In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 30 octobre 2022

A.C - Camino de fuego (2014)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'Argentin Alejandro Chaskielberg (b.1977) que j'ai découvert en 2016 avec sa série Laberinto dans les pages du magazine Burn, édité par David Alan Harvey pour présenter de jeunes photographes émergents. Formé d'abord au photojournalisme, Chaskielberg s'est rapidement éloigné du réalisme pur pour construire un univers visuel à la frontière du documentaire et de la fiction. Travaillant souvent la nuit, il compose des images baignées d'une lumière étrange, entre rêve et réalité.
A.C. - Sinapsis (2014)

La photographie Sinapsis, issue de la série Laberinto, a été réalisée dans le labyrinthe créé en Patagonie par Claudio Levi et Doris Romera. L'artiste raconte avoir été inspiré, pour cette scène, par les atmosphères nocturnes du film de Peter Greenaway Drowning by Numbers (1988).
Je publie rarement des photographies où la mise en scène prend une telle place, mais l'univers de Chaskielberg m'a intéressé par cette manière singulière de faire glisser le réel vers le rêve. Chez lui, la lumière, les poses et la couleur forment un langage à part. Tout paraît réel, mais quelque chose déroute ; une façon de laisser affleurer la part fictionnelle du monde.
AB1

ICI

dimanche 23 octobre 2022

B.W.L. - Shere church, Surrey (1902)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Benjamin William Leader (1831-1923), peintre paysagiste britannique qui consacra toute sa carrière à célébrer la beauté de la campagne anglaise.
Né à Worcester, Leader se forme d’abord auprès de son père, ami de John Constable (voir oct. 2013 et sept. 2019), puis à la Royal Academy de Londres, où il se fait rapidement une réputation pour son talent à représenter la nature. Son style s’inscrit dans la tradition du paysage victorien et du naturalisme, avec un goût pour l’observation minutieuse de la nature et un travail subtil de la lumière.

B.W.L. - An English river in autumn
(1877)
Leader ne cherche pas seulement à représenter le paysage : il en restitue la quiétude, la lenteur et cette beauté fragile des lieux familiers. Ses campagnes anglaises, souvent baignées d'une lumière douce, semblent comme hors du temps. L'une de ses œuvres les plus célèbres, February Fill Dyke (1881), montre un paysage hivernal traversé par des rigoles et des ruisseaux, dans ce moment particulier où l'hiver commence peu à peu à céder la place au printemps.
Ses tableaux, aujourd'hui présents dans de nombreuses collections, peuvent notamment être admirés à la Tate Britain et à la Worcester City Art Gallery.
VW3

ICI

samedi 22 octobre 2022

C.G. - Repairing hearts (1900)
Une image et des mots. "May all broken hearts be healed!", une image de l'illustrateur allemand Charles Heinz Geilfus (1856-1914), de sa série Repairing hearts.
Et pour aller avec, une des plus belles phrases de l'oeuvre d'Albert Camus, un moment de lumière après l’exil, la solitude et la douleur : c'est un extrait du texte Retour à Tipasa, dans L'Été (1952)

Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.

DG5
ICI

dimanche 16 octobre 2022

A.C. - Jeune femme à la quenouille
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre baroque flamand Adam de Coster (1586-1643). Surnommé "le peintre de la nuit" pour son goût pour les scènes ténébristes, il est un représentant important de ceux que l'on appelle les caravagistes d'Anvers, un groupe de peintres baroques parmi lesquels figuraient Theodore Rombouts, à qui je consacrerai sans doute une publication.
A.C. - Saint François et Frère Léon
(1626)

Bien que sa vie soit peu documentée, on sait que Adam de Coster a été actif surtout à Anvers, où il fut admis en 1607 comme maître dans la Guilde de Saint-Luc.
Il aurait ensuite découvert en Italie le travail du Caravage.
De Coster s'est imposé comme l'un des grands maîtres du clair-obscur flamand, jouant des contrastes de lumière pour modeler les visages et les gestes dans des atmosphères souvent religieuses ou allégoriques. Paradoxalement, il n'avait ni atelier ni élèves connus, signait rarement ses œuvres, et nombre d'entre elles furent attribuées à d'autres : une discrétion qui explique sans doute pourquoi son nom est longtemps resté dans l'ombre qu'il aimait tant peindre.
LC7

ICI

dimanche 9 octobre 2022

V.C. Ferry - Girl reading (2014)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain V.C. Ferry, dont je sais vraiment peu de choses, sinon qu'il vit à New York et semble se consacrer principalement à la photographie de rue et documentaire. Le peu que je connais de son travail est visible ICI ou sur sa page Facebook.

V.F. - The immigrant (2015)
« Je préfère faire l'expérience du monde d'une façon qui me connecte à la beauté de chaque jour. Lorsque je photographie, j'essaie de ne faire qu'un avec l'image, et le sentiment qu'elle véhicule. J'accorde de l'importance au fait de saisir le familier qu'il nous est permis de voir, mais que l'on ne voit jamais réellement. J'ai l'espoir de créer une oeuvre qui transmette un sentiment de paix et attire le spectateur dans le moment présent. »

JT1
ICI


dimanche 2 octobre 2022

A.K. - The renowned orders of the night (1997)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres d'Anselm Kiefer, déjà présenté en décembre 2009.
« Anselm Kiefer n'esquive rien », écrit Laurent Wolf dans Le Temps du 15 janvier 2006. « Il fait face à l'incroyable effondrement de l'espérance culturelle allemande qui, de la philosophie des Lumières, de la poésie romantique, de la musique et de la peinture – de Bach et Beethoven à Kant, Goethe, Novalis et Friedrich – conduit au triomphe d'Hitler et pose le problème de la raison et de l'héritage. »
A.K. - Lot's wife (1989)

Avec ses peintures, sculptures et installations monumentales, Kiefer explore l'histoire, la mémoire et la culture allemandes.
Ses paysages d'arbres calcinés, recouverts de cendre – « ce reste sans reste », selon Derrida – traduisent une méditation sur la ruine et la survivance. L'emploi de matériaux bruts ou symboliques – plomb, cendre, paille, verre, terre, végétaux – donne à ses œuvres une densité presque sculpturale. Souvent associé au néo-expressionnisme, Kiefer dépasse pourtant les catégories : son œuvre, traversée par la mythologie, la philosophie, la théologie et la poésie, interroge les zones sombres de l'histoire mais aussi ce qui peut encore naître après la destruction.
Chez lui, peindre n'est jamais seulement représenter. C'est travailler avec les traces, les blessures et les fragments d'un monde disparu, pour tenter d'en faire surgir une mémoire.

DG4
ICI

samedi 1 octobre 2022

Ali Asadi - Iran (2013)
Une image et des mots. Voici un cliché de l'iranien Ali Asadi, où l'on devine sous son voile le visage douloureux d'une femme, à l'occasion sans doute d' Achoura. C'est chez les chiites le jour qui commémore la mort de l'iman Hussein, petit-fils du prophète Mahomet.
Pour aller avec, quelques lignes de la grande Colette extraites des Vrilles de la vigne (1908) :

Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomime, même la comédie. Je veux danser nue, si le maillot me gêne et humilie ma plastique. Je veux me retirer dans une île, s'il me plaît, ou fréquenter des dames qui vivent de leurs charmes, pourvu qu'elles soient gaies, fantasques, voire mélancoliques et sages, comme sont beaucoup de femmes de joie. Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n'y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s'effraient de l'homme... Je veux sourire à tous les visages aimables, et m'écarter des gens laids... Je veux chérir qui m'aime, et lui donner tout ce qui est à moi dans le monde : mon corps rebelle au partage, mon coeur si doux et ma liberté !
MK6

ICI

NR1 ICI