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| J.N. - Rauwhiri Winitana Paki Taupo Village, New Zealand (2011) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Jimmy Nelson (b.1967), extraits de son livre "Before they pass away", paru en 2013. Depuis plusieurs décennies, Jimmy Nelson parcourt le monde à la rencontre de peuples dont les modes de vie, les traditions et les territoires sont fragilisés par les bouleversements contemporains. Sa démarche est d'abord visuelle : costumes, parures, gestes rituels et paysages composent des images soigneusement construites, presque picturales, qui rendent hommage à la diversité des cultures humaines. La beauté de ces photographies est indéniable. Mais elle a aussi suscité des critiques : certains lui reprochent un regard trop romantique, qui ferait de ces communautés les derniers vestiges d'un monde ancien, oubliant qu'elles sont aussi des sociétés vivantes, confrontées au présent et capables d'évoluer.
Cette question n'est pas nouvelle. Déjà, les magnifiques photographies d'Edward S. Curtis sur les peuples amérindiens (voir publications de février 2011, octobre 2015 et décembre 2018) portaient en elles cette ambiguïté : préserver une mémoire menacée tout en risquant de figer ceux que l'on voulait sauver de l'oubli. Avec Before They Pass Away, Jimmy Nelson revendique moins un travail anthropologique qu'un acte de reconnaissance et d'émerveillement. Ses images nous invitent à regarder autrement ceux que nous connaissons mal, avec cette conviction qu'il résume ainsi :
« If you change the way you look at people, the people you look at change. And if that change is powerful enough, it will gather momentum to affect the whole of humanity. »
Le mois prochain, je reviendrai sur un autre regard porté sur les peuples autochtones : celui de Claudia Andujar, dont le travail auprès des Yanomami montre une approche radicalement différente, fondée non seulement sur la photographie, mais sur une relation de vie et d'engagement.









