In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 31 octobre 2010


Bibliothèque Holland House (A.U.1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés anonymes qui témoignent d'un événement survenu il y a exactement soixante ans, en octobre 1940, où il est question de livres et de décombres.

Après un bombardement, Londres
(A.U.1940)








Sur le premier, la bibliothèque de Holland House, dans le beau quartier londonien de Kensington, après un bombardement le 22 octobre 1940.
Le second montre un jeune garçon en train de lire dans une librairie londonienne détruite par un raid aérien, toujours durant le Blitz de 1940. On ignore son identité, mais certaines sources affirment qu’il lisait un ouvrage consacré à l’histoire de Londres.
Qui a dit que la lecture avait cette vertu paradoxale de nous extraire du monde pour nous aider à lui trouver un sens ?
ML2

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dimanche 24 octobre 2010

Felice Casorati - L'attente (1919)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres de Felice Casorati (1883-1963) peintre, sculpteur et graveur italien dont l’œuvre traverse le symbolisme, le réalisme métaphysique et le néoclassicisme. Né à Novare, Casorati étudie d’abord le droit à l’université de Padoue, tout en apprenant la peinture en autodidacte. Il est marqué par le symbolisme de Gustav Klimt et par la Sécession viennoise.
F. Casorati
Brodeuse dans le grenier
(1935)

Dans les années 1920, installé à Turin, il y fonde un atelier qui devient un lieu de rencontre pour de jeunes artistes italiens. Sa peinture évolue alors vers une forme de construction très personnelle, proche par certains aspects de Giorgio de Chirico et de Carlo Carrà, où les figures apparaissent dans des espaces dépouillés, presque architecturaux.
Le monde de Casorati est un monde immobile et silencieux, avec des personnages souvent seuls, assis, absorbés dans une attitude d’attente ou de recueillement, et saisis dans des intérieurs aux volumes très simples.
Bienheureux ceux qui s'assoient..., est-il dit dans la Bhagavad-Gîtâ.

FS2
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samedi 23 octobre 2010

Béla Tarr - Damnation (1987)

Une image et des mots. Un photogramme du film "Damnation", du réalisateur hongrois Béla Tarr (1987).
Et pour aller avec, la puissance furieuse d'un poème de Saint-Pol-Roux, Prière à l'Océan (1927)

Divinité de houles et de houles sur des gouffres et des gouffres, 
Irascible énergie à la voix de cornoc,
Monstre glauque, semblable à quelque énorme gueule de baudroie suivie d'une incommensurable queue de congre, 
Masse mouvante avec, pour âme, cette lame sourde jaillissant en lave d'un puits abyssal,
Époux de la Tempête aux griffes de noroît et cheveux de suroît,
Génie double qui souque ta victime entre vent-arrière et vent-debout,
Démon de verre cassant des vaisseaux comme on casse des noix,
Ogre aux dents de récif qui croque des tas d'hommes comme sur la terre nous croquons des pommes, 
Nappe d'orgie sur quoi les flottilles sont les friandises, les escadres les gigots,
Insondable estomac où se digèrent les naufrages dont les épaves rares sur les flots figurent les os, 
Diaphragme innombrable au muscle soulevé depuis les tréfonds inconnus jusqu'à l'éclair des nues,
Jungle liquide des sautes-de-vent accouplées aux brisants,
Harpagonie de trésors engloutis,
Joute des aventures d'or et des squales d'acier,
Cimetière dansant où les péris se heurtent, l'alliance au doigt,
Farouche pêle-mêle où tout se trouve - sauf un cœur,
Océan...
LG1

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dimanche 17 octobre 2010

Cristoforo de Predis - L'Apocalypse (1476)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres de l'enlumineur milanais du Quattrocento Cristoforo de Predis (c.1440-c.1486). Né sourd dans une famille d’artistes, il travaille pour plusieurs grandes familles lombardes, dont les Sforza.

C. de Predis - L'Apocalypse (1476)







Sa manière, influencée par les miniaturistes flamands et français comme Philippe de Mazerolles, Jean Hennecart
ou Jean Colombe, se distingue par une grande finesse d’exécution et le soin extrême apporté aux détails.
Ces influences lui parviennent par l’importation de manuscrits étrangers en Lombardie, mais aussi par la présence d’artistes venus d’autres régions. Il y associe l’héritage des enlumineurs italiens, notamment Belbello de Pavie, qu’il a peut-être côtoyé.
Les deux images choisies proviennent du Légendaire de Turin, son principal ensemble enluminé (323 miniatures) consacré à la vie des saints, de la Vierge et du Christ. Elles appartiennent au cycle de l’Apocalypse.
La lune et le soleil s'assombriront, les étoiles tomberont et tout sera à l'opposé de ce qu'il était. [.....] .. et les arbres seront couverts de sang.
AP2

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dimanche 10 octobre 2010

K.S. - Claudia lights a cigarette
(1983)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Ken Schles (b.1960), figure de la photographie documentaire contemporaine. Né à Brooklyn et formé à la Cooper Union School of Art de New York, il s’impose avec Invisible City (1988), chronique sombre et poétique de l’East Village des années 1980, devenu un classique de la photographie urbaine.
Salué par Martin Parr comme l’un des grands photographes de sa génération, et admiré par Bruce Gilden, Schles revendique des influences allant de Diane Arbus à William Eggleston, de Walker Evans à Robert Frank, jusqu’à Edvard Munch pour sa dimension symbolique.
K.S. - Limelight (1983)

 « Photography is a way of seeing the world, of understanding it, of engaging with it on a deeper level. »

Chez lui, photographier semble être une manière de rester au contact du monde, avec ce qu’il peut avoir de beau, de violent ou de fragile.
EV1

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dimanche 3 octobre 2010

A.W. - Vue sur une baie (1935)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre néerlandais Albert Carel Willink (1900–1983), figure singulière de l’art moderne. Formé à Berlin, influencé d’abord par l’expressionnisme et le cubisme, il expérimente aussi l’abstraction sous l’influence de Kandinsky avant de revenir progressivement à la figuration.
Son séjour à Paris en 1926 le rapproche du néoclassicisme et il peint alors des sujets classiques en conservant des éléments issus du cubisme. 

A.Willink
Paysage avec statue renversée (1942)
Finalement, dans les années 30, Willink abandonne les expérimentations modernistes pour une peinture hyperréaliste où l’architecture néoclassique, les silhouettes énigmatiques et les ciels d’orage composent un monde étrange et rigoureusement ordonné.
Ses scènes, parfaitement construites, semblent comme en suspension juste avant ou après un événement non représenté. On a évoqué à son propos Piero della Francesca et Giorgio de Chirico.
Willink ne peignait pas des récits, mais plutôt des constructions d' un monde au bord du basculement.
VB1
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samedi 2 octobre 2010

Rose Nadau (1947)
Une image et des mots. Un cliché de la photographe bordelaise Rose Nadau (1910-2007)
Que peut-on chercher dans les livres quand on est confronté à l'absurdité du monde ? Des clés pour le comprendre, ou des ailes pour s'en évader ?
Les mots pour accompagner cette image sont extraits de La mémoire des vaincus (1989), de Michel Ragon.

— A quoi ça sert, tous ces bouquins ? demanda Flora d'un air dégoûté.
— Regardez, les enfants, dit Valet. A droite, vous avez les romans et la poésie. A gauche, le social, la politique. D'un côté le rêve, de l'autre côté l'action. Quand vous posséderez les deux, vous pourrez conquérir le monde.
— Allons, Valet, ne t'emballe pas, dit le libraire, Les choses sont plus complexes, Les romans, c'est aussi de l'action sociale et la politique, c'est aussi du rêve.
Quant à conquérir le monde, qu'en ferais-tu ? C'est la conquête de soi-même, qui importe.

NY2

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A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...