In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 27 février 2011

J.J. - Southwark, London (1930)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe britannique James Jarché (1891-1965), pionnier de la photographie de presse moderne et l’une des grandes figures du Fleet Street de l’entre-deux-guerres.
Issu d’une famille française installée à Londres, il découvre très tôt la photographie auprès de son père, lui-même photographe, et commence à travailler pour la presse au début du XXᵉ siècle. En 1911, alors qu’il est encore très jeune, il photographie le célèbre siège de Sidney Street, l’un des faits divers les plus spectaculaires de Londres. Il travaille ensuite pour plusieurs grands journaux, notamment le Daily Sketch et le Daily Herald.
J.J. - By the Serpentine (1923)

Jarché couvre pendant des décennies les événements, les personnalités, le sport, les faits divers, mais aussi la vie quotidienne des Londoniens.
Dans les années 1930, il adopte le Leica 35 mm, encore regardé avec méfiance par nombre de photographes de presse habitués à travailler à la chambre. Cette liberté nouvelle, jointe à un remarquable instinct du moment, participe de ces audaces qui font de lui un pionnier du photojournalisme moderne.
Pour le présenter ici, j’ai choisi deux images qui ne sont sans doute pas les plus spectaculaires de son œuvre. Deux scènes de rue, deux moments saisis au passage : l’une attendrit, l’autre amuse. Mais dans les deux, Jarché saisit quelque chose de l’enchantement de l’enfance : cette capacité à jouer avec le peu que l’on a – et parfois avec rien –, à inventer ses propres moments de liberté et de joie.

EC2
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dimanche 20 février 2011

J. Sloan - A woman's work (1912)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur américain John Sloan (1871-1951), l’une des grandes figures du du réalisme américain et membre de la Ash Can School.
Avec Robert Henri, George Luks ou Everett Shinn, il fait aussi partie du groupe The Eight, qui expose en 1908 pour s’opposer au conservatisme des institutions artistiques américaines.
Né en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie dans une famille modeste. Après la maladie mentale de son père, il doit très tôt travailler et quitte l’école à seize ans. Employé dans une librairie, il y découvre Dürer, Rembrandt et la gravure ancienne. Il devient ensuite illustrateur de presse tout en suivant les cours du soir de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre Robert Henri, qui deviendra son mentor.

J.S. - McSorley's (1912)
En 1904, Sloan s’installe à New York, à Greenwich Village. Il y peint les bars, les ferries, les toits, les arrière-cours, les foules anonymes, les femmes à leur fenêtre, les ouvriers, les petits commerces : toute une vie new-yorkaise qu’il observe souvent depuis son atelier. Ce tableau, d’après son journal, a ainsi été peint depuis la fenêtre sur cour de son appartement d’East 22nd Street. John Sloan ne cherche ni à dénoncer ni à embellir. Ce qui l’intéresse, ce sont les habitudes, les gestes, les petits théâtres quotidiens de la ville moderne.
« Je voyais la vie quotidienne des gens, et j’y choisissais des fragments de joie », disait-il.
Le second tableau représente McSorley's Old Ale House, le plus ancien pub irlandais de New York, où Sloan retrouve cette humanité populaire qu’il n’a cessé de peindre : les habitudes, les conversations, les solitudes et cette vie quotidienne dont il savait si bien saisir les petits moments. Sa devise fut longtemps : « Good ale, raw onions, and no ladies ». Le pub restera réservé aux hommes jusqu’en 1970, lorsque la loi l’oblige à ouvrir ses portes aux femmes. Aujourd’hui, l’ancienne devise a laissé place à l’expéditif « Be good, or be gone ».
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samedi 19 février 2011

Robert Doisneau - Sans titre (1972)

Une image et des mots. Une photographie de Robert Doisneau, et pour aller avec un extrait d'une lettre adressée par Kafka à son père, en 1919.

[....] Je t'en prie, père, comprends-moi bien, ces détails en eux-mêmes auraient été parfaitement insignifiants, ils ne sont devenus accablants pour moi que parce que toi, qui faisait prodigieusement autorité à mes yeux, tu ne respectais pas les commandements que tu m'infligeais. C'est ainsi que le monde a été divisé pour moi en trois parties : l'une, où je vivais moi, l'esclave, soumis à des lois qui n'étaient inventées que pour moi et auxquelles en plus, sans savoir pourquoi, je ne parvenais pas à me conformer pleinement ; puis un deuxième monde, infiniment éloigné du mien, dans lequel tu vivais, occupé à gouverner, à délivrer des ordres et à t'irriter de leur non-observance ; et enfin un troisième monde, où vivait le reste des gens, heureux et libres, sans se soucier d'ordres ni d'obéissance. Je vivais dans la honte [.....] Voilà comment s'agitaient, non pas les pensées, mais les sentiments de l'enfant.

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dimanche 13 février 2011

O.Maruyama - Oharame (c.1770)

La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre japonais Okyo Maruyama (1733-1795), fondateur de l'école Maruyama-Shijo qui cherche à renouveler la peinture japonaise par une observation plus directe du réel.
Né à Kyoto dans un milieu modeste, Maruyama se forme auprès d’artistes locaux avant de découvrir, à travers les estampes et les objets venus d’Europe, la perspective et le clair-obscur occidentaux. Il ne s’agit pourtant pas chez lui d’imiter l’Occident : ces influences nouvelles se mêlent naturellement aux traditions japonaises.
O.M. - Lit de la rivière (1761)

Maruyama observe avec une attention minutieuse les animaux,
les plantes, les paysages, mais aussi les gestes de la vie quotidienne, qu’il restitue avec une étonnante justesse.
« Il faut regarder attentivement la nature pour bien la peindre ».
Cette manière de regarder le monde, plus attentive au naturel et aux détails du réel, tranche alors avec les formes plus stylisées de nombreuses écoles traditionnelles. Elle exercera une influence considérable sur la peinture japonaise des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles.

CD2

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dimanche 6 février 2011

E.Curtis - The vanishing race (1904)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Edward S. Curtis (1868-1952), photographe et ethnologue américain, cconnu pour l’immense entreprise documentaire qu’il consacra aux peuples autochtones d’Amérique du Nord, The North American Indian. (1904).
Né dans le Wisconsin et largement autodidacte, Curtis débute comme portraitiste à Seattle avant d’entreprendre, au tournant du siècle, ce projet qui l’occupera pendant près de trente ans.
Il parcourt l’Ouest américain, photographie plus de quatre-vingts peuples autochtones, recueille leurs récits, leurs langues, leurs chants et leurs cérémonies, et réalise plus de 40 000 photographies, accompagnées de textes ethnographiques et d’enregistrements sonores.
Le projet reçoit notamment le soutien financier du banquier J. P. Morgan.
E.C. - Crater Lake (1923)

Curtis est convaincu que ces cultures sont condamnées à disparaître sous l’effet de la conquête de l’Ouest et de l’assimilation forcée.
Son regard est donc moins celui d’un observateur attentif mais détaché, comme Timothy H. O’Sullivan, qui fera lui aussi l’objet d’une chronique, que celui d’un homme fasciné par un monde qu’il voit en train de s’effacer.
« I want to make them live forever. It's such a big dream I can't see it all. » Et encore : « The passing of every old man or woman means the passing of some tradition, some knowledge of sacred rites possessed by no other… » 
The Vanishing Race, photographiée en 1904, résume à elle seule cette vision.
Mais derrière cette image devenue emblématique, il y a une œuvre immense, à la fois documentaire, ethnographique et profondément personnelle, qui reste aujourd’hui un témoignage exceptionnel sur des peuples dont les modes de vie furent profondément bouleversés en quelques décennies par l’histoire américaine.
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samedi 5 février 2011

O.G - La joueuse de luth (c.1612)
Une image et des mots. Un tableau du peintre italien caravagesque Orazio Gentileschi (1563-1639).
Et quelques vers de La Fontaine, extraits de Les amours de Psyché et de Cupidon - Éloge de la volupté (1669).

J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout: il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique.
SW1

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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...