In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 29 août 2021

W.M.- The Rocks of Nantucket
(1875)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre impressionniste américain Willard Leroy Metcalf (1858-1925), membre du groupe des Ten.
Entre 1883 et 1889, Metcalf séjourne en France, où il étudie à l'Académie Julian auprès de Gustave Boulanger et de Jules Lefebvre. Il découvre surtout la Bretagne, la Normandie, Pont-Aven, Grez-sur-Loing... et Giverny. Enthousiasmé par ce qu'il y voit, il est l'un des premiers à faire connaître le village de Monet aux peintres américains, contribuant largement à l'installation de la célèbre colonie artistique.

W.M. - East Boothbay Harbor (1904)
De retour aux États-Unis, il abandonne progressivement l'académisme de sa formation pour une peinture plus libre. Les paysages de Nouvelle-Angleterre, les côtes du Maine ou de Nantucket deviennent alors ses sujets de prédilection. Avec Childe Hassam, J. Alden Weir, John Henry Twachtman et quelques autres, il fonde en 1897 le groupe des Ten, qui donnera à l'impressionnisme américain quelques-unes de ses plus belles oeuvres.

SG1
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samedi 28 août 2021

Anon. - London tram on Embankment (1938)
Une image et des mots. Une belle photographie anonyme sur les bords de la Tamise, et un extrait du roman d'Aragon, Les voyageurs de l'impériale (1942).

- C'est drôle comme on passe d'une condition à l'autre... Il y a des gens qui montent, d'autres qui descendent..., ce n'est pas comme dans l'escalier, ils ne se croisent pas...
- Plaît-il?
- Rien... je voulais dire... que nous imaginons grossièrement la société comme formée de compartiments étanches bien séparés... et puis des échanges, des va-et-vient... il n'y a pas vraiment de classes...
- D'un côté, vous dites vrai ; et d'un autre... Vous vous dites qu'il n'y a pas de classes, parce que vous avez toujours vécu dans la même... Notez que je n'ai jamais été socialiste. Mais j'ai été ouvrier. Alors je connais tous les mensonges. Ceux qu'on dit en bas, ceux qu'on dit en haut.

TM1
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dimanche 22 août 2021

W.G. - Devant le miroir (1910)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et sculpteur allemand Wilhelm Gallhof (1878-1918), qui s'impose au début du XXe siècle comme l'un des artistes allemands les plus en vue pour ses nus féminins. Formé notamment auprès de Lovis Corinth – membre de la Sécession berlinoise et que l'Allemagne nazie qualifiera plus tard de dégénéré –, il appartient à cette génération qui se situe à la croisée de l'impressionniste finissant et du Jugendstil, l'Art nouveau allemand. 
W.G. - Le collier de corail (c.1917)

Il était parfois controversé en raison de ses nombreuses œuvres érotiques, perçues comme provocantes et même pornographiques pour l'époque, mais les sujets et thèmes de ses œuvres s'inscrivaient dans l'air du temps de l'Allemagne d'avant-guerre, capturant l'esprit de transition vers les années folles.
Son tableau le plus célèbre et souvent reproduit est Le Collier de corail (Die Korallenkette) de 1917. Cette peinture, qui représente une femme nue regardant dans un miroir et portant des colliers de corail autour du cou et de la cheville (ci-contre), fut choisie pour la couverture de Jugend, revue culturelle fondée en 1896 et très influente dans le monde de l'art et de la littérature. Mais comme beaucoup d'artistes de sa génération, sa carrière s'interrompt au moment même où l'Europe bascule dans un autre monde. Gallhof meurt au combat à peine âgé de 40 ans, alors que touche à sa fin « la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite », selon le mot du Maréchal Lyautey.

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dimanche 15 août 2021

J. Nachtwey - Kaboul, Afghanistan (1996)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe de guerre américain James Nachtwey (b.1948). Depuis plus de quarante ans, il photographie les guerres, les famines, les génocides et les catastrophes humanitaires aux quatre coins du monde. 
James Natchwey donne à voir l'insupportable avec des photos magnifiques : une femme pleurant son frère tué par les talibans lors du siège de Kaboul en 1996 ; une silhouette errant dans les ruines du quartier des affaires de la capitale afghane après les combats Des images qui ne cherchent pas le spectaculaire, mais plutôt la trace laissée par la violence dans les vies ordinaires.
J.N. - Kaboul, Afghanistan (1996)

Membre de Magnum Photos puis fondateur de l'agence VII, Nachtwey s'inscrit dans la tradition du grand photojournalisme humaniste. Toute son œuvre est traversée par une question essentielle : comment montrer l'horreur sans la transformer en spectacle ? Derrière chaque photographie, il y a d'abord une souffrance humaine.
« I hope my archive will inspire future generations to approach the world with the same global perspective and concern for human dignity and social justice that I have sought to convey through my work. »
AP4

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dimanche 8 août 2021

A.D. - Communication breakdown
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain Alex Devereux (b.1974). Formé à l’American Academy of Art de Chicago, où il étudie le design graphique et l’illustration, il découvre presque par hasard le photoréalisme lors d’un projet étudiant : photographier une Buick de 1956 abandonnée dans une casse automobile. Cette image sera le point de départ d’une nouvelle voie, celle d’une peinture consacrée aux traces laissées par l’Amérique industrielle. 
A.D. - Blue swallow

Depuis l’enfance, Devereux est fasciné par l’imagerie rétro et l’Americana d’après-guerre : stations-service désaffectées, enseignes lumineuses, gares de triage et dépôts ferroviaires. Il ne peint pas des monuments, mais ces lieux ordinaires qui portent en eux une histoire : celle d’un pays bâti sur la vitesse, la consommation et le rêve industriel, puis peu à peu transformé par le temps. De la crudité des néons à la douceur électrique du crépuscule, les images d'Alex Devereux jouent avec la lumière pour faire apparaître dans ces paysages délaissés quelque chose qui dépasse la simple nostalgie.

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samedi 7 août 2021

F. Bimmer - Clown Army, Rostock, Germany (2007)

Une image et des mots. Un cliché de Fabian Bimmer, pris lors du sommet du G8 à Rostock le 2 juin 2007. Les mots que j'ai choisis pour aller avec sont extraits de l'ouvrage de Georg Simmel, Philosophie de la mode, paru chez Allia en 2013.

Celui qui, par sa toilette ou ses manières d'être, adopte délibérément le contre-pied de la mode accède lui aussi au sentiment d'individualisation qui s'y attache. Mais c'est alors au moyen d'une pure négation de l'exemple social, et non pas en raison d'une qualification individuelle. Si être à la mode consiste à imiter l'exemple social, la refuser intentionnellement revient à inverser cette imitation, ce qui ne témoigne pas moins du pouvoir des tendances sociales dont, d'une manière ou d'une autre, positivement ou négativement, nous sommes toujours dépendants. La victime de la mode et celui qui s'y oppose intentionnellement s'emparent tous deux d'un contenu, et ne diffèrent que par la forme qu'ils donnent à ce contenu : le premier celle de la surenchère, le second celle de la négation.

CH2

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dimanche 1 août 2021

S.Vinogradov - Rêves d'été

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre russe Sergueï Arsenievitch Vinogradov (1869-1938). Formé à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès de Sorokine, Makovski et Polenov (voir sept.2015), puis à Saint-Pétersbourg, Vinogradov devient membre des Ambulants, ce mouvement réaliste attaché à représenter le quotidien du peuple russe. Il participe ensuite à la fondation de l'Union des artistes russes en 1903, avant de s'installer à Riga où il enseignera jusqu'à sa mort.

S.V. - Jour d'été en Crimée (1917)
Voici deux tableaux que j'aime beaucoup : leur composition, leurs couleurs, leur lumière, et surtout cette manière qu'ils ont de laisser deviner une vie intérieure. Deux jeunes femmes dont nous ne connaîtrons jamais le visage. La première a-t-elle levé les yeux de sa lecture pour s'abandonner au monde qu'elle révèle ?
Et la seconde, sur quel lointain porte-t-elle son regard ? 
« Chaque jour on regardait ça, disait Duras ; la mer écrite. »

LB4
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