In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 26 octobre 2008

Th. Robinson - Autumn

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Theodore Robinson (1852-1896), associé au mouvement impressionniste. Né dans le Vermont et élevé dans le rural Wisconsin, il part étudier l'art à Chicago et New York, puis à Paris pour suivre à l'École des beaux-arts l'enseignement de Jean-Léon Gérôme. Il découvre très tôt l’impressionnisme, rencontre Monet à Giverny dans les années 1880, et devient l’un de ses amis proches – l’un des rares Américains à entretenir une relation durable avec le maître français.
Th.R. - On the canal

Disparu prématurément à l'âge de 44 ans, Robinson aimait les bords de rivière, les figures en promenade, les intérieurs tranquilles... Il semble avoir résumé lui-même cette attention aux choses simples : « En peinture comme dans la vie, ce sont les petites choses qui comptent. Ce sont les nuances imperceptibles de la couleur, de la lumière et de la forme qui peuvent faire toute la différence. »
Pour ses oeuvres aux couleurs douces et aux lumières subtiles, Theodore Robinson est aujourd'hui considéré comme une figure majeure de l'impressionnisme américain.

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samedi 25 octobre 2008

Anonyme - Zoo du Bronx, NYC (1963)
Une image et des mots. Cette photo, L'animal le plus dangereux du monde, a été publiée avec l'autorisation de la New York Zoological Society dans l'Illustrated London News du 8 juin 1963.

L'homme vient du singe, dit-on, et il va au cimetière. Telle serait sa zoologie. Que fait-il en chemin ? De tout. Des zigzags, l'école buissonnière. [.....] Ces zigzags constituent l'Histoire. Mais d'autres fois il va tout droit, il court, il fonce, il se bouscule, et il pousse son voisin devant lui, en lui tenant l'épée dans les reins. Et c'est encore bien plus l'Histoire. Bref on le sent capable de tout. C'est un monsieur qui ne se refuse rien. Il tue, il pille, il voit le diable au pied de son lit. On se demande ce que fait l'homme de son âme immortelle.
Alexandre Vialatte, Les champignons du Détroit de Behring (1990).

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dimanche 19 octobre 2008

L.U. - Soir à Grunewaldsee (1910)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur allemand Lesser Ury (1861-1931), né à Birnbau, aujourd'hui en Pologne.
Solitaire de tempérament, souvent considéré comme un précurseur de l’expressionnisme, il étudie l’art à Düsseldorf, Bruxelles puis Paris, où il découvre l'impressionnisme, notamment à travers Monet et Renoir. De retour à Berlin en 1887, il trouve dans cette ville cosmopolite son véritable sujet : reflets de réverbères sur les trottoirs mouillés, silhouettes furtives, rues pluvieuses, cafés nocturnes, intérieurs feutrés… Toute une poésie urbaine qui traverse son œuvre.

L.U. - Waterloo Bridge au soleil
(1899)
Membre de la Sécession de Munich, puis de la Sécession berlinoise, il restera pourtant longtemps à l’écart des grandes reconnaissances officielles. Son œuvre, discrète, me touche par cette manière de faire naître une émotion à partir de scènes très simples.
Un tableau comme Soir au Grunewaldsee, par exemple, me séduit par son dépouillement. La place laissée au vide et sa lumière paisible évoquent pour moi quelque chose de l’art japonais, comme l’épure d’une estampe, ou celle de ce haïku de Yosa Buson : « Les vieux étangs, les grenouilles qui sautent, le son de l’eau ».

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dimanche 12 octobre 2008

L. Friedlander - Maria, NYC (1959)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Lee Friedlander (b.1934).
Parmi les photographes qui l’ont marqué figure d’abord Walker Evans (voir janvier), dont les images de l’Amérique de la Grande Dépression lui ont montré qu’une photographie pouvait être à la fois un témoignage et une forme de regard sur le monde. « The best photography is a form of bearing witness, a way of bringing a moment of truth to the world

L.F. - série Little screens (1961)
Robert Frank, avec The Americans, compte également parmi ses références majeures par son approche plus libre et plus critique de la société américaine.
Enfin, Henri Cartier-Bresson, et l’idée d’“instant décisif”, qui nourrit son approche de la photographie de rue – même si Friedlander s’en éloignera par la suite.
Lee Friedlander est aujourd’hui considéré comme l’une des figures importantes de la photographie américaine. Son travail se distingue par une manière très personnelle d’intégrer dans ses images les reflets, les ombres, les silhouettes ou les éléments apparemment insignifiants du décor. Ce qui pourrait être un obstacle devient chez lui une composante de la photographie : le réel n’apparaît jamais simplement, mais toujours à travers quelque chose.

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dimanche 5 octobre 2008

K. Nelson - Mending (2007)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de Kenton Nelson (b.1954), héritier de l’American Scene Painting, en particulier du régionalisme dont il revisite l’optimisme dans une peinture baignée de lumière californienne.
Originaire de Los Angeles, il étudie à la California State University de Long Beach puis à l’Otis Art Institute, où il enseignera plus tard. Son grand-oncle était le muraliste mexicain Roberto Montenegro, proche de Diego Rivera et de Frida Kahlo ; Kenton Nelson voit volontiers dans cette filiation l’une des origines de sa vocation de peintre.
À partir des années 1990, il développe une peinture figurative immédiatement reconnaissable, à la croisée du réalisme stylisé, de l’illustration américaine et d’une certaine esthétique des années 1950.
K.N. - Charitably inclined (1995)

Il revendique des influences aussi diverses que les peintres régionalistes américains de l'époque de la Grande Dépression, les affiches publicitaires de l’après-guerre et le pop-art.
« I'm interested in making paintings that evoke some sort of emotion or memory for people. »
C’est sans doute ce qui me plaît le plus dans ses tableaux : des aplats de couleurs franches, des contours nets, des compositions épurées, une élégance presque rétro. On peut penser parfois à Hopper, mais là où celui-ci laisse souvent affleurer la solitude, Kenton Nelson semble préférer une forme de nostalgie sereine, une Amérique idéalisée qui doit autant au souvenir qu’au cinéma, aux magazines et à la culture visuelle de l’après-guerre.
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samedi 4 octobre 2008

E. Osterlof - Miss Curiosity (1908)
Une image et des mots. "Veilleur, où en est la nuit?" (Isaïe, 21,11).
Voici un beau portrait de sa fille Sophie par le photographe polonais Edmund Osterloff (1863-1938).
Représentant du courant pictorialiste - il a pu être comparé à Léonard Misonne - il fut l'un des pionniers de la photographie artistique en Pologne.
Ce cliché a été pris à Tbilissi, en Georgie, où il dut s'exiler pendant 25 ans après deux ans d'emprisonnement pour son appartenance aux cercles socialistes.
Les mots pour l'accompagner sont de Clarice Lispector, extraits de Silencio.

Seulement ça : il pleut et je regarde la pluie. Comme c'est simple. Je n'aurais jamais cru que le monde et moi puissions parvenir à un tel accord. La pluie tombe non pas parce qu'elle a besoin de moi, et je la regarde non pas parce que j'ai besoin d'elle. Mais nous sommes aussi indissociables que l'eau de pluie l'est de la pluie. Et je ne remercie rien. [.....]
Je suis une femme, je suis une personne, je suis une attention, je suis un corps qui regarde par la fenêtre. De même la pluie n'est pas reconnaissante de n'être pas une pierre. Elle est la pluie. Peut-être est-ce cela, ce que l'on pourrait appeler
"être vivant". Ce n'est pas plus que cela, seulement cela : "être vivant". Et je vis seulement d'une joie paisible.
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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...