In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 28 février 2010

J.G.M. - Listening at the door (1866)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre allemand Johann Georg Meyer von Bremen (1813-1886), figure importante de la peinture de genre du XIXe siècle. Formé à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, il appartient à cette école réputée pour son goût du réalisme minutieux et des scènes de la vie quotidienne. Héritière du romantisme allemand, elle exercera une influence durable jusque sur les peintres américains de la Hudson River.
J.G.M. - Sleeping beauty
(1867)

Sans appartenir pleinement à la période canonique du Biedermeier (1815–1848), Meyer von Bremen en prolonge clairement l’esprit.
Après s'être d'abord consacré aux sujets religieux, il se tourne vers des scènes domestiques peintes avec beaucoup d’empathie.
Par le choix de ses thèmes comme par un style proche de celui de Carl Spitzweg ou de Ferdinand Georg Waldmüller, il incarne cette esthétique du quotidien idéalisé, portée par une vision apaisée et souvent morale du monde.

BP1

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samedi 27 février 2010

Ernest Brooks
Une image et des mots.
Depuis six mille ans la guerre plait aux peuples querelleurs, et Dieu perd son temps à faire les étoiles et les fleurs, écrivait Victor Hugo dans Les Châtiments (1853), où il illustre la dualité tragique entre la beauté du monde et la violence des hommes. 
Le cliché est de Ernest Brooks (1878-1957), premier photographe officiel de guerre du Royaume-Uni pendant la Grande Guerre ; et les mots que j'ai choisis pour l'accompagner sont un extrait de Sur l'eau, de Maupassant, un récit de voyage publié en 1888.

Les petits lignards qui courent là-bas sont destinés à la mort comme les troupeaux que pousse un boucher sur les routes. Ils iront tomber dans une plaine, la tête fendue d’un coup de sabre ou la poitrine trouée d’une balle ; et ce sont des jeunes gens qui pourraient travailler, produire, être utiles. Leurs pères sont vieux et pauvres ; leurs mères qui, pendant vingt ans, les ont aimés, adorés comme adorent les mères, apprendront, dans six mois ou un an peut-être, que le fils, que l’enfant, le grand enfant élevé avec tant de peine, avec tant d’argent, avec tant d’amour, fut jeté dans un trou comme un chien crevé... [...] Les hommes de guerre sont les fléaux du monde. Nous luttons contre la nature, l’ignorance, contre les obstacles de toute sorte, pour rendre moins dure notre misérable vie. Des hommes, des bienfaiteurs, des savants usent leur existence à travailler, à chercher ce qui peut aider, ce qui peut secourir, ce qui peut soulager leurs frères. [...] La guerre arrive. En six mois les généraux ont détruit vingt ans d'efforts, de patience, et de génie.
DS1

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dimanche 21 février 2010

J.B. & H.R. - Le repos
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625) et de Hans Rottenhammer (1564-1625), qui unirent ici leurs talents. Fils de Pieter Brueghel l’Ancien, Jan Brueghel était célèbre pour ses paysages minutieusement détaillés, ses scènes naturalistes et sa lumière très claire. Rottenhammer, profondément marqué par son séjour en Italie, s’était quant à lui spécialisé dans les petites peintures sur cuivre et les compositions maniéristes inspirées de l’esthétique classique.

J.B.(II) & H.R. - Paysage d'hiver
Il excellait particulièrement dans la représentation des figures humaines, auxquelles il conférait une grâce et une finesse héritées de la tradition italienne, comme on le voit dans ce Repos pendant la fuite en Égypte. Leur collaboration reposait sur une répartition simple des tâches : Brueghel peignait les paysages, Rottenhammer les personnages. Le résultat est sublime.

TW3

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dimanche 14 février 2010

H.P. Robinson - The Valentine (1885)
Le vide-grenier du dimanche. En ce 14 février, deux clichés du photographe anglais Henry Peach Robinson (1830-1901). Figure de proue du mouvement pictorialiste, il fut un pionnier de la "photographie combinée", un procédé précurseur du photomontage qui consistait à assembler plusieurs négatifs pour obtenir une seule image.
Cette méthode lui permettait d'élaborer des scènes - souvent inspirées de la littérature -, avec une maîtrise unique de la composition et de la lumière.
D'abord peintre, Robinson s'intéresse à la photographie après 1852 et ouvre un studio en 1855 à Leamington Spa. Son travail est marqué par l'esthétique préraphaélites, par l'influence de John Ruskin, mais aussi - comme il l'écrit dans sa correspondance - par l'oeuvre de Turner.

H.P.R. - Wayside gossip (1880)
En 1892, il cofonde le groupe Linked Ring, qui défend la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière.
Ses membres, malgré des sensibilités diverses, rejettent une approche purement technique de la photographie et veulent en promouvoir les possibilités artistiques.
Le groupe accueille bientôt plusieurs grandes figures internationales comme Edward SteichenAlfred StieglitzGertrude Käsebier ou Clarence H. White, dont certains joueront ensuite un rôle important dans la fondation de la Photo-Secession aux États-Unis.
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dimanche 7 février 2010

A.L. - The Tron Steeple, Glasgow (1927)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'écossais Andrew Law (1873-1967). Une bourse de la Glasgow School of Art, où il suit l'enseignement de Francis Newbery, lui permet en 1896 de passer six mois à Paris pour étudier à l'académie Delécluse, et suivre les cours de l'américain Robert Henri, lui-même élève de Bouguereau.

A.L. - Waterloo Street, Kilmarnock
Portraitiste réputé, travaillant souvent sur commande, Andrew Law a aussi beaucoup peint les rues et les environs de Kilmarnock, petite ville du nord-ouest de l’Écosse où il a grandi avant d’étudier à la Glasgow School of Art. Discret et peu soucieux de notoriété – « one of Scotland’s unsung heroes of the art world » –, il expose rarement hors de Glasgow. Moins audacieux que certains de ses contemporains modernistes, il reste attaché à une peinture très attentive aux visages, aux attitudes et aux codes sociaux de son époque.
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samedi 6 février 2010

Aitor Lara - Sans titre
Une image et des mots. Le cliché est du photographe philosophe espagnol Aitor Lara (b.1974), et les mots sont extraits de la Biologie de l'amour (1985) du psychiatre Marcel Schwob.

"Une fois passée la phase d'excitation due aux catécholamines du "choc amoureux" (le coup de foudre), le cerveau émotionnel s'installe dans un état que l'on pourrait qualifier d'euphorie-dépendance.
En effet, cette phase correspond pour la personne amoureuse à la présence de l'autre ; à elle seule, elle suffit à donner une joie intérieure, tout à fait différente de l'excitation amoureuse initiale, faite de calme et de sérénité. Mais cette présence, de suffisante, devient peu à peu nécessaire, puis indispensable. L'absence de l'être aimé crée un état d'angoisse que seul son retour apaise. [.....] Il faut se rappeler que le système limbique, avec en son sein le septum, centre de l'orgasme, fonctionne en grande partie avec des morphines endogènes. 
Ces endorphines qui voient leur sécrétion accrue lors de l'état amoureux, grâce à la stimulation du système de plaisir, entraînent la sensation d'euphorie ressentie par la personne qui a trouvé l' "élu de son coeur". Saturant les circuits nerveux du système limbique, elles imprègnent de bonheur toute la vie affective de la personne."
TC1

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