In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 30 août 2015

W.A.Chase. - The Keynote (1915)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais William Arthur Chase (1878-1944), portraitiste et spécialiste de la peinture florale.
Né à Bristol, Chase se forme dans les écoles d’art de Londres – City and Guilds et le Regent Street Polytechnic – tout en menant une carrière dans l’administration fiscale.
W.A.C. - Abundant flower bunch
(c.1930)

Ce n’est ni pour ses portraits ni pour ses compositions florales que je le présente ici – sans les dédaigner, ce ne sont pas mes genres préférés –, mais pour ce tableau que j’aime beaucoup, The Keynote.
Je n'y vois aucune... fausse note. Tout sonne juste : l’harmonie des couleurs, la délicate féminité de l’attitude, la grâce de la main qui enfonce la tonique… et ce choix délibéré de l’artiste, qui nous laisse imaginer un visage que nous ne verrons jamais.

FM1
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dimanche 23 août 2015

E. Hartwig - Vieille ruelle (1930)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe polonais Edward Hartwig (1909-2003), frère de l'éminente poétesse Julia Hartwig. Né à Moscou, où son père tenait un studio photographique, il part s'installer avec sa famille à Lublin en 1918 lorsque la Pologne retrouve son indépendance.
D'abord influencé par le travail de son compatriote Jan Bulhak, ses premières photographies donnent à voir des paysages nimbés de brume et de mystère, dans la lignée du pictorialiste Léonard Misonne (voir déc. 2010).

E.H. - Au point d'eau (1928)
La rencontre avec Rudolf Koppitz, son professeur au Vienna Institute of Graphics, l’encourage ensuite à expérimenter.
« Photographier, disait-il, c’est arrêter la fuite des choses, mais aussi leur donner un nouvel élan.» Hartwig explore les possibilités de la photographie en jouant sur les expositions, les optiques, la lumière, les miroirs et les superpositions. Peu à peu, ses images s’éloignent de la photographie réaliste pour se rapprocher des arts graphiques, jusqu’à produire des compositions presque abstraites, dont certaines feront peut-être l’objet d’une prochaine publication.
AN1

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dimanche 16 août 2015

Bruyn l'Ancien
Portrait d'Elisabeth Bellinghausen (c.1538)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Bartolomäus Bruyn l'Ancien (1493-1555), peintre allemand de la Renaissance rhénane, contemporain de Cranach et de Holbein. Formé auprès de Jan Joest van Kalkar, Bruyn s’installe à Cologne au début du XVIe siècle et y devient rapidement l’un des peintres les plus recherchés.
Spécialiste des portraits et des retables, il accorde à l’un comme à l’autre ce goût du détail qui caractérise les peintres du Nord : visages, mains, étoffes, bijoux, objets et accessoires sont observés avec une attention minutieuse. Premier grand portraitiste de Cologne, il fonde une école poursuivie par ses fils Arnt et Barthel Bruyn le Jeune.

Bruyn L'Ancien
L'Adoration des Mages (c.1515)
Ses modèles sont des bourgeois et des patriciens. On lit dans ses portraits la prospérité de ses commanditaires, mais aussi leur volonté de se présenter avec gravité et retenue. Nourris de la tradition nordique et parfois enrichis de symboles de vanité au verso, ses portraits offrent ainsi une véritable lecture sociale de la bourgeoisie montante : une classe qui affirme sa réussite, mais sans ostentation, loin de la flatterie des portraits de cour.
L'œuvre de Bruyn l'Ancien marque l’un des derniers sommets de la Renaissance rhénane avant son déclin.
BM1
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samedi 15 août 2015

Paul Himmel - Brooklyn Bridge (1948)
Une image et des mots. L'image est un cliché du photographe documentaire américain Paul Himmel (1914-2009). Que contemple cet homme du haut du Brooklyn Bridge ? Et à quoi pense-t-il ? À la verticalité obstinée de nos aspirations ou au fleuve d'Héraclite ?
Pour l'accompagner, voici quelques lignes de Jean Guéhenno, extraites de son récit autobiographique Changer la vie (1961).

C'est une incroyable chance d'avoir quelquefois le temps de vivre, le temps de la conscience, fût-ce la conscience de tout son malheur, de pouvoir s'arrêter quelquefois, reprendre souffle et lever la tête pour contempler l'étonnant paysage autour de soi, y reconnaître sa place et se perdre en lui. C'est une lubie peut-être de cet homme de livres, de ce flâneur que je suis devenu. Mais il me semble qu'aucun plus grand bonheur n'est possible pour les hommes. Ce n'est pas le bonheur du bonheur, mais le bonheur de la libre respiration, de l'oubli de soi. Alors la course se ralentit jusqu'à s'arrêter. Les choses ne sont plus autour de nous l'enjeu d'un combat, mais rien qu'un spectacle que nous voulons comprendre. Nous ne rapportons plus rien à nous-mêmes. Il n'est plus ni bonheur, ni malheur, parce qu'il n'est plus ni désir ni angoisse. Nous ne sommes plus rien qu'un effort pour nous accorder à une présence éternelle, mais ce sont là bien des mots pour souhaiter à tous les hommes des loisirs et des rêves.
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dimanche 9 août 2015

W.R. - The lullaby bed 
La veillée du dimanche. Deux œuvres de William Heath Robinson (1872-1944), illustrateur britannique à l’imaginaire débordant, qui compte parmi les artistes les plus décalés et amusants du début du XXe siècle. Avec ses machines farfelues, souvent imprégnées d'une douce poésie absurde, Robinson transforme les tâches et les situations les plus ordinaires en entreprises délirantes.
Ses inventions accumulent poulies, leviers, ficelles, roues et mécanismes improbables. Et pourtant, tout semble fonctionner selon une logique implacable – et parfaitement absurde.

W.R. - The Kinecar (1926)
Aujourd'hui, les dessins de William Robinson n’ont rien perdu de leur fraîcheur. Ils montrent avec humour jusqu’où peut aller notre goût pour la complication.
« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », s’interrogeait Jacques Rouxel, le créateur des Shadoks.
LA1

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dimanche 2 août 2015

H.G. - Fort Mahon, Baie de Somme (1991)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe belge Harry Gruyaert (b.1941), déjà présenté ici en août 2009. Formé à l’École de Photographie et de Cinéma de Bruxelles, il dit n’avoir jamais voulu être autre chose que photographe. « Je ne saurais pas comment vivre sans la photographie. Je ne sais pas ce que ma vie serait sans elle, un trou noir probablement. »

H.G. - Extremadure, Espagne (1998)
Bien plus proche des grands coloristes américains cités dans la première publication que de la photographie humaniste française, Gruyaert considère que si le noir et blanc amplifie la relation à l’autre, la couleur – dès lors qu’on opte pour elle – doit, elle, être au centre de la composition, et non les personnages.
C’est ce qu’illustrent les deux clichés présentés aujourd’hui, chacun à sa manière.

DO2
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samedi 1 août 2015

R.K. - Figure of nude man running among the stars

Une image et des mots. Cette gravure du peintre et illustrateur américain Rockwell Kent, sur qui je reviendrai, a été acquise par le Musée des beaux-arts de San Francisco (FAMSF) en 1963.
Elle me fait penser à un passage de Vivre à part soi, un des trois essais de l'essayiste anglo-irlandais William Hazlitt - peintre lui aussi, d'ailleurs -, parus chez La Table Ronde sous le titre La solitude est sainte.

Marchons donc intrépidement, où que nous conduise le cours des hasards de la vie. Où qu'ils nous conduisent, quelle que soit la côte à laquelle ils nous jettent, nous ne serons jamais tout à fait étrangers. Nous constaterons la même marche des saisons, et le même soleil et la même lune guideront le cours de notre année. La même voute azurée, pailletée d'étoiles, se déploiera partout au dessus-de nos têtes. Il n'est aucune partie du monde d'où nous ne puissions admirer ces planètes qui parcourent, comme la nôtre, diverses orbites autour du même soleil ; d'où nous ne puissions découvrir un objet encore plus extraordinaire, cette armée d'étoiles fixes, suspendues dans l'immense espace de l'univers, soleils innombrables dont les rayons éclairent et chérissent les mondes inconnus qui tournent autour d'eux - et quand je suis transporté par de telles méditations, quand mon âme s'élève ainsi jusqu'au ciel, peu m'importe le sol sur lequel je marche.

JM2
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A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...