In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 24 février 2013

Thomas Eakins - Untitled (1910)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et photographe Thomas Eakins (1844-1916), figure majeure du réalisme américain à la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
Parallèlement à ses études à l’Académie des beaux-arts de Pennsylvanie, il suit des cours d’anatomie à l’école de médecine. 
Th.E - Maud Cook (1895)

Admis aux Beaux-Arts de Paris, il travaille de 1866 à 1868 dans les ateliers de Jean-Léon Gérôme et de Léon Bonnat, avant de séjourner quelque temps à Pont-Aven puis de voyager en Espagne.
De retour aux États-Unis, il enseigne de 1882 à 1886 à l’Académie de Pennsylvanie, où il cherche à faire de l’enseignement artistique un lieu d’expérimentation et d'innovation artistique. Mais ses méthodes, notamment après avoir intégré des femmes à des cours d’anatomie masculine. sont jugées trop radicales ; elle lui valent finalement de devoir démissionner.
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dimanche 17 février 2013

J. Beckwith  - Young woman bathing
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du portraitiste et peintre de genre américain James Carroll Beckwith (1852-1917). Après avoir étudié à la Chicago Academy of Design puis à la National Academy of Design à New York, il passe cinq ans à Paris, où il partage un atelier avec John Singer Sargent et suit l’enseignement de Carolus-Duran, dont il devient l’assistant. Il appartient à cette génération d’artistes américains marqués par l’influence de l’impressionnisme et des grands portraitistes européens.
J.B - The letter (1910)

Je me souviens l'avoir découvert avec son portrait d'un de mes auteurs favoris, Mark Twain ; une image qui correspond parfaitement à l’idée que je me faisais de l’écrivain, à la fois brillant et farceur…
Il y a aussi deux autres toiles de Beckwith que j'aime beaucoup, "A wistful look" et "The old pier glass". Mais pour aujourd'hui j'ai choisi deux tableaux qui illustrent ces deux moments éminemment intimes qu'affectionnent les peintres : la toilette féminine et la lecture d'un courrier.
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samedi 16 février 2013

Hal Morey - Grand Central Terminal (1929)
Une image et des mots. Voici pour son centenaire un beau cliché du Grand Central Terminal, un des édifices les plus remarquables de New York, conçu par les cabinets d'architectes Reed & Stem et Warren & Wetmore, et ouvert en février 1913.
Les mots pour l'accompagner sont d'Antoine Blondin, extraits de L'humeur vagabonde.

Un jour nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n'auront plus de secrets pour nous. Un jour nous prendrons des trains qui partent.

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dimanche 10 février 2013

V. Serov -  Olga Serova (1889)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du russe Valentin Serov (1865-1911), figure majeure de la peinture de cour dans la Russie impériale.
Deux hommes ont particulièrement marqué sa vie et sa carrière : le grand Ilya Repin, dont il fut l’élève dès l’enfance lorsque Serov et sa mère s’installent à Paris, et le mécène Saava Mamontov, surnommé « Saava le Magnifique » en référence aux Médicis, sur la vie de qui il faudrait écrire un livre ou réaliser un film.

V.S. - M.F. Mamontova
(1884)
On y croiserait Chaliapine, Tchaikovsky, Moussorsky, Rimsky-Korsakov et bien d'autres qui sans lui auraient dû renoncer à plusieurs de leurs créations...
Choisir deux oeuvres de Serov n'a pas été simple : la célèbre "Jeune fille aux pêches" (1887), portrait de la fille de Mamontov, Vera, alors âgée de douze ans ; le nu d’Ida Rubinstein (1910), saisissant par sa modernité de trait et de couleur ; ou encore les portraits de proches, comme celui de sa femme Olga.
Il fallait trancher. À côté de ce beau portrait au regard baissé de son épouse, j'ai finalement choisi de présenter ce dessin à la mine de plomb de Maria Fedorovna Mamontova, nièce de Saava le Magnifique, en amazone.
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dimanche 3 février 2013

S. Salgado - Serra Pelada, Brésil (1986)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe brésilien Sebastiao Salgado (b.1944), récemment élu à l'Académie des Beaux-Arts où il succède à Lucien Clergue (voir nov. 2014).
Formé à l’économie, il travaille d’abord à la Banque mondiale avant de se tourner vers la photographie dans les années 1970. Installé à Paris, il collabore successivement avec Sygma, Gamma puis Magnum Photos, avant de cofonder en 1994 avec son épouse Lélia Wanick Salgado l’agence Amazonas Images.
Son œuvre s’organise autour de grands ensembles :
La Main de l’homme (1993), sur les conditions de travail, Exodes (2000), consacré aux migrations forcées, et Genesis (2013), sur la beauté et la fragilité du monde. Les deux images présentées ici en sont issues.

S.S. - Xingu, Mato Grosso (2005)
La première montre une mine d’or à ciel ouvert dans l’État du Pará, près de l’embouchure de l’Amazone. La seconde donne à voir ceux qui vivent dans l’ombre de cette ruée vers l’or, sur un territoire bouleversé et dévasté. Le film Le Sel de la terre, coréalisé en 2013 par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, retrace ce parcours.
À une autre échelle, ces images font écho à une réflexion ancienne sur notre rapport au monde naturel : dès 1962, sous le nom de plume de Lewis Herber, Murray Bookchin écrivait dans Our synthetic environment que « l’homme exploite la terre qui le nourrit comme un parasite jusqu’à épuiser son hôte ».
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samedi 2 février 2013

  
John Tenniel - Alice's Adventures in Wonderland (1865)
Une image et des mots.
L'image, c'est une des 42 illustrations de l'édition originale d'Alice au Pays des Merveilles (1865), chez MacMillan & Co, par le caricaturiste John Tenniel.

- Avec qui causez-vous donc là, dit le Roi, s'approchant d'Alice et regardant avec une extrême curiosité la tête du Chat.
- C'est un de mes amis, Grimaçon, dit Alice, permettez-moi de vous le présenter.
- Sa mine ne me plaît pas du tout, dit le Roi, pourtant il peut me baiser la main, si cela lui fait plaisir.
- Non, grand merci, dit le Chat.
- Ne faites pas l'impertinent, dit le Roi, et ne me regardez pas ainsi! Il s'était mis derrière Alice en disant ces mots.
- Un chat peut bien regarder un roi, dit Alice. J'ai lu quelque chose comme cela dans un livre mais je ne me rappelle pas où.
- Eh bien il faut le faire enlever, dit le Roi d'un ton très décidé; et il cria à la Reine qui passait à ce moment. Mon amie, je désirerais que vous fissiez enlever ce chat!
- La Reine n'avait qu'une seule manière de trancher les difficultés, petites ou grandes: Qu'on lui coupe la tête! dit-elle sans même se retourner.
- Je vais moi-même chercher le bourreau, dit le Roi avec empressement; et il s'en alla précipitamment.


Voici d'autres mots pour accompagner ce billet, extraits d'une des lettres (Lettre XLIV) adressées par Sénèque à Lucilius, alors gouverneur de Sicile.

"Nous avons tous même nombre d'aïeux; notre origine à tous remonte plus loin que la mémoire des hommes. Point de roi, dit Platon, qui n'ait des esclaves pour ancêtres; point d'esclave qui ne sorte du sang des rois.
Une longue suite de révolutions a brouillé tout cela, et le sort a bouleversé les rangs. Quel est le vrai noble? Celui que la nature a bien préparé pour la vertu. Voilà le seul titre à considérer. [.....] Un vestibule rempli de portraits enfumés ne fait pas la noblesse."


Ce que Montaigne, dans ses Essais, résumera quinze siècles plus tard par cette formule définitive :"Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul."
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