In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 28 juin 2026

Dod Procter - The golden girl (c.1929)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste anglaise Dod Procter (1890–1972), figure discrète mais essentielle de la Newlyn School et l’une des artistes britanniques les plus reconnues de l’entre-deux-guerres. Née Doris Shaw à Hampstead, Londres, elle s’installe à 15 ans à Newlyn avec sa mère et son frère pour étudier à la Forbes School of Art, où elle partage la maison Myrtle Cottage avec sa cousine Cicely Jesse et l’artiste Tennyson Jesse. C'est là qu'elle rencontre Ernest Procter, futur mari et compagnon d’atelier et de voyages, avec qui elle se fait remarquer parmi les élèves les plus prometteurs de Stanhope Forbes.

Dod Procter - Morning (1926)
En 1910 et 1911, Dod et Ernest se rendent à Paris pour se former à l’Atelier Colarossi.
Là, ils découvrent l’Impressionnisme et le Postimpressionnisme, et rencontrent les oeuvres de Renoir et Cézanne. Le couple se marie en 1912 à l’église Paul Church, poursuivant à deux une pratique où intimité et observation du quotidien se répondent avec délicate discrétion.
Dans les années 1920, Dod Procter s’oriente vers une peinture plus épurée.
Ses modèles – souvent des jeunes femmes, parfois des enfants – apparaissent dans une lumière douce et pleine, sans décor superflu. Il me semble qu’on y devine Renoir dans la douceur des couleurs, tout en conservant quelque chose de très anglais dans la retenue. En 1927, son tableau Morning  - portrait sensuel de la fille d'un pêcheur de Newlyn -, remporte un succès immense à la Royal Academy, au point d’être acquis par la Tate : une jeune femme allongée, les yeux mi-clos, dans un silence presque tangible. C’est sans doute son œuvre la plus célèbre.
 © Veilleur de Nuit – 2026
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samedi 27 juin 2026

Anon. - Hambourg (1936)
Une image et des mots. « Sapere aude » – « ose savoir ».
Cette formule, reprise par Kant et devenue la devise des Lumières, est une invitation à penser par soi-même, à avoir le courage de se servir de sa propre raison.
Pour accompagner ce cliché pris le 13 juin 1936 à Hambourg, lors d'un rassemblement au chantier naval Blohm & Voss, où l’ouvrier August Landmesser, seul, reste les bras croisés au milieu d’une foule qui fait le salut nazi, voici quelques lignes de Thoreau, extraites de Walden ou la Vie dans les bois (1854).

« Si un homme ne marche pas au pas de ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend un autre tambour. Qu'il marche au son de la musique qu'il entend, quelle qu'elle soit, aussi mesurée ou lointaine qu'elle puisse être. »
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dimanche 21 juin 2026

T.B.K. - Reading by a window (1900)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Thomas Benjamin Kennington (1856-1916), déjà présenté en novembre 2021. Si son nom reste souvent associé à ses grandes compositions consacrées à la pauvreté de l'Angleterre victorienne, son œuvre ne s'y réduit pas. Il peint aussi une certaine idée des valeurs de son temps.
 
T.B. Kennington - Babies' beach
Comme beaucoup de peintres du XIXᵉ siècle, Kennington est aussi un peintre narratif : chacun de ses tableaux raconte une histoire, qu'elle soit liée aux réalités sociales, à la vie familiale ou aux moments les plus ordinaires de l'existence. Ces deux nouvelles œuvres nous montrent une autre dimension de son œuvre, plus paisible, où il s'intéresse aux gestes familiers et aux scènes de la vie quotidienne.
 © Veilleur de Nuit – 2026
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dimanche 14 juin 2026

Max Yavno - The Heiress (1949)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Max Yavno (1911-1985). Né à New York, Yavno commence sa carrière dans la photographie commerciale avant de développer un travail plus personnel. Membre de la Photo League dans les années 1940, il partage avec ce groupe une conception de la photographie attentive à la société et aux moments ordinaires de la vie. Installé en Californie après la Seconde Guerre mondiale, il photographie Los Angeles et ses habitants au moment où la ville connaît de profondes transformations. Mais son regard ne se limite pas aux rues et aux architectures : il s’intéresse aux signes qui racontent une époque, aux lieux où se rencontrent les individus, les images et les rêves collectifs.

M.Y. - High School Beach (1947)
Avec The Heiress, il saisit une nuit hollywoodienne presque théâtrale : la foule rassemblée devant un cinéma, l’immense affiche du film de Wyler, les faisceaux lumineux des projecteurs qui trouent le ciel nocturne. Dans High School Beach, il observe une autre facette de la Californie, celle de la jeunesse et des loisirs.
Deux images où Yavno montre, davantage que de simples situations, des moments où une société se met elle-même en scène.
 © Veilleur de Nuit – 2026
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dimanche 7 juin 2026

F. Porter - Interior with roses (1955)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Fairfield Porter (1907-1975), figure discrète mais essentielle de la peinture figurative du XXᵉ siècle. Né dans une famille d’artistes et d’écrivains, il étudie à Harvard puis à l’Art Students League de New York, avant de s’installer entre Southampton et l’île de Great Spruce Head, dans le Maine. Porter forge peu à peu une vision très personnelle – à la croisée du réalisme et de l’abstraction gestuelle chère à l'école de New York. Influencé par Bonnard et Vuillard autant que par ses amis Willem et Elaine de Kooning, il reste volontairement figuratif dans une époque dominée par l’expressionnisme abstrait. Ses tableaux montrent ce qu’il connaît le mieux : sa maison, sa famille, ses amis, les paysages du littoral.
F.P. - Clothesline (1958)

Porter peint sans effet des scènes où la lumière adoucit tout – une table, une fenêtre ouverte, un coin de jardin. Rien n’est spectaculaire ; tout est apaisé, et paraît vu avec gratitude. Ce que j’aime dans sa peinture, c’est ce mélange d’attention et de détachement : il regarde le quotidien sans le charger de symboles, mais il en révèle la paisible beauté.
« Fais que tout soit plus beau », disait Renoir à Bonnard ; Porter semble avoir pris ce conseil à la lettre.
 © Veilleur de Nuit – 2026
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samedi 6 juin 2026

Peter Turnley - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazarus, extraits de son poème The New Colossus (1883).

"Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,
I lift my lamp beside the golden door!"
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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...