In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 11 octobre 2026

E.H. - British Museum tube station (1937)

La veillée du dimanche. Deux photographies du photographe allemand naturalisé britannique Emil Otto Hoppé (1878-1972), l’une des grandes figures de la photographie du début du XXᵉ siècle.
Né à Munich dans une famille de banquiers, Hoppé s’installe à Londres en 1900. Il abandonne progressivement la carrière financière à laquelle il se destinait pour se consacrer à la photographie. Son studio, ouvert en 1907, lui apporte rapidement une grande notoriété, notamment grâce à ses portraits d’écrivains, d’artistes et de personnalités de son temps. Mais son intérêt ne se limite pas aux visages : il photographie aussi les rues, les paysages industriels et les grandes constructions qui transforment le monde moderne.

E.H. - Delaware Bridge, Philadelphia (1926)

Ponts, usines, installations portuaires ou infrastructures urbaines deviennent sous son objectif des sujets à part entière, pour leurs formes autant que pour leur fonction. Une autre de ses photographies, King George V’s Docks, London (1934), aurait peut-être été plus pertinente encore pour illustrer cet intérêt pour les formes et les possibilités plastiques des constructions modernes. Mais j’ai finalement choisi ces deux images qui témoignent elles aussi de cette manière de transformer des lieux fonctionnels en sujets photographiques.
La station du British Museum, fermée au public depuis 1933, est déjà devenue un vestige du réseau souterrain londonien lorsque Hoppé la photographie. Le pont de Philadelphie et cette station de métro nous montrent deux constructions très différentes, mais qui offrent l’une comme l’autre au photographe un jeu de lignes, de volumes et de perspectives.
 © Veilleur de Nuit – 2026

BS1

ICI

dimanche 4 octobre 2026

A.M. - Notre-Dame, soleil (1904)
La veillée du dimanche. Déjà présenté en juillet 2016, voici, avec deux nouvelles toiles – encore une fois bien difficiles à choisir –, un de mes peintres préférés : Albert Marquet (1875-1947).
J’aime énormément cette peinture dépouillée, qui va à l’essentiel sans que rien ne semble inachevé, sans que rien ne manque. Quelques lignes, des formes simples, des silhouettes humaines réduites à quelques touches sombres dans le paysage, des couleurs souvent assourdies : il lui en faut peu pour construire un tableau, en restituer la lumière et l’atmosphère.

A.M. - Sables d'Olonne (1938)
Tout est à sa place, sans effort apparent, comme si Marquet avait su trouver, dans chaque motif, la juste mesure entre la simplicité des formes et la richesse de ce qu’elles nous donnent à voir.
C’est autant cette économie de moyens que la beauté de ses compositions qui me plaît tant chez Marquet : l’harmonie des lignes, l’équilibre des formes et le choix de couleurs retenues, jamais agressives. Une peinture qui simplifie le monde sans l’appauvrir, et dont je ne me lasse pas.
 © Veilleur de Nuit – 2026
MH12

ICI 

samedi 3 octobre 2026

A.L. - Peninsula Hotel, Chicago, IL (2009)

Une image et des mots. Une photo d'Annie Leibovitz, et quelques lignes de Simone Weil, extraites de Note sur la suppression des partis politiques (dans Écrits de Londres et dernières lettres, 1957).

L’attention véritable est un état tellement difficile à l’homme, tellement violent, que tout trouble personnel de la sensibilité suffit à y faire obstacle. Il en résulte l’obligation impérieuse de protéger autant qu’on peut la faculté de discernement qu’on porte en soi-même contre le tumulte des espérances et des craintes personnelles.

GI7

ICI

dimanche 27 septembre 2026

E. Gordon - Wind from the sea (1965)
La veillée du dimanche. « Vous ne pouvez pas inviter le vent, mais vous devez laisser la fenêtre ouverte », dit Krishnamurti. Deux œuvres de l'américain Edward Gordon (b.1940), peintre scrupuleux de fenêtres et de vent. Largement autodidacte, Gordon a longtemps exercé le métier de comptable avant de se consacrer à la peinture, au début des années 1980. Le rendu méticuleux des textures, le soin extrême apporté aux nuances du ciel et de la mer – toujours présente chez ce natif d’Ocean City, dans le New Jersey – donnent à ses toiles un aspect presque photographique.
« My goal is to make paintings so realistic that viewers are drawn into the imagery space...» 

E.G. - Music room, Ocean City, NJ (1965)
Mais ce qui m’en reste surtout, c’est un étrange sentiment de paix, malgré les horizons parfois menaçants.
L'homme, à ma connaissance en tout cas, n'est jamais représenté dans les pièces impeccables de ses belles villas côtières. Mais on appréciera le bon goût de celle ou celui qui a accroché aux murs de cette élégante demeure – il semble, aux motifs de la balustrade, qu'il s'agisse de la même –, deux chefs-d'œuvre de Vermeer.
 © Veilleur de Nuit – 2026

E.H. - British Museum tube station (1937) La veillée du dimanche. Deux photographies du photographe allemand naturalisé britannique Emil Ot...