In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 28 août 2016

E.O. - Femme en robe verte (1912)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre autrichien Erwin Dominik Osen (1891-1970), ami et compagnon d'Egon Schiele au sein du Neukunstgruppe (mouvement de “nouvel art”), mouvement fondé en 1909 en rupture avec l’enseignement académique viennois. Tous deux signent la déclaration qui accompagne cette rupture.
Le père d'Osen meurt avant sa naissance et sa mère est une descendante de l'écrivain autrichien Adalbert Stifter, une des grandes figures littéraires du Biedermeier.

E.O. - Paysage au soleil (1914)
À six ans, Osen entre à l’école de ballet de l’Opéra de Vienne, où Gustav Mahler remarque ses dispositions et prend en charge son éducation. Il reçoit notamment l’enseignement d’Alfred Roller, figure de la Sécession viennoise, puis celui de Gustav Klimt.
Il étudie ensuite à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, dans la classe de Christian Griepenkerl, où il rencontre Egon Schiele. De cette rencontre naît une amitié marquée par une intense collaboration, et Osen développe lui aussi une œuvre profondément marquée par l'expressionnisme. Peu connu de son vivant, il reste aujourd’hui dans l’ombre de Schiele, dont les portraits ont contribué à préserver le souvenir et le visage.
 © Veilleur de Nuit – 2016
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dimanche 21 août 2016

P. Rockett - Glenn Gould's hands (1956)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe de mode canadien Paul Rockett (1920-2010). Il quitte l’école à treize ans et commence à travailler comme office boy, puis dans la chambre noire du Toronto Star, avant de rejoindre la Royal Canadian Air Force comme photographe. Dans l’Europe des années 40, la photo de mode commence à s’affranchir des poses statiques et des éclairages de studio. Rockett tire parti des progrès technologiques pour saisir le modèle dans des attitudes et des mouvements plus naturels.

P.R. - Leonard Cohen (1979)
Voici les mains de Glenn Gould, dont Rockett était le photographe préféré, notamment parce qu’il était le seul à ne pas lui parler de musique.
Gould n’aimait pas le public – en tant qu’entité, bien sûr, et non les individus qui le composent – et aurait voulu que les applaudissements soient supprimés. Il affirmait que le propos de l’art n’est pas de provoquer une décharge d’adrénaline, mais de construire lentement, tout au long d’une vie, un état d’émerveillement et de sérénité.
Le beau portrait de Leonard Cohen était la photographie favorite d’Eve Rockett, son épouse.
 © Veilleur de Nuit – 2016
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dimanche 14 août 2016

O.B. - Portrait de deux filles (1896)
La veillée du dimanche. Deux œuvres d'Olga Boznanska (1865-1940), personnalité marquante de la peinture polonaise de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Formée à Munich dans les écoles privées de Karl Kricheldorf et Wilhelm Dürr – les femmes n’étant pas admises à l’Académie des Beaux-Arts –, elle s’installe à Paris en 1898 et se consacre surtout aux portraits et aux scènes intimistes. À la différence des impressionnistes auxquels on l’a parfois rattachée, elle privilégie les tonalités sombres, travaille presque toujours en atelier et s’intéresse davantage à la psychologie de ses modèles qu’aux effets de lumière et d’atmosphère.

O.B. - Dans l'orangerie (1890)
Le portrait le plus célèbre de Boznańska est sans doute La jeune fille aux chrysanthèmes, mais celui-ci me semble tout aussi intense, peut-être même plus énigmatique. Quant à la jeune fille dans l’orangerie, le critique William Ritter, dans un article de 1896 pour la Gazette des Beaux-Arts, le rapproche de Serres chaudes, le recueil de poèmes publié en 1889 par Maeterlinck :
                                   O serre au milieu des forêts !
                                 Et vos portes à jamais closes !
Et tout ce qu'il y a sous votre coupole !
Et sous mon âme en vos analogies !
 © Veilleur de Nuit – 2016
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samedi 13 août 2016

Anon. - Automate
Une image et des mots. L'image, anonyme, d'un automate incollable.
Et pour aller avec, quelques lignes de Ludwig Wittgenstein (1889-1951), extraites de sa Conférence sur l'éthique, dont la traduction a été publiée par Gallimard en 1978 :

Supposez que l'un d'entre vous soit omniscient, et que par conséquent il ait connaissance de tous les mouvements de tous les corps, morts ou vivants, de ce monde, qu'il connaisse également toutes les dispositions d'esprit de tous les êtres humains à quelque époque qu'ils aient vécu, et qu'il ait écrit tout ce qu'il connaît dans un gros livre ; ce livre contiendrait la description complète du monde.

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dimanche 7 août 2016

S.G. - Plage de la Ponche (1926)

La veillée du dimanche. peintre et sculpteur d’origine ukrainienne évoqué en juin dernier dans une publication consacrée à Émile Savitry. Formé à l’École des Beaux-Arts d’Odessa, il interrompt ses études en 1904 pour effectuer son service militaire dans le contexte de la guerre russo-japonaise, puis s'installe à Paris en 1909.
C'est là que débute sa carrière artistique, au sein de ce que l'on a appelé l'École de Paris. Pour gagner sa vie, il fait le ménage au célèbre café de Montparnasse La Rotonde et pose comme modèle à l'Académie de la Grande Chaumière. Le « cow-boy de Montparnasse » devient bientôt une figure de la bohème parisienne.
S.G. - Le port à Concarneau (1926)

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il retourne à Odessa et ne revient à Paris qu’en 1920. Il devient membre de l’Union des Artistes Russes à Paris puis, à partir de 1921, du groupe « Chérez », qui s’est donné pour mission de rapprocher les émigrés russes des représentants de la culture française.
Arrêté le 17 juillet 1942 au cours de la rafle du Vel d'Hiv, il est interné à Drancy puis déporté à Auschwitz où il est assassiné le 22 juillet.
 © Veilleur de Nuit – 2016

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samedi 6 août 2016

Hubbles - The pillars of creation (1995)

Une image et des mots. Ceci est la version HD des Piliers de la création, la photo prise par Hubble le 1er avril 1995 d'une petite partie de la Nébuleuse de l'Aigle.
Il s'agit d'un amas de molécules d'hydrogène et de poussière interstellaire dont la dimension se mesure en années-lumière. Si l'on revenait quelques milliards d'années en arrière et que l'on assiste à la naissance de notre soleil et de notre système solaire, c'est sans doute quelque chose comme ça que l'on verrait.

Pour aller avec, voici quelques lignes de Les nuits blanches, de Dostoïevski.

La nuit était merveilleuse - une de ces nuits comme seule notre jeunesse en connut, cher lecteur. Un firmament si étoilé, si calme, qu'en le regardant on se demandait involontairement : peut-il vraiment exister des hommes méchants et capricieux sous un si beau ciel ?

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