In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 26 mars 2023

D. Tutwiler - Steam on the waterfront (2008)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'américain David Tutwiler (b.1952), issu d’une famille d’artistes et formé aux beaux-arts à l’Art Institute of Chicago. Il y développe une technique particulièrement précise qu’il mettra souvent au service de sa fascination pour le monde ferroviaire, l’un des grands symboles de l’histoire industrielle américaine.

D.T. - The portrait of dory in grey



Avec une attention extrême portée aux détails – la mécanique des locomotives, les textures du métal, les jeux de lumière sur les surfaces –, Tutwiler ne cherche pas seulement à reproduire des machines : il leur restitue une présence, presque une personnalité. Ses trains deviennent les témoins d’un monde disparu, celui d’une époque où le voyage ferroviaire occupait encore une place centrale dans l’imaginaire collectif américain.
Mais même si les trains sont restés son sujet de prédilection, David Tut-(tut)-wiler n’a pas peint que cela : j’ai par exemple découvert ce tableau – ci-contre – dont le sujet et le titre plein d’humour m’ont beaucoup plu.
AS1

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samedi 25 mars 2023

J. Dumont - The dice players (1891)
Une image et des mots. Le cliché est du photographe américain John Dumont (1856-1944), déjà présenté en janvier 2009.
Il n'y a point de hasard, disait Voltaire.
Mais pour accompagner cette image, c'est un extrait de "Le hasard et la nécessité" (1970), du biologiste Jacques Monod, que j'ai choisi.

C'est peut-être une utopie. Mais ce n'est pas un rêve incohérent. C'est une idée qui s'impose par la seule force de sa cohérence logique. C'est la conclusion à quoi mène nécessairement la recherche de l'authenticité. L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le royaume et les ténèbres.
TB1

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dimanche 19 mars 2023

Sir K.Williams - Morfa Conwy

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre gallois Sir Kyffin Williams (1918-2006), connu pour ses paysages puissants de la campagne du Pays de Galles, notamment ceux de son île natale d’Anglesey.
Engagé en 1937 dans l’armée britannique au sein du 6ᵉ bataillon des Royal Welch Fusiliers, il doit quitter la vie militaire en 1941 pour des raisons de santé, son épilepsie étant une conséquence d’une polioencéphalite. « My greatest fortune was that I was ordered to take up art for the good of my health. »
S.K.W. - Man and horse

Il intègre alors la Slade School of Fine Art à Londres, avant de devenir professeur d’art à la Highgate School en 1944, poste qu’il occupera jusqu’en 1973.
Figure majeure de la peinture galloise du XXᵉ siècle, Kyffin Williams a consacré l’essentiel de son œuvre aux paysages de son pays natal.
Sa manière de peindre, immédiatement reconnaissable – travaillée au couteau ou par larges touches de pinceau –, puise dans l’expressionnisme pour traduire la rudesse des reliefs, la force des éléments et la beauté austère des terres galloises.

BG1

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dimanche 12 mars 2023

L.M. - Portrait of space, Egypt (1937)
La veillée du dimanche. Au lendemain de la Journée internationale des droits de la femme, deux clichés de la photographe américaine Lee Miller (1907-1977), dont la vie traverse une grande partie de l’histoire artistique et politique du XXᵉ siècle.
À l'âge de 20 ans, elle est repérée par le groupe de presse Conde-Nast et pose pour Vogue comme mannequin, travaillant notamment avec Edward Steichen.
Deux ans plus tard elle quitte l'Amérique pour la France et rencontre Man Ray, dont elle devient l’assistante et la compagne, tout en poursuivant ses activités dans le mannequinat. À ses côtés, elle apprend les techniques photographiques du surréalisme, mais elle n’est pas une simple élève : elle prend rapidement en charge certaines commandes que Man Ray ne peut honorer, et plusieurs photographies publiées sous son nom sont aujourd’hui considérées comme ayant été réalisées par elle. Dans les milieux surréalistes qu’elle fréquente alors, elle se lie d’amitié avec Éluard, Picasso et Cocteau, pour qui elle joue le rôle de statue dans Le Sang d’un poète.

L.M. - Untitled (1930)
Après sa rupture avec Man Ray, elle poursuit seule son parcours. Au Caire, où elle séjourne au début des années 1930, elle réalise Portrait of Space, l’une de ses images les plus célèbres. De retour à Paris en 1937, elle retrouve ses amis surréalistes, photographie Picasso sous les traits du Minotaure, tandis que celui-ci réalise plusieurs portraits d’elle.
Elle épouse ensuite le peintre et poète Roland Penrose et s’installe à Londres, où elle reprend sa collaboration avec Vogue.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, accréditée comme correspondante de guerre pour l’armée américaine, elle photographie le Blitz le débarquement, la libération de Paris puis les camps de concentration. Ses images de cette période comptent parmi les témoignages les plus saisissants du conflit.
Son portrait le plus célèbre n’est pourtant pas une image de bataille : il est réalisé par David E. Scherman le 30 avril 1945, alors qu’elle prend un bain dans la baignoire d’Hitler, le jour même où celui-ci se suicide. Une photographie qui résume, à elle seule, le parcours d’une femme passée de modèle à témoin de l’Histoire.
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dimanche 5 mars 2023

Oksana Shachko

La veillée du dimanche. À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, deux œuvres de l’artiste ukrainienne Oksana Shachko (1987-2018), cofondatrice du mouvement Femen et peintre profondément marquée par l’art de l’icône orthodoxe.
Après plusieurs années d’engagement militant, elle s’éloigne progressivement de Femen à partir de 2013, en désaccord avec son fonctionnement interne, avant de quitter définitivement le mouvement en 2014.
Elle revient alors à sa première passion : la peinture. Installée à Paris dans une grande précarité, elle trouve refuge dans un petit studio à Montrouge et s’inscrit aux Beaux-Arts en 2017.
O. Shachko - Untitled

Enfant pieuse, fascinée par l’art sacré, Oksana est admise dès l’âge de huit ans à l’école d’iconographie de Nikosh, en Ukraine, normalement réservée aux adultes. Elle rêve alors de devenir religieuse, avant de prendre ses distances avec l’institution ecclésiastique tout en conservant une profonde fascination pour les icônes orthodoxes.
« Je voulais entrer au couvent, car j’adorais les icônes orthodoxes que je copiais passionnément. Mais en découvrant cette discipline, j’ai réalisé que c’était devenu un grand business, et que les prêtres étaient parfois plus des marchands que des hommes de Dieu. J’ai continué l’école d’iconographie, mais j’ai abandonné l’idée d’être nonne. »
Son œuvre reste profondément ancrée dans l’art de l’icône russe et byzantine, qu’elle détourne pour interroger le monde contemporain. Cette influence apparaît notamment dans La Trinité voilée ou dans sa réinterprétation de La Pêche miraculeuse, où elle dénonce le sort tragique des migrants en Méditerranée.
Les peintres d'icônes russes de l'ancienne Russie, avec une clarté et une force étonnantes, ont incarné dans leurs images et leurs couleurs ce qui remplissait leur âme : la vision d'une autre vérité de la vie et d'un autre sens du monde, écrivait le philosophe russe Evgueni Troubetzkoï (1863-1920)
Oksana Shachko s'est donnée la mort le 23 juillet 2018 dans son studio de Montrouge.

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samedi 4 mars 2023

Sohei Szincza - Contact (2017)
Une image et des mots. Une photographie du polonais Sohei Szincza (b.1969) et quelques mots d'Alain Badiou extraits de sa conversation avec Nicolas Truong, publiée chez Flammarion en 2009 dans la collection Café Voltaire sous le titre Éloge de l'amour.

Si, appuyé sur l'épaule de celle que j'aime, je vois, disons, la paix du soir sur un lieu montagnard, la prairie d'un vert doré, l'ombre des arbres, les moutons au museau noir immobiles derrière les haies et le soleil en train de s'absenter derrière les rochers, et que je sais, non par son visage, mais dans le monde même tel qu'il est, que celle que j'aime voit le même monde, et que cette identité fait partie du monde, et que l'amour est justement, en ce moment même, ce paradoxe d'une différence identique, alors l'amour existe et promet d'exister encore. [...] L'amour est toujours la possibilité d'assister à la naissance du monde.
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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...