In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 27 mai 2012

J. D. - Union Station, Chicago, Illinois (1943)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Jack Delano (1914–1997), né Jacob Ovcharov à Kiev, en Ukraine, et arrivé aux États-Unis en 1923 avec ses parents fuyant la révolution. Formé aux beaux-arts et à la musique à Philadelphie, il développe un regard singulier mêlant sens esthétique et engagement social. Il devient en 1940 membre de la FSA (Farm Security Administration), un organisme mis en place dans le cadre du New Deal pour venir en aide aux agriculteurs les plus durement touchés par la la Grande Dépression (voir publication du 18/12/2011)

J.D. - Locomotives roundhouse (1942)



Comme Dorothea Lange, Walker Evans ou Gordon Parks, il est envoyé à travers les États-Unis pour documenter les effets de la crise et accompagner les réformes sociales.
Mais c’est surtout son travail sur les mineurs de Pennsylvanie et sur l’activité ferroviaire qui lui apporte une véritable reconnaissance. En photographiant les gares et les trains, il documente aussi la vie ouvrière qui s’y attache, et plus largement la vie quotidienne de l’Amérique de l’époque.
To do justice to the subject has always been my main concern, écrit-il dans son autobiographie  Photographic memories, parue en 1997 (ed. Smithsonian Institution Press).
Après la guerre, il s’installe à Porto Rico où il continue de photographier, tout en se consacrant davantage à la musique et à la culture locale. L’œuvre de Jack Delano, attentive aux réalités sociales profondes, reste un témoignage puissant d’une Amérique en mutation et de ses visages souvent oubliés.

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dimanche 20 mai 2012

Andrew Wyeth - Christina's world (1948)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Andrew Wyeth (1917-2009), déjà présenté en janvier 2009 à l'occasion de sa disparition, puis de nouveau en juillet 2010.
Peintre américain majeur du réalisme du XXe siècle, il est connu pour ses scènes intimistes, profondément ancrées dans les paysages ruraux du Maine et de sa Pennsylvanie natale.

A.W. - Wind from the sea (1947)



Christina’s World, tempera à l’atmosphère étrange, est sans doute son œuvre la plus célèbre. Wyeth y représente Christina Olson, une jeune femme handicapée qu'il avait déjà peinte l'année précédente. On perçoit l'effort de la jeune femme sur ses bras malades, la tension du corps vers sa maison, dans le lointain. Christina Olson n'a jamais voulu de chaise roulante; elle se déplaçait toujours ainsi, à la maison ou dans les champs, par reptation.
Cette fenêtre est au 2ème étage de la maison des Olson, et ce champ qui s'étend dans le lointain, c'est celui où Christina sera peinte un an plus tard, cueillant des fleurs. Mais ce jour-là elle n'y était pas ; Wyeth peignait le vent.
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samedi 19 mai 2012

Porta Furba, Via Tuscolana (n.d)

Une image et des mots. J'ignore à quelle date et par qui a été prise cette belle photographie de la via Tuscolana, une route médiévale qui joint Rome à la ville pré-romaine de Tusculum
C'est sur cette route que se trouvent les studios de Cinecitta..., et de fil en aiguille je pense à ce poème du réalisateur italien Pasolini. Il est extrait de Poèmes en forme de rose, publié en 1964.

Je suis une force du passé, 
Tout mon amour va à la tradition

Je viens de ruines, des églises
des retables d'autels, des villages
oubliés des Appenins et des Préalpes
où mes frères ont vécu.
J'erre sur la Tuscolana comme un fou,
sur l'Appia comme un chien sans maître.
Ou je regarde les crépuscules, les matins
sur Rome, sur la Ciociara, sur le monde,
comme les premiers actes de la Posthistoire,
auxquels j'assiste par privilège d'état civil,
du bord extrême de quelque époque ensevelie.
Il est monstrueux, celui qui est né
des entrailles d'une femme morte.
Et moi je rôde, foetus adulte,
plus moderne que n'importe quel moderne
pour chercher des frères qui ne sont plus.

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dimanche 13 mai 2012

N. D. - Arc-en-ciel (1892)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysagiste russe Nikolay Dubovskoy (1859-1918), associé au groupe des Ambulants, les Peredvizhniki, collectif fondé en 1863 par quatorze étudiants en rupture avec l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.
Dubovskoy entame pourtant sa formation dans cette Académie, sous l’égide du paysagiste Mikhail Clodt, avant de s’en détacher progressivement.
Il se rapproche ensuite d’Ilya Repin et de son cercle artistique.
N. D. - Sur la Volga (1892)

À partir de 1888, il voyage régulièrement : d’abord avec son ami Nikolai Yaroshenko, avec qui il longe à cheval les côtes de la mer Noire – c’est à cette époque qu’il peint Le calme avant la tempête (1890), acquis par le tsar Alexandre III pour le Palais d’Hiver – puis autour de la mer d’Azov, en Turquie, en Italie et en France, où il découvre l’influence impressionniste.
Par sa manière de saisir les variations atmosphériques et les subtilités de la lumière, Dubovskoy contribue, aux côtés d’Izaak Levitan, à ce que les Anglo-Saxons ont appelé le mood landscape : un paysage d’humeur, dominé par la lumière et les ciels changeants.
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dimanche 6 mai 2012

B.M. - Time Square and 42nd Street
(1952)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'américain Benn Mitchell (b.1926), figure discrète mais marquante de la photographie de rue du XXe siècle. Né à New York, il commence à photographier dès son adolescence et se spécialise rapidement dans la photographie urbaine.
Il vend sa première photo à Life Magazine à l'âge de 16 ans, avant de quitter New York pour les studios d'Hollywood. Il obtient de Warner Bros l’autorisation d’accéder aux studios afin d’y photographier décors et acteurs, et réalise de nombreux portraits, dont celui d’Humphrey Bogart.

B.M.- Paramount Theatre
(1947)
Mais c’est surtout son œuvre personnelle en noir et blanc, centrée sur les rues de New York et ses habitants, qui retient aujourd’hui l’attention – en tout cas la mienne : scènes ordinaires, portraits volés, instants suspendus, où l’ombre et la lumière dessinent les contours d’un monde à la fois familier et étrange. Par son approche sobre, sensible et très visuelle, et par certains aspects proche de la photographie humaniste, son travail évoque celui de Saul Leiter ou de Roy DeCarava.

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samedi 5 mai 2012


N. Bernaerts - Bataille de chien et de chats (après 1643)
Une image et des mots. Une toile du flamand Nicasius Bernaerts (1620-1678), remarquable peintre animalier longtemps au service de Louis XIV qui l'avait chargé de peindre les pensionnaires de la ménagerie à Versailles. Il a également fourni des motifs à la manufacture des Gobelins.
Les mots pour l'accompagner sont de  Lie-Tseu, extraits des "Discours sur les conventions et le destin" (732 ap. J.-C).

"Voyez-vous, les hommes qui n'ont pas le sens de la justice et qui ne pensent qu'à leur subsistance sont comme les poules et les chiens. Ils se heurtent et se battent pour leur pâture, si bien que le plus fort l'emporte. C'est là le propre des animaux.
Se comporter comme poules et chiens, comme un animal, et exiger l'estime des hommes, c'est vouloir l'impossible. Quand un homme ne tient plus compte d'autrui, il court de graves dangers et la honte est sur lui."
PT5
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NS2 ICI