In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 28 avril 2013

R.M. - L'empire des lumières (1954)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre surréaliste belge René Magritte (1898-1967). Il abandonne ses études en 1915 et entre l’année suivante à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, où étudie également Paul Delvaux.
Très tôt, il découvre le milieu dadaïste, puis se rapproche de Camille Goemans et Édouard Mesens. Mais la rencontre décisive est celle du Chant d'amour de Giorgio de Chirico, dont il dira : « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois. »

R.M. - Les fleurs du voyage
(1926)
Magritte comprend alors que la peinture peut faire naître une idée sans avoir besoin de la raconter. Il construira dès lors un langage d’une grande clarté visuelle : des objets familiers, des images presque neutres en apparence, mais dont l’association suffit à faire vaciller nos certitudes.
De 1927 à 1930, Magritte séjourne en France, où il rencontre les surréalistes français. Mais cela se terminera par une brouille. provoquée par Breton ; surprenant, non ? « La liberté, c'est la possibilité d'être, et non l'obligation d'être.»

UL1

ICI

dimanche 21 avril 2013

C. Mydans - Texas (1937)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Carl Mydans, dont les titres complets sont Daughter of migrant workers in Raymondville, Texas, et Marketplace in New Orleans, Louisiana. Pionnier du photojournalisme, Mydans est connu pour ses reportages sur la Seconde Guerre mondiale – notamment dans le Pacifique, de la chute de Manille à la reddition du Japon – ainsi que sur de nombreux conflits et événements majeurs du XXᵉ siècle, de la guerre de Corée et du Vietnam au Civil Rights Movement aux États-Unis.
C.M. - Louisiana (1936)

Il débute sa carrière à la Farm Security Administration, un organisme créé dans le cadre du New Deal de Roosevelt pour documenter la vie des paysans américains frappés par la Grande Dépression.
Cette expérience à la FSA marque durablement son approche : un regard attentif aux situations sociales, mais aussi à la dignité des personnes photographiées.
« I don’t believe in just taking a picture, I believe in telling a story ».
JT1

ICI

samedi 20 avril 2013

Gérard David - La Vierge parmi les vierges (1509)
Une image et des mots. Un tableau de la Vierge parmi les saintes martyres, par le peintre flamand Gérard David (1460-1523).

Comment peut-on parler de beauté au milieu d'une humanité qui se dévore elle-même ? Mais la beauté, c'est d'abord la lutte contre la vilenie (...) et je savais que depuis un Michel-Ange, jusqu'à un Tolstoï et un Ibsen, les grands arts et les grands artistes se sont dressés contre toutes les tyrannies qui brûlent bibliothèques et cathédrales, brisent les statues à coup de marteau, censurent la pensée et se fortifient à l'aide des minorités ignorantes et satisfaites dont l'idéal est le matérialisme.
Panaït Istrati, Les arts et l’humanité d’aujourd’hui (1931)
HP4

ICI

dimanche 14 avril 2013

Édouard Boubat - Paris (1948)
La veillée du dimanche. Deux clichés par Édouard Boubat (1923-1999) consacrés à Lella, sa compagne rencontrée à la Libération. Après la guerre, Picasso l'encourage à abandonner son métier de photograveur pour se consacrer pleinement à la photographie.
Ce sera pour lui, loin des horreurs récentes, une manière de renouer avec la vie. À partir de 1951, il travaille pour le magazine Réalitésqui l'amène à parcourir le monde jusqu'en 1967, avant de devenir photographe indépendant et de rejoindre l'agence Top-Rapho aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss et d'autres représentants de la photographie humaniste française.

E.B. - Lella, Paris (1946)
« Finalement la photo est comme un baiser volé. Un baiser est toujours volé même si la jeune femme est consentante. La photo est volée, mais un peu consentante. »
La phrase résume assez bien le regard de Boubat pour qui un photographe devait être un collectionneur d'instants heureux : une manière de photographier les êtres avec délicatesse, sans jamais donner l’impression de leur prendre quelque chose. 
BH2

ICI

dimanche 7 avril 2013

Maruyama Ōkyo - Papillons (1788)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du  peintre japonais Maruyama Ōkyo (1733-1795), figure majeure de la période Edo, déjà présenté ici en février 2011. 
Maruyama Ōkyo
Encre et peinture (1771)

Observateur attentif de la nature, il introduit dans la peinture japonaise une manière nouvelle de rendre la profondeur, notamment par un usage subtil de l’ombre, ainsi qu’une attention particulière aux formes et aux couleurs. « Painting is the mirror of the heart. »

BC1

ICI

samedi 6 avril 2013

Jason deCaires Taylor - Inertia
Une image et des mots. Une des sculptures, "Inertia", de l'anglais Jason deCaires Taylor, immergées dans son musée sous-marin de Cancún, le Musa. Pour l'accompagner, un extrait de Tristes tropiques de Claude Levi-Strauss.

"Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. Les parfums des tropiques et la fraîcheur des êtres sont viciés par une fermentation aux relents suspects, qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus.
Aujourd'hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud, où l'Asie tout entière prend le visage d'une zone maladive, où les bidonvilles rongent l'Afrique, où l'aviation commerciale et militaire flétrit la candeur de la forêt américaine ou mélanésienne avant même d'en pouvoir détruire la virginité, comment la prétendue évasion du voyage pourrait-elle réussir autre chose que nous confronter aux formes les plus malheureuses de notre existence historique ? Cette grande civilisation occidentale, créatrice des merveilles dont nous jouissons, elle n'a certes pas réussi à les produire sans contrepartie. Comme son oeuvre la plus fameuse, pile où s'élaborent des architectures d'une complexité inconnue, l'ordre et l'harmonie de l'occident exigent l'élimination d'une masse prodigieuse de sous-produits maléfiques dont la terre est infectée. Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité.
Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l'illusion de ce qui n'existe plus et qui devrait être encore, pour que nous échappions à l'accablante évidence que vingt-mille ans d'histoire sont joués.
Il n'y a plus rien à faire : la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur diversité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture, elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comporte plus que ce plat
."
Dans quel océan de laideur et de médiocrité nous sommes-nous plongés ?
FL1

ICI

mercredi 3 avril 2013

Fred - Philémon
Fred, pseudonyme de Frédéric Othon Théodore Aristidès (1931–2013), créateur de l’inoubliable Philémon et figure très singulière de la bande dessinée francophone, fondateur de Hara-Kiri en 1960 avec Choron et Cavanna... Fred, que j'aimais beaucoup et que j'avais présenté en janvier dernier à l'occasion de la clôture du Festival d'Angoulême, nous a quittés aujourd'hui.
PH1
ICI

FM1 ICI