In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 29 avril 2018

A. K. - Bouleaux au bord de la rivière (19e)

La veillée du dimanche. Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Prague auprès de Julius Marák, il complète sa formation en Autriche et en Allemagne, où il découvre notamment le naturalisme et l'impressionnisme.
De retour à Prague, il fonde en 1907 une école d’art qui influencera profondément la jeune génération tchèque et participe à la création de l’Association des Artistes Moraves.

A.K. - La maison bleue
De retour à Prague, il fonde en 1907 une école d’art et participe à la création de l’Association des Artistes Moraves. Il compte parmi les principaux paysagistes tchèques du tournant du XXᵉ siècle et contribue à faire connaître l’impressionnisme en Bohême. Très tôt, il s’attache aux paysages de Bohême centrale, qu’il peint au fil des saisons et des changements de lumière. Ses toiles mêlent observation fidèle et sensibilité poétique : chaumières paysannes, récoltes, étangs et cours d’eau composent des paysages forestiers où règnent une sérénité et une douceur qui évoquent cette campagne « aimable » dont Jules Renard disait qu’elle se prêtait à toutes les divagations du rêve.
 © Veilleur de Nuit – 2018

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dimanche 22 avril 2018

P. Nozolino - série Loaded shine
(2008-2013)
La veillée du dimanche. Deux clichés du portugais Paulo Nozolino (b.1955), à l’occasion de la clôture de son exposition, hier, à la galerie des Filles du Calvaire, à Paris. Né à Lisbonne, il commence très jeune à photographier avant de s’installer à Londres, où il étudie au London College of Printing au début des années 1970.
Il voyage ensuite beaucoup, notamment au Moyen-Orient, aux États-Unis et en Europe, et construit peu à peu une œuvre en noir et blanc, toujours réalisée en argentique et à la chambre. Ruines, visages, intérieurs vides, fragments de paysages : ses photographies sont souvent sombres, dépouillées, comme si le monde y apparaissait débarrassé de tout ce qui pourrait le rendre rassurant.

P.N. - Night ride, Lisboa (1981)
J'ai découvert ce photographe un peu par hasard, par l'image romanesque d'une main féminine qui tient une cigarette à la fenêtre d'un train. Cette photographie m’a donné envie d’aller voir plus loin, dans une œuvre que je connais encore mal et sur laquelle je reviendrai sans doute. Paulo Nozolino regarde le monde sans complaisance. « Il n'y a pas de paix quand on cherche l'absolu », dit-il.
© Veilleur de Nuit – 2018
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samedi 21 avril 2018

Louis Dalrymple - The fool and his money (1896)

Une image et des mots. L'illustration est du dessinateur de presse américain Louis Dalrymple (1866-1905), qui diffusait ses caricatures parfois osées dans Puck ou dans Judge, avant de devenir l'illustrateur en chef du Daily Graphic à New York, puis de finir sa vie dans un asile.
Pour aller avec, voici quelques lignes du roman de Dostoïevski, Les frères Karamazov (1880).

À l'heure actuelle, chacun s'efforce de goûter la plénitude de la vie en s'éloignant de ses semblables et en recherchant son bonheur individuel. [.....] L'homme amasse des biens dans la solitude et se réjouit de la puissance des biens qu'il croit acquérir, se disant que ses jours sont désormais assurés. Il s'habitue [.....] à ne compter que sur lui-même, ne croit plus à l'entraide, oublie, dans sa solitude, les vraies lois de l'humanité, et en vient finalement chaque jour à trembler pour son argent, dont la perte le priverait de tout.

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dimanche 15 avril 2018

Reuven Rubin - Pêcheur (n/d)

La veillée du dimanche. Deux nouvelles œuvres du peintre Reuven Rubin (1893-1974), déjà présenté ici en novembre 2017. Originaire de Roumanie, il s’installe en Palestine en 1912, étudie l’art à Jérusalem puis à Paris, et compte parmi les pionniers de l’art israélien moderne. Ses débuts portent la marque du postimpressionnisme européen, mais il trouve rapidement une manière plus personnelle de peindre, où la lumière méditerranéenne, les formes simplifiées et les sujets locaux occupent une place essentielle.
Reuven Rubin
La Madonne des vagabonds (1922)

Dans les années 1920, Rubin participe au mouvement d’Eretz-Israel, qui réunit des artistes désireux de faire naître une expression artistique propre au pays, inspirée de ses paysages et de ceux qui y vivent. Paysans, musiciens, scènes villageoises ou figures bibliques deviennent ainsi les personnages d’une peinture où se rencontrent ses souvenirs de l’Europe et ce qu’il découvre en Palestine. C’est peut-être ce qui me plaît chez Rubin : cette façon de peindre un pays qui est encore en train de se construire, avec des formes simples et des couleurs lumineuses. Ses tableaux ont quelque chose de naïf et de très moderne à la fois, et sont devenus indissociables de l’image que l’on se fait des débuts de la peinture israélienne.
 © Veilleur de Nuit – 2018

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samedi 7 avril 2018

Richard Peter - Dresde (1945)
Une image et des mots. Par le photojournaliste allemand Richard Peter (1895-1977), une vue de Dresde après les bombardements alliés de 1945. La statue de Peter Pöppelmann, Allégorie de la bonté, surplombe les toits de l'hôtel de ville.
Pour aller avec, un extrait des Leçons de bonnes manières à destination d'un gentleman, par la baronne Nadine de Rothschild :

- En pénétrant dans un salon, faites-vous présenter à la maîtresse et au maître de maison, ou alors présentez-vous vous-même en déclinant vos nom et prénom.
- Pas de main dans les poches.
- Ne soyez pas le premier à tendre la main à une jeune fille ou à un adulte, homme ou femme. Inclinez vous légèrement en prenant la main que l'on vous tend.
- Ne vous asseyez pas le premier. Attendez que toutes les femmes soient assises pour prendre place. Si une lady se lève de la table où vous êtes assis, levez-vous également. De même à son retour parmi vous. Levez-vous chaque fois qu'une femme entre dans la pièce.
- À la table familiale, ne vous asseyez pas avant vos parents ou grand-parents. Vos aînés apprécieront le gentleman que vous êtes devenu.
- Quand une jeune lady prend place à votre table, tirez sa chaise puis rapprochez-la au moment où elle s'assied.
- Dans un salon, n'échangez jamais votre carte de visite avec une jeune femme. Chacun de vous inscrit le nom et les coordonnées de l'autre dans son agenda.
- Dans un lieu public ou lors d'une rencontre professionnelle, l'échange de carte de visite est autorisé.
- Être un gentleman suppose d'écrire ou d'appeler la jeune femme en premier. Mesdemoiselles, ce n'est pas votre rôle.
- Lorsqu'une jeune lady vient vous saluer, vous vous levez immédiatement. Ne faites jamais de baisemain à une jeune femme non mariée
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dimanche 1 avril 2018

H.M. - Les poissons rouges (1911)

La veillée du dimanche. Deux œuvres d'Henri Matisse (1869-1954), l’un des grands peintres du XXᵉ siècle et chef de file du fauvisme.
Né au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France, il ne se destine pas d’abord à la peinture : c’est en 1890, pendant une longue convalescence, qu’il découvre sa vocation. Élève de Gustave Moreau à Paris, il expose en 1905 au Salon d’Automne avec André Derain et Maurice de Vlaminck. Leurs toiles aux couleurs pures, posées en larges aplats, font scandale et valent aux trois peintres le surnom de « fauves ».

H. M. - Femme assise (1922)
Matisse ne cessera ensuite d’explorer les possibilités de la couleur et de la simplification des formes. Des natures mortes et portraits de ses débuts aux intérieurs lumineux de Nice, de la sculpture aux célèbres gouaches découpées de la fin de sa vie, il cherche toujours à aller à l’essentiel. Son influence sur l’art moderne est considérable, notamment aux États-Unis, de 1'École de New York à Rothko, Warhol ou Lichtenstein.  Le présenter en quelques lignes est évidemment bien difficile.
Mais si Picasso incarne souvent l’artiste de la rupture, Matisse serait plutôt, à mes yeux, celui de la continuité : il avance sans cesse, mais sans jamais perdre de vue ce qu’il cherche depuis le début. « Un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité ». Et c’est peut-être ce qui me plaît le plus chez lui : cette impression que l’art peut être à la fois simple et savant, exigeant et léger.
Ses tableaux, lumineux et sereins, témoignent de cette quête d’un bonheur possible par la peinture.
 © Veilleur de Nuit – 2018

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