In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 27 février 2011

B. Bourel - Flirt with me (1994)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français Bruno Bourel (b.1957), installé à Budapest depuis 1993. Après des études de réalisation et de musique – il joue chaque jour Bach et Bartók au piano –, il se tourne vers la photo à la fin des années 1970. 
Fidèle depuis ses débuts au noir et blanc et à son Leica M6, il photographie la rue ordinaire : bus, tramways, marchés, cafés, trottoirs, silhouettes croisées au hasard de la marche.
B. Bourel - Door

Les cérémonies de l'arpente, l'usure des semelles, les rencontres ... Tout cela vous conduit partout et nulle part, c'est la lumière qui me guide, je ne sais pas pourquoi je prends une rue plutôt qu'une autre mais je sais que toujours je reviens monter mon escalier, regarder par ma fenêtre.

EC2
ICI

dimanche 20 février 2011

J. Sloan - A woman's work (1912)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur américain John Sloan (1871-1951), l’une des grandes figures du du réalisme américain et membre de la Ash Can School.
Avec Robert Henri, George Luks ou Everett Shinn, il fait aussi partie du groupe The Eight, qui expose en 1908 contre le conservatisme des institutions artistiques américaines.
Né en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie dans une famille modeste. Très tôt contraint de travailler après la maladie mentale de son père, il quitte l’école à seize ans et entre dans une librairie où il découvre Albrecht Dürer, Rembrandt et la gravure ancienne. Illustrateur de presse au Philadelphia Inquirer puis au Philadelphia Press, il suit parallèlement les cours du soir de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre Robert Henri, qui deviendra son mentor.

J.S. - McSorley's (1912)
En 1904, Sloan s’installe à New York, dans Greenwich Village. Il y peint les bars, les ferries, les toits, les arrière-cours, les foules anonymes, les femmes à leur fenêtre, les ouvriers, les petits commerces – toute cette vie ordinaire qu’il observe souvent depuis son atelier, comme dans ce tableau peint, d’après son journal, depuis la fenêtre sur cour de son appartement d’East 22nd Street à Manhattan.
Contrairement à beaucoup de peintres sociaux de son temps, il ne cherche ni le misérabilisme ni l’effet démonstratif. Ce qui l’intéresse, ce sont les habitudes, les gestes, les petits théâtres quotidiens de la ville moderne.
« Je voyais la vie quotidienne des gens, et j’y choisissais des fragments de joie », disait-il.
Le second tableau représente McSorley's Old Ale House, le plus ancien pub irlandais de New York, où Sloan retrouve cette humanité populaire qu’il n’a cessé de peindre : celle des habitudes, des conversations, des solitudes et de la vie quotidienne new-yorkaise. Sa devise fut longtemps : « Good ale, raw onions, and no ladies ». L’établissement restera réservé aux hommes jusqu’en 1970, date à laquelle la loi l’oblige à ouvrir ses portes aux femmes.
Aujourd'hui l'ancienne devise a été remplacée par l'expéditif "Be good, or be gone".
MS1

ICI

samedi 19 février 2011

Robert Doisneau - Sans titre (1972)

Une image et des mots. Une photographie de Robert Doisneau, et pour aller avec un extrait d'une lettre adressée par Kafka à son père, en 1919.

[....] Je t'en prie, père, comprends-moi bien, ces détails en eux-mêmes auraient été parfaitement insignifiants, ils ne sont devenus accablants pour moi que parce que toi, qui faisait prodigieusement autorité à mes yeux, tu ne respectais pas les commandements que tu m'infligeais. C'est ainsi que le monde a été divisé pour moi en trois parties : l'une, où je vivais moi, l'esclave, soumis à des lois qui n'étaient inventées que pour moi et auxquelles en plus, sans savoir pourquoi, je ne parvenais pas à me conformer pleinement ; puis un deuxième monde, infiniment éloigné du mien, dans lequel tu vivais, occupé à gouverner, à délivrer des ordres et à t'irriter de leur non-observance ; et enfin un troisième monde, où vivait le reste des gens, heureux et libres, sans se soucier d'ordres ni d'obéissance. Je vivais dans la honte [.....] Voilà comment s'agitaient, non pas les pensées, mais les sentiments de l'enfant.

GR1

ICI

dimanche 13 février 2011

O.Maruyama - Oharame (c.1770)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre japonais Okyo Maruyama (1733-1795), fondateur de l'école Maruyama-Shijo qui chercha à rapprocher les traditions picturales japonaises d’une observation plus directe du réel.
Né à Kyoto dans un milieu modeste, Maruyama se forme auprès d’artistes locaux avant de découvrir, à travers les estampes et les objets venus d’Europe, la perspective et le clair-obscur occidentaux. Mais il ne s’agit pas chez lui d’imitation : ces influences nouvelles se fondent naturellement dans l’art japonais.
O.M. - Lit de la rivière (1761)

Maruyama porte une attention minutieuse aux animaux, aux plantes, aux paysages, aux gestes ordinaires de la vie quotidienne, qu’il peint avec une étonnante justesse d’observation. 
« Il faut regarder attentivement la nature pour bien la peindre ».
Cette attention patiente au monde visible tranche alors avec les formes plus stylisées de nombreuses écoles traditionnelles. Son influence sur la peinture japonaise des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles sera immense. Avec lui s’impose un goût nouveau pour le naturel et l’observation, qui marquera durablement la peinture japonaise.

CD2

ICI

dimanche 6 février 2011

E.S. Curtis - The vanishing race (1904)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Edward S. Curtis (1868-1952), photographe et ethnologue américain, connu pour son immense entreprise documentaire sur les peuples autochtones d’Amérique du Nord, "The vanishing race" (1904). Né dans le Wisconsin et formé en grande partie en autodidacte, Curtis débute comme portraitiste à Seattle, avant d'entreprendre, au tournant du siècle, son oeuvre monumentale, The North American Indian. Pendant près de trente ans, il parcourt l’Ouest américain, photographie plus de quatre-vingts peuples autochtones, recueille récits, chants, langues et cérémonies, et réalise plus de 40 000 clichés, accompagnés de textes ethnographiques et d’enregistrements sonores.
E.S.C. - Crater Lake (1923)
Le projet est d’abord financé par le banquier J. P. Morgan.

Curtis est animé par la conviction que ces cultures sont condamnées à disparaître sous l’effet de la conquête de l’Ouest et de l’assimilation forcée. Son regard est donc moins celui d’un témoin brut, comme Timothy H. O'Sullivan, que celui d’un homme fasciné par un monde qu’il voit en train de s’effacer. « I want to make them live forever. It's such a big dream I can't see it all. » écrivait-il. Et encore : « The passing of every old man or woman means the passing of some tradition, some knowledge of sacred rites possessed by no other… » 
L’œuvre de Curtis demeure aujourd’hui un témoignage irremplaçable sur des peuples dont les modes de vie furent bouleversés en quelques décennies par l’histoire américaine.
WA1
ICI

samedi 5 février 2011

O.G - La joueuse de luth (c.1612)
Une image et des mots. Un tableau du peintre italien caravagesque Orazio Gentileschi (1563-1639).
Et quelques vers de La Fontaine, extraits de Les amours de Psyché et de Cupidon - Éloge de la volupté (1669).

J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout: il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique.
SW1

 ICI

NS2 ICI