In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 26 novembre 2017

Ph. de Mazerolles - Bains publics
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et enlumineur français Philippe de Mazerolles (c.1420-1479), actif à Paris puis à Bruges au service de Charles le Téméraire pour qui il devient peintre de cour en 1467. Formé à Paris, son style s’inspire notamment de celui du Maître de Bedford (voir mai 2015), enlumineur anonyme actif dans la capitale française au début du XVe siècle. Une soixantaine de manuscrits sont aujourd’hui attribués à Philippe de Mazerolles, souvent identifié au Maître du Froissart Harley, du nom du manuscrit des Chroniques de Froissart dont est extraite la seconde illustration.

Ph. de M - Le bal des Ardents
Une soixantaine de manuscrits sont aujourd’hui attribués à Philippe de Mazerolles, souvent identifié au Maître du Froissart Harley, un manuscrit des Chroniques de Froissart d'où la deuxième illustration est extraite. Elle représente le Bal des Ardents, cette fête organisée en janvier 1393 pour distraire Charles VI – le bien-aimé cinglé – et qui tourne au drame lorsqu’un incendie embrase les costumes des participants. Quatre aristocrates de l’entourage du roi y trouvent la mort ; à la suite de quoi Charles VI déjà déséquilibré devient définitivement fou.
La première illustration, conservée à la Bibliothèque de Berlin, nous montre tout autre chose : des bains publics. Une douzaine de baigneurs, hommes et femmes, dans des cuveaux de bois, mixtes, qui collationnent en lutinant.
Deux scènes bien différentes, mais qui disent assez la richesse de ces manuscrits. L'œuvre de Philippe de Mazerolles témoigne aussi des échanges artistiques qui, à la fin du Moyen Âge, rapprochent peu à peu les ateliers français et flamands.
 © Veilleur de Nuit – 2017
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dimanche 19 novembre 2017

J.M..- J. Hendrix & B. Jones backstage, Monterey Festival
(1967)
La veillée du dimanche. 
À l’occasion de la parution aux États-Unis d’un ouvrage qui lui est consacré, dont la couverture arbore sobrement le beau symbole créé par Gerald Holtom, voici deux clichés de l’Américain Jim Marshall (1936-2010).

J.M. - Peace (2017)
Autodidacte, il commence à photographier très jeune à San Francisco et s’impose dans les années 1960-1970 comme l’un des grands photographes de la scène musicale : le dernier concert des Beatles à Candlestick Park, la guitare en feu de Hendrix, le doigt d’honneur de Johnny Cash à la prison de San Quentin, et le mythique – et malheureusement éphémère – San Francisco de Haight-Ashbury…

J.M. - Dylan Newport (1963)
Avec celui qu’a pris Lynn Goldsmith devant une vitrine de New York, ce portrait de Dylan, seul, presque de dos, dans les coulisses du festival folk de Newport, fait partie de mes préférés.

« How the fuck should I know (what I've captured) ? I was there.
I took some photographs.This is them. I don't know what it means. When I'm photographing people, I don't like to give any direction. There are no hair people fussing around, no make-up artists.
I react to my subject in their environment, and, if it's going well, I get so immersed in it that I become one with the camera.»
 © Veilleur de Nuit – 2017
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samedi 18 novembre 2017

Michal Lukasiewicz

Une image et des mots. L'image est un tableau de l'artiste polonais Michal Lukasiewicz (b.1974).
Les mots pour aller avec sont extraits du petit livre que vient de publier chez POL l'auteur et traducteur Frédéric Boyer : Là où le coeur attend (2017)

Je n'attendais plus rien. Ni rêve ni conquête.
[.....] Nous attendons trop sans savoir que nous sommes attendus nous-mêmes dans l'existence à ce point sombre d'où quelque chose peut commencer. J'ai retraduit mon malheur en traduisant les textes de Job, de saint Paul ou de Shakespeare. Et je commençais à croire qu'il n'y a d'espérance qu'à ce point-là d'essoufflement. J'ai interrogé la dérision du désespoir et l'indignité de notre monde contemporain qui voudrait exclure l'espérance de notre coeur et de nos communautés.
[.....] Ce que nous nommons désespoir n'est peut-être que cette impuissance à recevoir et à vivre la fragilité du monde, cette incapacité à imaginer la seule chose possible : un recommencement.

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dimanche 12 novembre 2017

E.G. - Edith, Danville, Virginia (1963)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Emmet Gowin (b.1941), élève de 1965 à 1967 d'Harry Callahan, dont il retient cette idée simple : la photographie est une prière. Né à Danville, en Virginie, et formé à l’université de Richmond puis à la Rhode Island School of Design, Gowin se fait d’abord connaître par les photographies intimistes de son environnement et de sa famille, en particulier de ses enfants et de sa femme Edith.

E.G. - Edith, Chincoteague (1966)
« Je dois vous dire... Il y a des choses dans votre vie que vous serez seul à voir, des histoires que vous serez seul à entendre. Si vous ne les racontez pas ou ne les écrivez pas, si vous ne les photographiez pas, ces choses ne seront pas vues, ces choses ne seront pas entendues. »
Ces premières images, prises dans la sphère domestique, montrent des scènes simples, mais souvent teintées d’une étrangeté discrète. À partir des années 1980, Gowin s’éloigne progressivement de ce cercle intime pour photographier des paysages marqués par l’intervention humaine : carrières, mines, zones industrielles ou sites nucléaires vus du ciel.
 © Veilleur de Nuit – 2017

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dimanche 5 novembre 2017

R. Rubin - Oliviers par la fenêtre
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre  Reuven Rubin (1893-1974), personnalité de premier plan de la peinture israélienne moderne. Né à Galați, en Roumanie, dans une famille juive hassidique, il rejoint en 1912 la Palestine ottomane, dans le sillage de la première aliyah (1881-1903), mouvement d’immigration juive venu d'Europe orientale. Installé à Jérusalem, il entre à l’école d’art Bezalel, mais, déçu par son académisme, il la quitte rapidement pour poursuivre sa formation à l’École des Beaux-Arts de Paris. La guerre le ramène un temps en Roumanie, puis, en 1921, il gagne les États-Unis où Alfred Stieglitz (voir 6/11/2011) organise sa première exposition.
R.R. - Paysage de Galilée (1928)

Sa peinture se développe entre plusieurs influences européennes – postimpressionnisme, primitivisme de Rousseau – et une observation directe de la vie en Palestine mandataire. Paysages de Galilée baignés de lumière, portraits d’ouvriers, de musiciens, scènes de villages arabes et juifs : Rubin cherche à représenter une terre encore en formation, à la fois concrète et chargée d’imaginaire.
Son style, moderne mais volontairement simple, presque naïf parfois, participe ainsi à l’émergence d’une peinture propre à cette terre nouvelle, connue sous le nom de style Eretz Yisraël.
 © Veilleur de Nuit – 2017
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samedi 4 novembre 2017

Tom Bob
Une image et des mots. Une oeuvre du street-artist américain Tom Bob, que j'ai récemment découvert et dont je ne sais pas encore grand chose mais dont on peut voir davantage ICI.
Depuis quelques mois, les passants découvrent dans les rues de New York ses détournements pleins d’humour et de poésie d’éléments triviaux de l’espace urbain – bouches d’égout, compteurs électriques, tuyaux en tous genres.
De quelle nature est cette poésie ? Est-elle une manière de regarder autrement la réalité, comme Francis Ponge dans Le Parti pris des choses ?
Pas tout à fait : Ponge s’attache aux choses elles-mêmes, tandis que Tom Bob les transforme pour nous les faire voir autrement. Mais peu importe...
En regardant cette image, j’ai pensé aux lignes que Ponge consacre aux montres, « dont le principe est fait de roues qui tournent à des très inégales vitesses, quoiqu’elles soient agies par un unique moteur ».
CC2

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PT6 ICI