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| Reiser |
In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 28 janvier 2024
samedi 27 janvier 2024
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| Tore Johnson |
Une image et des mots. Un cliché du photographe suédois, d'origine française, Tore Johnson (1928-1980), présenté ici en novembre 2008.
On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter, nous dit La Fontaine dans la fable L'Horoscope (1678).
Pour accompagner cette image qui illustre si bien ce que l'on nomme "l'ironie du sort", je me suis souvenu de ce passage d'un curieux roman de Cocteau, Le grand écart (1923).
Un jeune jardinier persan dit à son prince:
- J'ai rencontré la Mort ce matin, elle m'a fait un geste de menace. Sauve-moi! Je voudrais être par miracle à Ispahan ce soir.
Le bon prince prête ses chevaux. L'après-midi, ce prince rencontre la Mort.
- Pourquoi, lui demande-t-il, avez vous fait ce matin à notre jardinier un geste de menace?
- Je n'ai pas fait un geste de menace, répond-elle, mais un geste de surprise. Car je le voyais loin d'Ispahan ce matin et je dois le prendre à Ispahan ce soir.
dimanche 21 janvier 2024
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| Belá Czene |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre hongrois Belá Czene (1911-1999). Formé de 1930 à 1933 à l'Académie hongroise des Beaux-Arts, il y suit l'enseignement de Gyula Rudnay, fondateur de la colonie d'artistes de Baja et figure majeure de l'école d'Alföld.
Au fil de sa carrière, Czene s'éloigne progressivement de la tradition académique de ses débuts pour évoluer vers une peinture plus libre, parfois impressionniste ou expressionniste. Il occupe ainsi une place singulière dans la peinture hongroise du XXᵉ siècle.
J'aime ses paysages ruraux, ses portraits de jeunes femmes sages qui feuillettent distraitement un album ou un magazine, et tout particulièrement ses scènes simples et paisibles de la vie quotidienne. Il y a chez lui une attention particulière aux moments ordinaires, à ces instants où rien de spectaculaire ne se produit mais où semble se déposer quelque chose de la vie. « Mon désir est de vivre une vie où les émotions arrivent lentement, comme les nuages par une journée calme », écrivait Joyce Carol Oates.
dimanche 14 janvier 2024
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| Y. Ogawa - Into the silence (2023) |
Après des études de littérature anglaise à l'Université de Kanagawa, achevées au début des années 1990, et influencé par le travail du photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, il se consacre à la photographie et débute sa carrière professionnelle en 2000.
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| Y.O. - Into the Silence (2023) |
« Ce chemin, seule la pénombre d'automne l'emprunte encore... » : avec sa série Into the Silence, dont ces deux clichés sont extraits, Yasuhiro Ogawa a voulu suivre les traces du poète du XVIIᵉ siècle Matsuo Bashō, pour saisir la beauté rude et mélancolique du Japon septentrional.
dimanche 7 janvier 2024
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| Cuno Amiet - Arbre en hiver (1905) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du suisse Cuno Amiet (1868-1961). Formé à l'Académie de Munich – où il se lie d’amitié avec Giacometti – puis à l'Académie Julian à Paris, il séjourne en 1892 à Pont-Aven, où il découvre notamment les œuvres de Gauguin et de Van Gogh. Ce séjour marque un tournant décisif dans son parcours : il y affirme son goût pour une peinture où la couleur devient un langage à part entière.
De retour en Suisse, il se lie avec Ferdinand Hodler, puis participe au mouvement de renouvellement artistique européen du début du XXᵉ siècle. Proche de la Sécession viennoise et invité en 1906 par le groupe expressionniste allemand Die Brücke, il occupe une place singulière entre symbolisme, postimpressionnisme et expressionnisme.
Outre ses toiles de chevalet, Cuno Amiet réalise également des fresques et des gravures.
Mais c'est peut-être dans ses paysages, lumineux et sereins, que l'on retrouve le mieux ce qui fait la force de sa peinture : une nature transfigurée par la couleur.
samedi 6 janvier 2024
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| Alexey Vasilyev - série My dear Yacutia (2019) |
"Nous ne sommes pas seulement chargés d'un passé, nous sommes aussi chargés d'un milieu", écrit le philosophe japonais Tetsurô Watsuji dans son ouvrage Fûdo : le milieu humain, publié au CNRS en 2011.
Il y théorise, à l'aide du concept de "médiance" (fûdosei), la façon dont les hommes vivent leur environnement et par là celle dont les cultures sont le reflet de cet environnement.
Il y a plusieurs endroits où de grands braillards lyriques, le cœur sur la main, ignorants comme des bornes, ont voulu à toutes forces se risquer, et ont cessé de donner de leurs nouvelles. Pas besoin de brigands pour cela ; il suffit d'un hameau de montagne misérable et isolé, d'une de ces discussions irritées, à propos d'un pain ou d'un poulet où, faute de se comprendre, on gesticule de plus en plus fort, avec des regards de plus en plus inquiets jusqu'à l'instant où les bâtons se lèvent rapidement au-dessus d'une tête. Et tout ce qu'on a pu penser de la fraternité des peuples ne les empêche pas de retomber.
Nicolas Bouvier, L'usage du monde (1963)
lundi 1 janvier 2024
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