In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 28 avril 2024

R-J - Café des 4 vents (1950)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français René-Jacques (1908-2003), né René Giton à Phnom Penh. Arrivé en France en 1917, il découvre très jeune la photographie, qui devient rapidement une véritable vocation. Après avoir abandonné des études de droit, il adopte le pseudonyme de René-Jacques et se consacre pleinement à cet art qu’il abordera sous toutes ses formes. 
Dans les années 1930, il travaille comme reporter, photographe industriel, illustrateur et photographe de plateau. Mais au-delà de ces activités multiples, c’est un regard singulier qu’il construit : celui d’un homme attiré par les atmosphères, les lieux chargés de mystère et les détails qui échappent au regard pressé. Il illustre notamment Envoûtement de Paris de Francis Carco, photographiant une capitale nocturne et secrète, loin des images convenues. 
René-Jacques
Amoureux sur les quais, Paris (1945)

Son expérience sur le tournage de Remorques en 1941 révèle bien son tempérament. Plutôt que de se limiter aux portraits officiels des vedettes, il préfère photographier les moments hors caméra, les gestes, les silences, les scènes secondaires. Cette liberté de regard agace Jean Gabin et finit par provoquer son départ du film, mais témoigne d’une exigence qui ne le quittera jamais.
Après la guerre, il participe à la reconnaissance de la photographie française en rejoignant le groupe Rectangle groupe d’Emmanuel Sougez, puis en cofondant en 1946 le Groupe des XV avec notamment Robert Doisneau, Willy Ronis et Marcel Bovis.
Soucieux de transmettre son œuvre, il fera en 1991 don de plus de 20 000 tirages à l’État, aujourd’hui conservés à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie.
 © Veilleur de Nuit – 2024

MG2

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samedi 27 avril 2024

Antonio Ciseri - L'exilé (1870)
Une image et des mots. Ce tableau d'Antonio Ciseri (1821-1891) me fait penser à un poème de Leopardi, "L'infini", que l'on peut entendre ICI, dit par Vittorio Gassman, et dont voici une traduction;

"Toujours elle me fut chère cette colline solitaire,
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l'extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde; où peu s'en faut
que le coeur ne s'épouvante
.
Et comme j'entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix;
en moi reviennent l'éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité.
Ainsi, dans cette immensité se noie ma pensée:
et le naufrage m'est doux dans cette mer
."
CG4

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dimanche 21 avril 2024

C.L. - Le clochard et sa femme, Rouen (1956)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Christian Lemaire (b.1932). Ancien assistant de Jacques Rouchon, il débute comme photographe de reportage dans les années 1950, avant de collaborer avec la presse et la publicité. Héritier de la photographie humaniste, son regard s'attarde sur ces instants qui pourraient passer sans laisser de trace.

C.L. - Bd Haussmann par temps de pluie
(1958)
Comme le disait Proust, « la photographie, c’est l’art de montrer de quels instants éphémères la vie est faite ». Chez Lemaire, cela donne des images où des instants en apparence banals prennent une profondeur nouvelle, presque intime, sans artifice ni pathos ; des images qui arrêtent le mouvement du quotidien pour laisser percevoir la poésie discrète d’instants fugaces.
 © Veilleur de Nuit – 2024
TB1

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dimanche 14 avril 2024

A.C. - Écoutant la voix d'Écho 

La veillée du dimanche. Deux œuvres du français Alexandre Cabanel (1823-1889), l’un des grands représentants de la peinture académique du XIXᵉ siècle. Né à Montpellier, il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris à dix-sept ans, dans l’atelier de François-Édouard Picot. Lauréat du Prix de Rome en 1845, il séjourne à la Villa Médicis, où il perfectionne son art au contact des maîtres italiens de la Renaissance. Cabanel s’illustre par ses sujets historiques, mythologiques ou religieux, portés par un idéalisme raffiné et une technique irréprochable.
La Naissance de Vénus (1863) reste son œuvre la plus célèbre : saluée par Napoléon III, elle fit de lui l’un des peintres les plus en vue du Second Empire.

A.C. - Ophelia
Sa peinture, très appréciée sous le Second Empire, incarne l’esthétique académique. Elle sera ensuite critiquée par de nouvelles générations d’artistes, notamment les impressionnistes, qui lui reprochent sa rigidité et son caractère conventionnel.
Ce qui me plaît chez Cabanel, ce n’est pas tant la virtuosité – comme en musique, elle n’a jamais été mon premier critère – que quelque chose de plus fragile, de plus retenu, qu'il me semble percevoir derrière la perfection de ses tableaux.
 © Veilleur de Nuit – 2024

CT1
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dimanche 7 avril 2024

Marcel Bovis - Couple (c.1950)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Marcel Bovis, dont l’œuvre occupe une place à part dans la photographie du XXe siècle. Admiré pour son regard à la fois poétique et rigoureux sur les paysages urbains – particulièrement ceux de Paris –, ce Niçois s’installe dans la capitale dans les années 1920. Il y découvre la photo en autodidacte tout en suivant une formation en arts appliqués,
Désireux de faire reconnaître la photographie comme un art à part entière, il rejoint le Groupe des XV, aux côtés notamment de Robert Doisneau et de Willy Ronis, et participe à des expositions collectives qui contribuent à sa reconnaissance.
M.B. - Café des Arts (1927)

J'aime beaucoup son Paris nocturne, qu’il photographie le plus souvent à la chambre, et qui paraît presque théâtral, sculpté par les ombres et les lumières artificielles. Ce travail atteint un sommet avec son illustration du roman de Simenon Les Suicidés (1934).
Mais Bovis photographie aussi les marchés, les quais, les vitrines et les passants, avec le même souci de la composition. C'est ce que j'aime chez lui, qu'il s'agisse d'images nocturnes ou de scènes de la vie quotidienne : le plaisir qu'il nous donne à regarder comment il compose avec ce qu'il a devant lui, le même plaisir que l'on éprouverait à la lecture d'une discrète poésie urbaine.
 © Veilleur de Nuit – 2024

PG10
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samedi 6 avril 2024

Fred - Le petit cirque (1973)
Une image et des mots.
« "Qu'est-ce que la musique ?" se demande Gabriel Fauré à la recherche du "point intraduisible", de la très irréelle chimère qui nous élève "au-dessus de ce qui est...".
C'est l'époque où Fauré ébauche le second mouvement de son premier Quintette, et il ne sait pas ce qu'est la musique, ni même si elle est quelque chose ! Il y a dans la musique une double complication, génératrice de problèmes métaphysiques et de problèmes moraux, et bien faite pour entretenir notre perplexité.
Car la musique est à la fois expressive et inexpressive, sérieuse et frivole, profonde et superficielle ; elle a un sens et n'a pas de sens. La musique est-elle un divertissement sans portée ? ou bien est-elle un langage chiffré et comme le hiéroglyphe d'un mystère ? Ou peut-être les deux ensemble ? »  Vladimir Jankélévitch, La musique et l'ineffable (2015)
ML14

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Anna Park - Untitled Une image et des mots. Une œuvre de l'artiste américaine d'origine sud-coréenne Anna Park. Et pour aller avec, ...