste,
comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.
Son travail s’inscrit à la marge du romantisme, mais sans le pittoresque ni le sentimentalisme que l’on y associe souvent.
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| W.B. - Midsummer night's dream (1786) |
Chez Blake, tout est symbole, tension, apparition. Les corps semblent parfois raides, presque maladroits, mais cette étrangeté fait partie du langage – rien n’est là pour plaire, tout sert à dire autre chose.
Ce qui me frappe avec ses illustrations, c’est cette impression de regarder non pas une scène, mais avant tout une pensée en train de prendre forme. William Blake ne décrit pas le monde et ses figures ne racontent pas une histoire : elles affirment une vision. On peut rester à distance, dérouté, ou juste accepter de se laisser traverser par ces images comme par un texte obscur.
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| Dod Procter - The golden girl (c.1929) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste anglaise Dod Procter (1890–1972), figure discrète mais essentielle de la Newlyn School et l’une des artistes britanniques les plus reconnues de l’entre-deux-guerres. Née Doris Shaw à Hampstead, Londres, elle s’installe à 15 ans à Newlyn avec sa mère et son frère pour étudier à la Forbes School of Art, où elle partage la maison Myrtle Cottage avec sa cousine Cicely Jesse et l’artiste Tennyson Jesse. C'est là qu'elle rencontre Ernest Procter, futur mari et compagnon d’atelier et de voyages, avec qui elle se fait remarquer parmi les élèves les plus prometteurs de Stanhope Forbes.
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| Dod Procter - Morning (1926) |
En 1910 et 1911, Dod et Ernest se rendent à Paris pour se former à l’Atelier Colarossi.
Là, ils découvrent l’Impressionnisme et le Postimpressionnisme, et rencontrent les oeuvres de Renoir et Cézanne. Le couple se marie en 1912 à l’église Paul Church, poursuivant à deux une pratique où intimité et observation du quotidien se répondent avec délicate discrétion.
Dans les années 1920, Dod Procter s’oriente vers une peinture plus épurée.
Ses modèles – souvent des jeunes femmes, parfois des enfants – apparaissent dans une lumière douce et pleine, sans décor superflu. Il me semble qu’on y devine Renoir dans la douceur des couleurs, tout en conservant quelque chose de très anglais dans la retenue. En 1927, son tableau Morning - portrait sensuel de la fille d'un pêcheur de Newlyn -, remporte un succès immense à la Royal Academy, au point d’être acquis par la Tate : une jeune femme allongée, les yeux mi-clos, dans un silence presque tangible. C’est sans doute son œuvre la plus célèbre.
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| T.B.K. - Reading by a window (1900) |
Si l’on se souvient de son intérêt pour les réalités sociales, ces deux nouvelles images révèlent surtout son sens de la composition et sa manière de rendre chaque scène vivante et crédible. J'aime la délicate sobriété de son regard : pas d’effet spectaculaire, mais chaque geste, chaque posture, chaque expression semble soigneusement observée.
Kennington reste fidèle à sa formation académique, mais son classicisme n'empêche rien : il s’allie toujours à une sensibilité attentive aux individus, aux détails de la vie et aux nuances des rapports humains. Cette précision discrète fait toute la force de son œuvre et explique pourquoi, plus d’un siècle après, elle continue de nous parler. C'est un peintre que j'aime beaucoup.
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| O.S. - Nature morte (2015) |
Une image et des mots. " L’escargot est naturellement héroïque, disait Alexandre Vialatte, car il ne recule jamais. » Pourtant, pour accompagner ce détail d’une nature morte d’Olga Smirnova (Nature morte aux raisins et à l’escargot, 2015), j’ai préféré une figure bien moins flatteuse : celle imaginée par Hans-Christian Andersen dans son conte Le rosier et l’escargot.
Le jardin était entouré de noisetiers. Au milieu, fleurissait un rosier, et sous lui vivait un escargot.
— Attendez que mon temps arrive ! disait l’escargot. Je ferai des choses bien plus grandioses que de fleurir, ou donner des noisettes, ou donner du lait comme les vaches et les moutons.
— Quand les ferez-vous ? demanda le rosier.
— Je prends mon temps. Attendre est plus excitant.
[…]
Un an plus tard, l’escargot était toujours là. Le rosier, lui, avait produit des fleurs fraîches, emportées par le vent ou cueillies.
— Rien n’a changé, dit l’escargot. Toujours des roses. Vous n’évoluez pas.
— Je ne peux pas faire autrement. Je sens une force de la terre et du ciel. Alors je fleuris. C’est ma vie.
— Vous avez eu la vie facile, dit l’escargot. Moi, j’ai une pensée plus profonde. Le monde ne m’intéresse pas, je me suffis.
— Mais nous ne devrions pas donner le meilleur de nous-mêmes ? Moi, je donne mes roses. Et vous, que donnez-vous ?
— Je crache sur le monde ! Je n’ai besoin que de moi.
Et l’escargot rentra dans sa coquille et la referma.
— C’est triste, dit le rosier. J’ai vu une femme garder une rose dans son missel, une autre fut portée par une jeune fille. Un enfant en a embrassé une. Cela m’a rendu heureux. Voilà ma vie.
[…]
Les années passèrent. L’escargot et le rosier devinrent poussière. Mais de nouveaux rosiers fleurirent. Et de nouveaux escargots grandirent à leurs pieds.
Ils rentraient dans leur coquille… car le monde ne les concernait pas. Allons-nous relire cette histoire une nouvelle fois ? Elle ne sera pas différente.
Dans ce conte, Andersen oppose deux figures : l’escargot, replié sur lui-même, convaincu de sa supériorité et trop « profond » pour agir, et le rosier, modeste mais généreux, qui offre ses fleurs sans rien attendre. L’escargot devient la métaphore d’un individualisme stérile, qui refuse de se mêler au monde au nom d’un idéal jamais réalisé. À l’inverse, le rosier incarne la fécondité de ceux qui, sans se poser en donneurs de leçons, apportent de la beauté et de la joie au monde - parfois à leur insu. Le conte dénonce avec légèreté l’illusion d’un dépassement de soi - ou même tout simplement d'une importance de soi -, qui, à force de mépriser les choses simples, finit par ne rien produire.
dimanche 26 avril 2026
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| G.S. - South Shields, Tyneside (1976) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Graham Smith (b.1947), figure importante mais longtemps restée discrète de la photographie documentaire anglaise. Né à Middlesbrough, il a consacré l’essentiel de son travail au nord-est industriel de l’Angleterre, qu’il photographie dans les années 1970 et 1980, au moment où un monde bascule.
Son nom est souvent associé à celui de Chris Killip (voir août 2010 et décembre 2014), avec qui il collabore au sein du collectif Amber Collective à Newcastle. Tous deux documentent les communautés ouvrières dont l’existence dépendait des industries lourdes – juste avant leur effondrement brutal.
Là où Killip construit des images très composées, Smith se tient plus près encore des gens : ses photographies, souvent prises dans les pubs de Middlesbrough, montrent des visages familiers, des moments de relâchement, des instants à la fois ordinaires et fragiles.
Moins connu que Killip, Smith est aussi une figure plus insaisissable.
En 1991, à la suite de violentes attaques de la presse populaire – qui accusait son travail de voyeurisme – et de réactions hostiles dans son propre environnement, il se retire presque entièrement de la scène photographique et refuse longtemps d’exposer ou de publier.
Ce retrait a contribué à entretenir autour de lui une forme de légende.
Ses images n’en restent pas moins parmi les plus justes de cette période. Elles montrent, sans effet, des vies ordinaires prises dans des bouleversements qui les dépassent. Rien n’est appuyé – mais tout est là.
samedi 25 avril 2026
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| Delacroix - Carnet de voyage (1832) |
Et pour l'accompagner, juste cette phrase de Paul Gadenne : "Instant, laisse la place à de plus beaux instants", qui pourrait résumer ce sentiment qu'éprouve le voyageur... ; proche d'une plénitude qui reste inassouvie et toujours teintée, malgré tout, de l'attente d'un meilleur ailleurs.
dimanche 19 avril 2026
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| P.T. - Café de Flore, Paris (2023) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste franco-américain Peter Turnley (b.1955).
Natif de Fort Wayne, dans l’Indiana, il découvre la photographie à 17 ans, alors qu’il est hospitalisé et qu’on lui offre son premier appareil ainsi qu’un livre d’Henri Cartier-Bresson.Très vite, il se passionne pour les grands photographes des rues et de la vie parisienne : Atget (voir nov. 2011), Brassaï (voir déc. 2009 et déc. 2013), Izis (voir juin 2016) et Kertész (voir nov. 2010).
Puis viennent Doisneau et Boubat, qu’il découvre à travers l’emblématique exposition The Family of Man, présentée par Edward Steichen au MoMA de New York en 1955.
En 1975, Peter Turnley se rend pour la première fois à Paris, où il s’installe définitivement trois ans plus tard. Il y rencontre Édouard Boubat, avec qui il noue une amitié fidèle jusqu’à la disparition du photographe en 1999. Parallèlement à ses études à la Sorbonne et à Sciences Po, Turnley travaille pour Pierre Gassman, fondateur du laboratoire Pictorial Service. C’est là qu’il montre ses premiers travaux à Robert Doisneau, qui le présente à Raymond Grosset, directeur de l’agence Rapho. Ce dernier lui confie alors ses premières missions pour la presse internationale : Time, Newsweek, The New York Times, entre autres..
Devenu citoyen français en 2019, Peter Turnley vit et travaille aujourd'hui à Paris.
dimanche 12 avril 2026
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| Jay Senetchko - Phone (2011) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du canadien Jay Senetchko (b.1973), formé à l’Université de l’Alberta puis installé à Vancouver. Peintre figuratif, il puise dans la culture populaire, la mythologie et l’histoire de l’art pour construire des images qui racontent quelque chose, sans jamais être tout à fait explicites.
Il s’intéresse à la manière dont les images – celles des médias, du cinéma ou de la publicité – influencent notre façon de voir. Ses tableaux reprennent des situations familières, en apparence réalistes, mais où quelque chose résiste. On ne sait pas très bien ce qui se joue.
Ses compositions sont construites avec soin, souvent très équilibrées, avec des références visibles à la peinture ancienne autant qu’au réalisme américain. Mais rien n’y est démonstratif. Les scènes semblent simples, presque évidentes, et pourtant elles laissent une impression un peu incertaine. On se demande, en les regardant, dans quelle mesure les histoires que nous nous racontons – individuellement ou collectivement – orientent ce que nous croyons voir.
dimanche 5 avril 2026
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| Fred Morley - Delivery after raid (1940) |
Le premier, célébrissime, donne à voir un milkman londonien stoïque effectuant sa tournée de livraison parmi les décombres, le 9 octobre 40.
C'est quelques jours après le commencement du Blitz qui de septembre 40 à mai 41 déversa jour et nuit un déluge de bombes sur la capitale anglaise.Mais c'est une mise en scène... Le gouvernement anglais censurait toutes les photos de Londres dévastée par crainte qu'elles ne démoralisent la population. Fred Morley a alors eu l'idée de ce cliché soigneusement composé, devenu le symbole du stiff upper lip anglais.
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