In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 3 novembre 2012

Une image et des mots. J'ai découvert par hasard ce petit film d'animation, ICI, qui bien sûr, et malgré une tonalité sans doute plus proche de Kafka que de Borges, évoque immédiatement les aberrations spatiales d'Escher.
À quelle connaissance de l'espace et de l'objet notre perception nous permet-elle d'accéder ? Nous savons que ces moines ne gravissent ni ne descendent cet escalier impossible, inspiré du triangle paradoxal de Penrose, mais peut-on le "voir" ? Peu importe ; c'est à l'infini et à l'idée de l'éternel retour qu'Escher nous confronte.

Escher - Ascending and descending
(lithographie 1960)
« Le temps peut-il être enclos dans le mouvement nécessaire d’une liaison logique? » s’interrogeait le philosophe mathématicien - et marxiste - Pierre Raymond ("La résistible fatalité de l'histoire",1982)

Pour aller plus loin dans la réflexion à laquelle invite le travail du graveur hollandais, un livre de Douglas Hofstadter ("Gödel, Escher, Bach", 1979) ICI.
Plus qu'une mise en relation des mathématiques, des arts, et de la musique, il s'agit ici d'étudier dans quels mécanismes neurologiques cachés la cognition trouve son origine.

Et, pour découvrir l'oeuvre d'Escher, c'est ICI.

Et si un jour ou une nuit, un démon se glissait furtivement dans ta plus solitaire solitude et te disait : ” Cette vie, telle que tu la vis et l’a vécue, il te faudra la vivre encore une fois et encore d’innombrables fois; et elle ne comportera rien de nouveau, au contraire, chaque douleur et chaque plaisir et chaque pensée et soupir et tout ce qu’il y a dans ta vie d’indiciblement petit et grand doit pour toi revenir, et tout suivant la même succession et le même enchaînement – et également cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et également cet instant et moi-même. Un éternel sablier de l’existence est sans cesse renversé, et toi avec lui, poussière des poussières !
Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir

"Nous reviendrons avec le cours des choses réversibles, avec la marche errante des saisons, avec les astres se mouvant sur leurs routes usuelles [...]
[...] et les signes qu'aux murs retrace l'ombre remuée des feuilles en tous lieux, nous les avions déjà tracés."
Saint-John Perse, Vents
MR1

ICI

dimanche 28 octobre 2012

C.M. - American color 2 (2010)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Constantine Manos, déjà présenté ici en mai 2011. Connu d’abord pour son travail en noir et blanc, notamment son magnifique A Greek Portfolio, Manos se tourne à partir des années 1980 vers la photographie couleur. Avec American Color (1995), puis American Color 2 (2010), il photographie plages, parkings, défilés, vitrines, carnavals, foires populaires ou simples passants dans les rues américaines.

CM. - American colors 2
Couleurs violentes, enseignes, silhouettes isolées au milieu de la foule : Manos compose des images où l’humour, l’étrangeté et parfois une certaine mélancolie naissent du spectacle ordinaire de l’Amérique contemporaine.
Il ne cherche pas tant à raconter une histoire qu’à faire surgir des rapports inattendus entre les êtres, les couleurs et l’espace.
« Une photographie n’est pas forcément un mensonge, mais ce n’est pas non plus la vérité ».
Longtemps resté discret malgré son appartenance à Magnum, Constantine Manos est aujourd’hui considéré comme l’un des grands photographes américains de la seconde moitié du XXᵉ siècle, aussi à l’aise dans la rigueur du noir et blanc que dans l'exubérance de l'Amérique en couleur.
TD3

ICI

dimanche 21 octobre 2012

Izaak Levitan - Brouillard d'automne (1899)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres d’Isaac Levitan (1860–1900), admirateur de Corot et ami de Tchekhov, figure majeure du paysage russe de la fin du XIXe siècle. 
Né en Lituanie dans une famille juive modeste, il étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès notamment de Vassili Polenov et d’Alekseï Savrassov.
I. L. - Automne (1896)

Très tôt frappé par de dures épreuves, notamment la perte prématurée de ses parents, Levitan peint toute sa courte vie des paysages empreints d’une discrète mélancolie. La nature n’y est plus simplement représentée ; comme chez son ami Tchekhov, elle semble partager nos états d’âme. Membre des Peredvizhniki – les Ambulants –, Isaac Levitan est l’une des grandes figures du mood landscape, ce "paysage d’humeur" dominé par la lumière et les variations du ciel.

GH2

ICI

photo Seb soWat
Vu Richard Hawley, hier soir au Krakatoa à Bordeaux. 
Voici sa version de Lonesome town,  ICI
 
RH1





Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...