In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 31 juillet 2011

N. de Staël - Bateaux rouges (1954)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres, choisies avec difficulté tant j'aime sa peinture, du peintre français d'origine russe Nicolas de Staël (1914-1955).
Formé à Bruxelles à l’Académie royale des beaux-arts, il s’installe en France à la fin des années 1930, traverse la guerre dans la misère et commence à exposer dès les années 1940.
Influencé par Cézanne, Braque et le cubisme, mais aussi par la peinture byzantine et les maîtres du clair-obscur, il s’éloigne rapidement de la figuration stricte pour développer un langage singulier : des formes compactes, souvent travaillées au couteau, et une matière dense organisée en aplats puissants.
La carrière de celui que Godard appelait "le peintre inégalé" ne dure qu'une quinzaine d'années, jusqu'à sa mort tragique en 1955. Dans ses lettres et ses notes, Staël défend une peinture qui échappe aux catégories :
N. de S. - Piano (1954)

"Les raisons pour lesquelles on aime ou l'on n'aime pas ma peinture m'importent peu parce que je fais quelque chose qui ne s'épluche pas, qui ne se démonte pas, qui vaut par ses accidents, que l'on accepte ou pas. [....] Ma peinture, je sais ce qu'elle est sous ses apparences, sa violence, ses perpétuels jeux de force, c'est une chose fragile, dans le sens du bon, du sublime." (Lettres et dessins). Sa peinture résiste en effet aux classifications trop nettes. Ni tout à fait abstraite ni tout à fait figurative, elle se situe dans un entre-deux tendu, fait de matière épaisse (l'impasto), de lumière et d’espace. Nicolas de Staël lui-même le formule très bien : 
"Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture doit être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace."
MK1

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dimanche 24 juillet 2011

S.K. - Newspaper man (1945)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du jeune Stanley Kubrick (1928-1999). Sa toute première photo publiée, vendue 25 $ au magazine Look alors qu'il n'a que 17 ans, marque le début d'une collaboration régulière avec la revue. Cette expérience, menée sur plusieurs années, contribue à former très tôt son regard de futur cinéaste.

S.K. - Life and love on the NYC subway
(1946)
Parmi ses travaux les plus remarqués de cette période figure une série réalisée en 1949 à l’Université du Michigan, consacrée à la vie quotidienne des étudiants. Ce travail met déjà en évidence son habileté à composer des cadres et à utiliser la lumière : des qualités qui plus tard caractériseront son cinéma. The rest, as the British say, is history.
JB2

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samedi 23 juillet 2011

Mike Jeffries - Glasgow evening

Une image et des mots. Un tableau de l'anglais Mike Jeffries (b.1939), et quelques mots de Jacques Chardonne, extraits de Vivre à Madère (1953).

Des tramways passent, presque sans bruit ; on entend à peine un doux cliquetis, une plaintive résonance de cristal frôlé, légères vibrations de la ville nocturne, pareille au remue-ménage étouffé d'un orchestre qui accorde ses instruments, tandis que des ombres humaines s'en vont au bord des maisons, sur des nappes de lumière.

JO1

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dimanche 17 juillet 2011

M. Greene - Marilyn Monroe, LA (1954)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe de mode américain Milton Greene (1922-1985). Né à New York, il commence la photographie dès l’adolescence et est rapidement remarqué comme un talent précoce de la couleur. Admis à l’Institut Pratt, il choisit pourtant de se former sur le terrain, auprès de photographes comme Eliot Elisofon et Louise Dahl-Wolfe, qui affinent son sens de la composition et de l’image de mode.

M.G. - Juliette Gréco (1960)
Dans les années 1940 et 1950, il s’impose dans la photographie de mode, collaborant avec des magazines tels que Harper's Bazaar et Vogue.
Mais sa carrière prend une autre dimension en 1953, lorsqu’il rencontre Marilyn Monroe : leur collaboration donnera lieu à une cinquantaine de séances et plus de 5 000 images, parmi lesquelles les célèbres séries Ballerina et Black sitting, qui contribuent à façonner son statut d’icône de la photo de portrait. Une photographie, disait-il, n'est pas juste une image. C'est une histoire.
NH1

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dimanche 10 juillet 2011

A. Bilinska - Unter den Linden (1890)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de la polonaise Anna Bilinska-Bohdanowicz (1854-1893), reconnue pour l'expressivité de ses portraits et son style influencé par le réalisme académique
Elle étudie à l’Académie Julian à Paris, alors l’un des rares lieux ouverts aux femmes artistes, où elle suit notamment l’enseignement de Bouguereau et de Robert-Fleury.
A. B. - Autoportrait (1887)

Voici deux de ses oeuvres majeures : Unter den Linden, vue lumineuse de la célèbre avenue berlinoise au nom si poétique, et son Autoportrait au tablier et aux pinceaux, où elle se représente dans une posture simple, presque sans apprêt. Anna Bilinska y exprime toute la conscience qu'elle avait de son talent en même temps que sa liberté à l'égard des conventions de son époque.
Pionnière dans un milieu artistique encore dominé par les hommes, elle a marqué l’histoire de la peinture polonaise et européenne.
CC1

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dimanche 3 juillet 2011

A. Genthe - San Francisco earthquake (1906)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du photographe américain, d'origine allemande, Arnold Genthe (1869-1942), dont l'ensemble de l'oeuvre est conservé à la Bibliothèque du Congrès américain.
De tous les clichés qu'il a pris du tremblement de terre de San Francisco - le Friscoquake du 18 avril 1906 -, je n'ai pas choisi celui qui est sans doute le plus célèbre, Looking down Sacramento Street, ICI.
A.G. - Flore Revalles (1918)

Ce qui frappe ici n’est pas tant l’étendue des ruines fumantes que l’attitude du groupe d’hommes et de femmes au premier plan : certains sont commodément adossés à un talus comme pour assister à un spectacle, d’autres, en tenue élégante, sourient presque pour la postérité, le dos tourné à la catastrophe qui a détruit la ville, causé des milliers de morts, et laissé des centaines de milliers d’habitants sans abri. Ecce homo...
Pour la seconde image, plutôt que le beau portrait de Jack London, j'ai choisi celui-ci de la chanteuse et danseuse Flore Revalles, qui fit carrière à Broadway avant de revenir finir sa vie dans sa Suisse natale. Pour l'attitude et la mise non apprêtées qui le rendent intemporel...
BN1

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samedi 2 juillet 2011

Caravage - Saint François en prière (c.1606)
Une image et des mots. Un chef-d'oeuvre du Caravage, "Saint François en prière" (c.1606).
Les mots qui l'accompagnent sont d'un autre italien illustre, Eugenio Montale (1896-1981), couronné par le prix Nobel de littérature en 1975.

J'aurais voulu me sentir épuré, essentiel,
comme les galets que tu roules,
mangés par le sel;
éclat hors du temps, témoin
d'une volonté froide qui ne passe pas.
Je fus autre: homme attentif qui regarde
en lui-même, en autrui, l'effervescence
de la vie fugace - homme qui tarde
à l'acte, que nul, ensuite, ne détruit.
J'ai voulu chercher le mal
qui ronge le monde, la menue torsion
d'un levier qui bloque
le mécanisme universel; et j'ai vu tous ensemble
les événements de la minute comme prêts à se disjoindre dans une secousse.
PT3
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NS2 ICI