In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 26 février 2017

C.A. Smith - Recalling the past (1888)
Le vide grenier du dimanche. Deux aquarelles du peintre de genre anglais Carlton Alfred Smith (1853-1946), connu pour ses scènes de la vie domestique dans les cottages anglais de la fin du XIXe siècle.
Formé à la Slade School of Fine Art (Londres), il rejoint ensuite avec Charles Edward Wilson la communauté artistique fondée dans le Surrey par Myles Allingham. Après un passage par la lithographie et la peinture à l’huile, il devient l’un des aquarellistes les plus appréciés de l’ère victorienne.
C.A.S. - A ray of sunshine

Recalling the Past : une femme relit en sanglotant une ancienne correspondance.
A Ray of Sunshine : père absent ? Père aux champs ? Y a-t-il, dans le léger sourire de cette femme, un soupçon de mélancolie ? 
Ou bien simplement le bonheur simple d’une mère, occupée à son ouvrage en abritant de ses bras le sommeil de son enfant ? La famille est modeste, un carreau manque à la fenêtre mais le logis est propre et bien tenu. Il est fleuri.
 © Veilleur de Nuit – 2017
LO1

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dimanche 19 février 2017

T.F. Klein - Contained (Self portrait) (2016)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de la photographe mexicaine Tania Franco Klein (b.1990), formée en architecture à Mexico puis en photographie à Londres. Son travail est nourri par le cinéma d’Antonioni et de Bergman, mais aussi par la littérature et la psychanalyse.
T.F.K. - Midnight recipe (2016)

Elle s’intéresse à la solitude, au désir et à cette forme de malaise qui semble parfois accompagner la vie contemporaine, entre consommation, loisirs, images et surstimulation. Une sorte d’American dream désenchanté qui aurait perdu de sa magie.
Ces deux clichés appartiennent à sa série Our Life in the Shadows, commencée en 2016.
« The project seeks to evoke a mood of isolation, desperation, vanishing, and anxiety, through fragmented images, that exist both in a fictional way and a real one. »
 © Veilleur de Nuit – 2017

TF1

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samedi 18 février 2017

Y. Minjun - The massacre at Chios (1994)
Une image et des mots. L'image, c'est cette effrayante hilarité forcée des personnages de Yue Minjun (b.1962), sosies démultipliés du peintre.
Elle me fait penser à ce qu'écrit Günther Anders dans son ouvrage "L'obsolescence de l'homme", même si le propos du peintre n'est pas celui du philosophe.

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s'y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d'Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l'idée même de révolte ne viendra même plus à l'esprit des hommes. 
L'idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l'éducation, pour la ramener à une forme d'insertion professionnelle. Un individu inculte n'a qu'un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l'accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
[.....] On diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l'émotionnel ou l'instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d'empêcher l'esprit de penser.
[.....] En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l'existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d'entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l'euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.
[.....] L'homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu'il est : un veau.

JA1

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dimanche 12 février 2017

Cecil Beaton - The letter (1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Cecil Beaton (1904-1980), photographe, costumier et designer britannique. Formé au milieu des arts décoratifs et de la mode, Beaton devient rapidement célèbre pour ses portraits élégants et théâtraux, ses couvertures de magazines et ses photographies de célébrités.
Il collabore notamment avec Vogue et Vanity Fair, mais sa carrière s’étend également au cinéma et au théâtre, où il signe costumes et décors, ce qui lui vaut deux Oscars pour la conception de costumes (Gigi en 1958 et My Fair Lady en 1964).
C.B. - Eileen Dunne (1940)

La petite Eileen Dunne, trois ans, dont il fait le portrait sur son lit à l'Hôpital des enfants malades (Hospital for Sick Children), est l’une des victimes du Blitz, qui frappe l’Angleterre de septembre 1940 à mai 1941.
Son visage d’enfant, les yeux grands ouverts dans ce lit d’hôpital, contraste avec le raffinement habituel de Beaton. Ici, pas de célébrité, pas de mise en scène...
« Enfants de la guerre, écrit Souleymane Boel, le chant des balles s'est inscrit dans vos mémoires sans que vous puissiez oublier leur refrain»
 © Veilleur de Nuit – 2017
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dimanche 5 février 2017

G. Xingjian - Femme flottante (2011)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et écrivain français d’origine chinoise Gao Xingjian (b.1940). Il découvre la littérature française à l’Institut des langues étrangères de Pékin, d’où il sort diplômé en 1962, et traduit alors Ionesco, Michaux et Prévert en mandarin.
Pendant la révolution culturelle, son avant-gardisme lui vaut six ans en camp de rééducation. Il ne sera autorisé à voyager à l’étranger qu’après la mort de Mao, en 1976. La liberté de ton et le caractère subversif de son œuvre, étrangère au réalisme révolutionnaire prôné par le Parti communiste chinois et influencée par Artaud, Beckett ou Brecht, finiront par le contraindre à l’exil. En 1988, il s’installe en France, qui lui accorde l’asile politique ; en 2000, il reçoit le prix Nobel de littérature.

G.X. - Sans titre
Mais Gao Xingjian est aussi peintre. Il peint d'abord à l'huile, mais l’abandonne après son arrivée en Europe pour se consacrer à l’encre.
« Ma première visite à des musées européens, en 1978, a bouleversé mon rapport à l'art. Jamais je n'avais admiré de chefs-d'œuvre à l'huile en original. Quelle luminosité, quelle intensité, quelle onctuosité ! Ma propre palette m'a paru terne, opaque. L'histoire dont j'étais porteur ne pouvait me permettre de créer, de progresser avec les armes occidentales : j'ai abandonné l'huile pour l'encre. Depuis, je m'attache à enrichir la pratique du monochrome noir»
Ainsi, Gao Xingjian perpétue la tradition millénaire de la peinture à l’encre, mais avec une sensibilité très contemporaine. Comme dans son écriture, on y retrouve une quête de dépouillement, comme la recherche d’un « refuge intérieur » face au tumulte du monde.
Gao Xingjian parle d’ailleurs de ses peintures comme d’« états de l’âme » : pas des représentations fixes, mais des sortes de respirations visuelles, offertes à la contemplation de chacun.
 © Veilleur de Nuit – 2017
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samedi 4 février 2017

François Vagnon - Pyramides de Gizeh (2008)
Une image et des mots. Les pyramides de Gizeh, vues par François Vagnon, en 2008.
Les mots choisis pour accompagner ce cliché ont été écrits au 1er siècle avant J.-C par l'historien grec Diodore d'Agyrion (aka Diodore de Sicile).

"Les ouvriers qui ont rendu les pyramides si incomparables sont beaucoup plus dignes de louanges que les rois responsables des dépenses. En effet, les premiers ont donné la preuve mémorable de leur génie et de leur savoir-faire, tandis que les rois ont simplement fourni les richesses reçues en héritage ou prises de force."
MW1

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