In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 27 octobre 2024

O.S. - Fermant les volets (1929)

La veillée du dimanche. Deux œuvres, des tempera sur papier, du peintre et illustrateur suédois Otte Sköld (1894-1958). Né en Chine, où il reçoit ses premières leçons de dessin, il poursuit sa formation en Suède avant de séjourner à Copenhague et à Paris. Dans les années 1920, il dirige l’Académie Scandinave et enseigne à la Maison Watteau, avant de fonder à son retour en Suède sa propre école, l’école Sköld.

O. Sköld - Mansardes (1921)
Représentant du courant de la Nouvelle Objectivité, apparu dans l’Europe des années 1920 – d’abord en Allemagne (Neue Sachlichkeit) en réaction à l'expressionisme et à l’abstraction croissante du modernisme, Sköld cherche une représentation précise et dépouillée du monde. Comme d’autres artistes de ce mouvement, il s’intéresse à une réalité marquée par les bouleversements de l’après-guerre, les tensions sociales et un certain désenchantement.
« Il n'y a qu'un seul monde et il est cruel », disait Nietzsche.

JT2

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samedi 26 octobre 2024

Henri Senders
Une image et des mots. Un cliché du photographe néerlandais Henri Senders (b.1958).

Elle vivra toujours,
Sur les grèves,
Des îles roses,
Toujours indocile,
Toujours indomptable,
Avec ses chevilles
Si blanches
Que leur révélation
Passe comme un éclair sur la mer
Et illumine le monde entier.

Panaït Istrati, Nerrantsoula
TZ1

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dimanche 20 octobre 2024

Beryl Cook - The dancer

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l’artiste autodidacte anglaise Beryl Cook (1926-2008), très appréciée pour ses tableaux pleins d’humour, de vitalité et de personnages hauts en couleur. Son style, aux formes volontairement amplifiées et aux couleurs éclatantes, échappe aux classifications faciles : à la fois proche de l’art naïf et de l’imagerie populaire, quelque part entre un Dubout policé et un Botero festif.

B. Cook - Banjo players
Inspirée par sa fréquentation des pubs, Beryl Cook représente avec malice et bienveillance des personnages exubérants, aux formes généreuses, des joyeux fêtards et des dondons en goguette qui sirotent leur cask beer dans des situations festives.
Soirées dansantes, pubs animés, plages ensoleillées : elle célèbre la culture populaire britannique dans ce qu’elle a de plus spontané, avec une touche d’irrévérence, mais sans jamais tomber dans la caricature cruelle. Elle y saisit surtout cette excentricité si particulière de ses compatriotes, leur goût de la fête, du déguisement, de l’excès joyeux et de la convivialité.
Bien qu’elle n’ait jamais cherché les honneurs, son œuvre a conquis un large public par sa sincérité, son humour et cette capacité rare à célébrer les moments partagés, la joie simple d’être ensemble. « Nous valons ce que valent nos joies », écrivait saint Thomas d’Aquin.

LC12

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dimanche 13 octobre 2024

B.M. - Larry & his grandfather, Cumberland KY (1987)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe néerlandaise Bertien van Manen (1935-2024). Après des études de langues et littératures allemande et française à l’université de Leyde, elle débute en 1974 comme photographe de mode.
Mais la découverte du livre de Robert Frank, The Americans (voir nov. 2019), est pour elle une révélation : « I am guided more by a feeling and a search, a real longing, for some kind of meaning. » 

B.M. - Odessa, Station 16 (1992)
Dès lors, elle délaisse la mode pour se consacrer à la photographie documentaire. Désormais, elle va sillonner la Chine, les républiques de l’ex-URSS et surtout la région des Appalaches aux États-Unis, où elle partage la vie des communautés rurales souvent désignées sous le terme de hillbillies (cliché 1).
À ces habitants des montagnes du Kentucky et du Tennessee sont longtemps associés des stéréotypes de pauvreté, d’isolement et d’arriération, véhiculés par la culture populaire, de Délivrance de John Boorman aux aventures de Li’l Abner et de la famille Yokum imaginées par Al Capp (voir publication de janvier 2010). Pendant près de trois décennies, Bertien van Manen documente leur quotidien avec une grande proximité, loin des clichés, dans son ouvrage Moonshine (2001), du nom du whisky distillé clandestinement dans ces régions pauvres de l’Amérique profonde.
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dimanche 6 octobre 2024

B.W. - Femme à la couture (1891)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Bertha Wegmann (1846-1926), figure majeure de la peinture danoise du XIXᵉ siècle, notamment pour ses portraits et ses scènes de genre. Très tôt attirée par le dessin, elle ne reçoit pourtant aucune formation académique avant l’âge de 19 ans, lorsqu’elle commence à étudier auprès de Frederik Ferdinand Helsted, Heinrich Buntzen et Frederik Christian Lund.
Deux ans plus tard, grâce au soutien de ses parents, elle s’installe à Munich et y reste jusqu’en 1881.
Elle y étudie d’abord avec le peintre historique Wilhelm von Lindenschmit le Jeune, puis avec celui que je préfère entre tous : Eduard Kurzbauer, merveilleux peintre de genre. 
B.W. - Resignation (1890)

Mais Wegmann ne se satisfait pas longtemps de l’enseignement en atelier : elle choisit d’apprendre directement au contact de la nature.
Elle se lie d’amitié avec la peintre suédoise Jeanna Bauck, avec qui elle entreprend plusieurs voyages d’études en Italie, avant de s’installer à Paris en 1881, où elle participe à plusieurs Salons. L’année suivante, elle retourne à Copenhague, où ses œuvres sont déjà connues grâce à leurs expositions régulières au Palais Charlottenborg depuis 1873.
Un portrait de sa sœur – il est magnifique – lui vaut en 1833 la médaille Thorvaldsen, et quatre ans plus tard, Bertha Wegmann devient la première femme à occuper une chaire à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark.

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samedi 5 octobre 2024

Brassaï - Rue de l'Hôtel de Ville, Paris (1932)

Une image et des mots. J'étais à la recherche de la poésie du brouillard qui transforme les choses, de la poésie de la nuit qui transforme la ville, de la poésie du temps qui transforme les êtres... Ce cliché est de Brassaï.
Et pour l'accompagner, voici quelques lignes d'Alexandre Vialatte extraites de son roman "Salomé" écrit en 1932 et publié pour la première fois en 1991.

Regarde au fond de la nuit noire et tu n'y verras que tes rêves. Solitude des maisons fermées. Que font ces âmes dans la nuit ? Désordre immense au fond des eaux calmes, suprême désordre des sommeils ...
[...] Une petite fille, les yeux ouverts, regardant au plafond de sa chambre, écoute un air venu de loin qui perce la nuit... [...] Deux flûtes, presque imperceptibles, au coeur des montagnes lointaines, tissent le destin dans leur navette. Les rêves passent au fond des ténèbres, les rêves défilent au fond des eaux comme des poissons maléfiques, brillants, que nos mains effarouchent, que nos torpeurs rendent hardis. La nuit descend, avec ses fards et ses opiums, et révèle l'envers du monde. Le jour brise comme la foudre ceux qui ont pris la nuit pour patrie. La nuit, patrie internationale, qui ne souffre pas de trahison ; océan pur d'où le poisson ne peut pas sortir sans en mourir ; le soleil foudroie les nocturnes, les mythiques. On dit qu'il existe, au fond des profondeurs abyssales, des poissons merveilleux ; s'ils remontent vers le soleil, trompés et séduits par l'ombre d'un navire, ils éclatent comme des bombes et rien ne reste de leurs entrailles dispersées.

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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...