In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 31 juillet 2016

Olli Kekäläinen - Echoes (2012)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du photographe finlandais Olli Kekäläinen (b.1981), déjà présenté en juin 2015. Peu exposé hors de son pays, il poursuit depuis plus de vingt ans un travail tout en retenue, fait de peu d’éléments, de beaucoup d’espace et d’une certaine impression de silence.
O.K. - A sparse bunch (2012)

On peut penser au minimalisme japonais : peu d'éléments, beaucoup d'espace, une impression de silence et de zénitude ; la beauté est simple.
Je n'en sais pas plus aujourd'hui qu'il y a un an pour ma première publication, mais Olli Kekäläinen semble tellement sympathique que c'est avec plaisir que je le présente à nouveau.
Pour en voir plus de son oeuvre et en apprendre toujours aussi peu sur lui, c'est [ICI].
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dimanche 24 juillet 2016

A. Marquet - Le jardin à Pyla (1935)
La veillée du dimanche. Deux œuvres d’Albert Marquet (1875-1947), associé au mouvement fauviste. Formé à l’École des Arts décoratifs grâce au soutien de sa mère, qui croit en son talent et vient s’installer avec lui à Paris, il rencontre Matisse, qui deviendra son ami fidèle. Tous deux intègrent ensuite l’École des Beaux-Arts, où ils suivent l’enseignement du peintre symboliste Gustave Moreau ; ils partagent dix années d’apprentissage et de vaches maigres.

A.M. - Les toits de Paris (1906)
Réservé et discret, réfractaire à l'autorité sans être militant, Marquet fréquente les milieux libertaires des années 1890-1900, avant de se rapprocher, dans l’entre-deux-guerres, d'une gauche antifasciste plus classique.
S’il n’exprime jamais clairement ses opinions, « il a un côté ni dieu ni maître, ni jury ni récompense », résume Sophie Krebs, conservatrice en chef au Musée d’Art Moderne de Paris.
En 1910, Apollinaire écrivait de lui : 
« Ce peintre regarde la nature avec bonté. Il y a en lui un peu de la douceur de saint François. »
Derrière cette douceur dont parle Apollinaire, il y a aussi l’homme réservé dont parle Sophie Krebs, sans goût pour l’esbroufe et assez peu soucieux de paraître autre qu’il n’est.
Il sait ce qu’il sait faire, ce qu’il ne sait pas faire, et il en prend son parti : il peint, il dessine, et il laisse ses tableaux faire le reste : « Je ne sais ni écrire ni parler, mais seulement peindre et dessiner. Regardez ce que je fais. Ou je suis arrivé à m’exprimer ou j’ai échoué. En ce cas, que vous me compreniez ou pas, par votre faute ou par la mienne, je ne peux pas faire plus. »
 © Veilleur de Nuit – 2016
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samedi 23 juillet 2016

E. Tudor-Hart - Hungry child, White Chapel
(1935)
Une image et des mots. L'image est de la photographe britannique Edith Tudor-Hart, les mots sont de l'égyptien Albert Cossery, extraits de son recueil de nouvelles Les hommes oubliés de Dieu (1927)

Cependant, la ville regorgeait d'une multitude d'êtres, qui n'avaient rien de commun avec ce désordre et ces lumières. Ils passaient près de toutes ces lumières comme des ombres peureuses. Ils regardaient toutes ces belles choses de la ville avec des yeux de bêtes qui ne comprennent pas. Ils transportaient avec eux leur quartier boueux et leur sale misère. Ils étaient visibles comme des plaies. On leur faisait la chasse, mais ils s'obstinaient à rester. Une raison suffisante et implacable les attirait dans cette enceinte magique : la faim. C'était une chose qu'ils comprenaient très bien. Ils étaient innombrables, autour des restaurants, de tous les endroits où l'on mange. Pour eux, manger était tout. Ils ne désiraient rien d'autre. Depuis des générations ils n'avaient pas eu d'autres désirs. C'était des corps ignobles et sans âme. La ville souffrait de les contenir ; la civilisation souffrirait de les voir. Ils ressemblaient à des remords ; des remords très anciens enracinés dans le sol. Mais, malgré tout, ils ne voulaient pas mourir. Mendier un morceau de pain à ceux qui leur avaient tout pris était encore pour eux une chance de vivre. Et on les appelait mendiants ou bien voleurs suivant leur insistance à vivre.
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dimanche 17 juillet 2016

C.C. - All on a summer's day (1888)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec Tom Roberts, Arthur Streeton et Frederick McCubbin, l’un des principaux représentants de la Heidelberg School, le mouvement auquel on rattache généralement les débuts de l’impressionnisme australien. Né à Londres, Conder arrive en Australie en 1886, à l’âge de dix-sept ans, pour travailler comme arpenteur auprès de son oncle.
Il abandonne rapidement cette voie et se tourne vers le dessin et la peinture. Il travaille un temps comme illustrateur pour The Illustrated Sydney News, avant de rencontrer Tom Roberts, avec lequel il peint en plein air. En 1888, il s’installe à Melbourne et rejoint le petit groupe d’artistes qui cherche alors à peindre l’Australie telle qu’elle est : sa lumière, ses paysages, mais aussi ses habitants et leurs loisirs.

C.C. - A holiday at Mentone (1888)
All on a Summer’s Day, peint à Coogee en avril 1888, montre une journée de plage. La scène est toute simple, presque banale : une femme, seule sur ce morceau de plage, profite d’une belle journée, assise sur une chaise et protégée du soleil par son ombrelle.
Conder ne cherche pas à donner à cette petite scène une importance qu’elle n’a pas – ou bien, justement, il lui donne toute l’importance qu’elle a. Tout cela, un jour d'été.
Il peint ce qu’il voit, avec cette lumière australienne qui devient l’un des grands sujets de cette génération de peintres. Quelques mois plus tard, à Melbourne, il peint A Holiday at Mentone. Là encore, la plage et ceux qui la fréquentent sont au centre du tableau. Mais la scène est peut-être un peu plus amusante : hommes en costume et chapeau, femmes en longues robes et chapeaux élégants, chacun semblant avoir apporté avec lui une partie de la ville jusque sur le sable.
Charles Conder quittera l’Australie dès 1890 pour l’Europe. Ces deux tableaux appartiennent donc à une période très courte de sa courte vie – mais à une période essentielle, puisqu’elle aura largement contribué à faire de lui l’un des peintres importants de l’art australien de la fin du XIXe siècle.
 © Veilleur de Nuit – 2016
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dimanche 10 juillet 2016

Eamonn Doyle - série End (2016)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Eamonn Doyle (b. 1969), photographe de rue irlandais. Né à Dublin, il obtient en 1991 son diplôme de photographie à l’Institute of Art, Design and Technology (IADT) avant de consacrer vingt ans au développement de la scène musicale indie de sa ville comme fondateur du label D1 Recordings et du Dublin Electronic Arts Festival (DEAF). Il revient à la photographie en 2008 et concentre son regard sur les rues du nord de Dublin.
E.D. - série End (2016)

Nourrie par son expérience musicale, par les textes de Beckett dont il se réclame et par la tradition de la street photography – Klein, Levinstein, Moriyama –, sa photographie s’intéresse aux passants, à leur présence et à leurs déplacements dans la ville.
En 2016, cent ans après l'insurrection de Pâques, Doyle consacre une série aux habitants et aux passants d’O’Connell Street, l’une des principales artères de Dublin. C’est là que, le 24 avril 1916, Pádraig Mac Piarais lit la proclamation d'indépendance de la République d'Irlande.
 © Veilleur de Nuit – 2016

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dimanche 3 juillet 2016

A. Frahm - Falling panties (1950)

La veillée du dimanche. Deux illustrations de l'Américain Art Frahm (1906-1981), très influencé par Haddon Sundblom, dont il fut l’assistant (voir publication du 27/12/2015). Né à Chicago, il étudie à l’Art Institute de Chicago avant de s’installer à New York, où il devient illustrateur commercial et publicitaire.
Spécialisé dans des scènes de genre légères et humoristiques, il est particulièrement célèbre pour ses « ladies in distress » : des jeunes femmes dont la jupe se soulève malencontreusement, dans un mélange d'érotisme suggestif et de comédie légère.
Ces compositions, emblématiques de la culture pin-up, disent beaucoup de l'esthétique populaire américaine de l'après-guerre.
A. F. - Traveling hobo

La première illustration en est un exemple ; elle appartient à sa très célèbre – et joliment sexiste – série Falling panties, où de ravissantes demoiselles perdent leurs dessous dans toutes sortes de situations de la vie ordinaire, le plus souvent embarrassées par leur sac de courses d'où émerge immanquablement une branche de céleri.
La seconde fait partie de sa tout aussi sympathique série Traveling Hobo, qui met en scène les joyeuses tribulations d'une bande de vagabonds à travers la pimpante Amérique des années 50.
 © Veilleur de Nuit – 2016

AO3
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samedi 2 juillet 2016

VC Ferry - New York (2013)
Une image et des mots. Un cliché du photographe new-yorkais VC Ferry. Les mots pour l'accompagner sont un poème de Bukowski, The laughing heart.

your life is your life
don't let it be clubbed in dank submission.
be on the watch.
there are ways out.
there is light somewhere.
it may not be much light but
it beats the darkness.
be on the watch.
the gods will offer you chances.
know them,
take them.
you can't beat death but
you can beat death in life, sometimes,
and the more often you learn to do it,
the more light there will be.
your life is your life.
know it while you have it.
You are marvelous
the gods wait to delight 
in you.
EG3

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