In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 1 août 2021

S.Vinogradov - Rêves d'été

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre russe Sergueï Arsenievitch Vinogradov (1869-1938). Formé à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès de Sorokine, Makovski et Polenov (voir sept.2015), puis à Saint-Pétersbourg, Vinogradov devient membre des Ambulants, ce mouvement réaliste attaché à représenter le quotidien du peuple russe. Il participe ensuite à la fondation de l'Union des artistes russes en 1903, avant de s'installer à Riga où il enseignera jusqu'à sa mort.

S.V. - Jour d'été en Crimée (1917)
Voici deux tableaux que j'aime beaucoup : leur composition, leurs couleurs, leur lumière, et surtout cette manière qu'ils ont de laisser deviner une vie intérieure. Deux jeunes femmes dont nous ne connaîtrons jamais le visage. La première a-t-elle levé les yeux de sa lecture pour s'abandonner au monde qu'elle révèle ?
Et la seconde, sur quel lointain porte-t-elle son regard ? 
« Chaque jour on regardait ça, disait Duras ; la mer écrite. »

dimanche 6 septembre 2015

V. Polenov - Femme en forêt
(1883)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du russe Vassili Polenov (1844-1927), évoqué dans une publication d'octobre 2012 consacrée à Izaak Levitan.
Figure majeure du mouvement réaliste, Polenov est aussi l’une des grandes influences d’Abram Arkhipov, présenté ici en avril 2014. À la différence de son élève, il naît dans une famille aisée d’aristocrates, pétrie de valeurs humanistes et passionnée d’art comme de sciences. Son grand-père, juriste engagé en faveur de l’abolition du servage et de l’alphabétisation du peuple, publie notamment un essai dont le titre résume assez bien l’esprit de cette famille :
« De bonnes mœurs valent mieux que de bonnes lois ».
Polenov adhère au mouvement des peredvijniki (les Itinérants, ou Ambulants) et fréquente Abramtsevo, la colonie artistique créée par le mécène Savva Mamontov, déjà évoqué dans la publication du 10 février 2013 consacrée à Valentin Serov.
V.P. - Le Christ et la pécheresse
(1888)

Son tableau Le Christ et la pécheresse témoigne de son souci de réalisme : : pour le peindre comme un homme de son temps et de son pays, il veut connaître les lieux, les paysages, les architectures et les hommes de l’Orient biblique. Après plusieurs années d’esquisses et d’études, il entreprend en 1881 un long voyage au Proche-Orient et au Moyen-Orient, de Constantinople à la Palestine, afin d’y observer l’architecture et l’environnement, mais aussi les visages, les vêtements et les mœurs des habitants.
De retour à Moscou, il estime cependant que ses observations ne sont pas encore suffisantes. Il repart alors pour Rome, où il séjourne un an et travaille notamment sur les visages de la communauté juive italienne.
Son Christ, écrit le journaliste Vladimir Kortolenko « est un homme, vraiment un homme, fort, musclé, avec la peau tannée d'un prédicateur oriental toujours sur la route.» C'est un chef-d'oeuvre.

dimanche 27 avril 2014

A. Arkhipov - Les lavandières (1899)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du russe Abram Iefimovitch Arkhipov (1862-1930). Issu d’une famille de paysans pauvres, il bénéficie pourtant de l’effort de ses parents, qui l’envoient dès l’âge de quinze ans à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou. Il y est notamment l’élève de Vassili Perov, qui l’encourage à faire du réel le cœur de sa peinture, sans chercher à l’embellir. Il poursuit ensuite sa formation à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, avant de revenir à Moscou où il suit l’enseignement de Vassili Polenov. 

A.A - Après le dégel (1895)
Diplômé, il entreprend avec quelques camarades un voyage le long de la Volga : ils peignent sans relâche, vivent chez l’habitant et partagent la vie des villages paysans.
C'est ainsi qu'il rejoint en 1890 les "Peredvizhniki" – les Ambulants –, groupe progressiste de peintres réalistes qui sillonnent depuis une vingtaine d’années les campagnes russes pour y organiser des expositions itinérantes, avec l’ambition de sortir l’art des salons et de le confronter directement à la vie du peuple.
Ce que j’apprécie particulièrement chez Arkhipov, c’est la manière dont poésie et réalisme se rejoignent dans son œuvre, et lui donnent une dimension à la fois esthétique et documentaire. C’est cette alliance entre beauté et justesse du regard sur la vie ordinaire – entre autres choses, bien sûr – que j’aime retrouver dans la peinture, comme dans la photographie et le cinéma.

dimanche 21 octobre 2012

Izaak Levitan - Brouillard d'automne (1899)

La veillée du dimanche. Deux œuvres d’Isaak Levitan (1860–1900), admirateur de Corot et ami de Tchekhov, figure importante du paysage russe de la fin du XIXe siècle. 
Né en Lituanie dans une famille juive modeste, il étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès notamment de Vassili Polenov et d’Alekseï Savrassov.
I. L. - Automne (1896)

Orphelin très jeune, Levitan peint toute sa courte vie des paysages empreints d’une discrète mélancolie. La nature n’y est plus simplement représentée ; comme chez son ami Tchekhov, elle semble partager nos états d’âme. Membre des Peredvizhniki – les Ambulants –, Isaak Levitan est souvent associé au mood landscape, ce "paysage d’humeur" dominé par la lumière et les variations du ciel.

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...