In girum imus nocte et consumimur igni

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mardi 3 mars 2026

W.B. - The wandering moon (1816)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de William Blake (1757-1827), poète, graveur et peintre anglais, difficile à faire entrer dans une case.
Trop singulier pour son époque, trop visionnaire pour les catégories habituelles, il avance seul, nourri autant par la Bible que par ses propres visions.
Il écrit, dessine, grave et imprime lui-même ses livres, mêlant texte et image dans un même geste, comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.

Son travail s’inscrit à la marge du romantisme, mais sans le pittoresque ni le sentimentalisme que l’on y associe souvent. 

W.B. - Midsummer night's dream (1786)

Chez Blake, tout est symbole, tension, apparition. Les corps semblent parfois raides, presque maladroits, mais cette étrangeté fait partie du langage – rien n’est là pour plaire, tout sert à dire autre chose.

Ce qui me frappe avec ses illustrations, c’est cette impression de regarder non pas une scène, mais avant tout une pensée en train de prendre forme. William Blake ne décrit pas le monde et ses figures ne racontent pas une histoire : elles affirment une vision. On peut rester à distance, dérouté, ou juste accepter de se laisser traverser par ces images comme par un texte obscur.

Percy Shakespeare - A mulatto (1933)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre anglais Percy Shakespeare (1906-1943).
Né dans le quartier populaire de Kates Hill, quatrième d’une fratrie de huit enfants, il entre en 1920 à la Dudley Art School, où le directeur lui accorde une bourse couvrant l’intégralité des frais. 
Il y révèle très tôt un talent pour le dessin de figure et le portrait. Il poursuit sa formation à la Birmingham School of Art, où il étudie le dessin anatomique de 1923 à 1927, obtient un Art Masters Certificate et se qualifie comme enseignant.

P.S. - December on the Downs, Wartime
(1939)
En 1933, il expose à la Royal Academy avec A Mulatto, portrait acquis par la Dudley Art Gallery. Durant les années 1930, il soumet régulièrement des peintures à la Royal Academy, souvent acceptées, tout en exposant au Salon de Paris et à la Royal Birmingham Society of Artists, dont il devient membre associé en 1936. Au cours de cette décennie, Shakespeare réalise une série de peintures à l’huile représentant des groupes de personnes au loisir, capturant des moments de détente ou d’occupation quotidienne. Son travail montre des affinités avec le néo-romantisme et certaines élégances de l’Art déco, notamment dans le traitement des silhouettes et des poses. Ces œuvres sont le fruit d’un travail intense, avec de nombreux dessins préparatoires pour chaque personnage, qui ont eux-mêmes une valeur artistique considérable. Shakespeare réalisait une ou deux de ces peintures par an, souvent acceptées à la Royal Academy. Ces compositions se distinguent par la richesse de la couleur et l’organisation des figures, restituant l’esprit des années 1930.
Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est tué en mai 1943 lors d’un bombardement aérien, alors qu’il est stationné à Roedean School, près de Brighton. Il laisse derrière lui un ensemble important de peintures et de dessins consacrés à la vie quotidienne des années 1930, aujourd’hui majoritairement conservés au Dudley Museum and Art Gallery.
B. Fleetwood-Walker - Amity (1933)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique Bernard Fleetwood-Walker (1893-1965), figure majeure mais aujourd’hui relativement discrète de la peinture britannique du XXᵉ siècle. Né à Birmingham dans une famille d’ingénieurs et d’artistes – il est l’arrière-petit-fils du peintre aquarelliste Cornelius Varley, cofondateur de la Royal Watercolour Society – il reçoit une formation rigoureuse fondée sur le dessin et la maîtrise technique. D’abord formé comme orfèvre, il étudie ensuite à la Birmingham School of Art and Crafts, à Londres et à Paris, notamment auprès de Fleury.

B.F-W. - Repose (1925)
Marqué par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il sert comme sniper dans les Artists Rifles et continue à dessiner malgré les blessures et les gaz, Fleetwood-Walker revient à Birmingham où il mène de front une carrière d’enseignant et de peintre.
Professeur influent et exigeant au Birmingham College of Art, il encourage chez ses élèves une discipline du dessin alliée à une grande liberté dans l’usage des techniques et des médiums, tout en les sensibilisant aux courants artistiques contemporains. Fleetwood-Walker est aujourd'hui considéré comme l'un des peintres britanniques les plus accomplis et les plus singuliers de sa génération.

O. Redon - Cinq papillons (1912)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure singulière du symbolisme.
Né à Bordeaux, il entame de brèves études aux Beaux-Arts de la ville, mais se détourne vite d’un enseignement académique qu’il juge trop rigide.
Il se forme alors en grande partie seul, nourri par la découverte de l’estampe japonaise, les œuvres de Gustave Doré ou de Gustave Moreau, mais aussi par la littérature, la philosophie, les sciences...

O.R. - La barque mystique (1890)
La rencontre du botaniste Armand Clavaud, dont il admire la pensée, l’amène à voir dans la nature un monde mystérieux, presque spirituel. Plus tard, la lecture de Darwin et son éducation religieuse viendront aussi marquer sa sensibilité. Dans son recueil autobiographique À soi-même, Redon écrit que Clavaud explorait « les confins du monde imperceptible ». Ce sont sans doute ces mêmes territoires - faits de rêve, de silence et d’étrangeté - que Redon tente d’atteindre dans ses dessins, ses noirs, puis dans ses pastels colorés, toujours à la recherche d’un invisible qu’aucun mot ne saurait désigner.

Y. Karsh - Winston Churchill (1941)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe portraitiste canadien Yousuf Karsh (1908-2002), né en Arménie ottomane et réfugié au Canada à l’adolescence, où il deviendra l’un des portraitistes les plus célèbres du XXᵉ siècle.
Installé à Ottawa, il ouvre très tôt son studio et se forge une réputation qui va rapidement dépasser les frontières.
Y.K. - Martin Luther King
(1962)

Deux portraits, donc. D'abord celui de Winston Churchill, non seulement parce que c'est celui qui en 1941 a fait sa renommée, mais aussi parce que dans les plus de dix mille portraits qu'a réalisés Karsh, autant privilégier ceux de personnalités que j'admire.
Martin Luther King en fait lui aussi évidemment partie. Mais comment peut-on admirer à la fois un guerrier et un pacifiste ? Serait-ce que mon panthéon est décousu ? The answer, my friend, is blowing in the wind....
Shellie Garber - Still waters (2025)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste américaine Shellie Garber (b.1962).

Shellie Garber - Dream house