In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 16 novembre 2014

Julius von Klever - Fin d'automne (1912)
 Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du peintre paysagiste russe, d'origine allemande, Julius (ou Yuri) von Klever (1850-1924).

J.K. - Village de pêcheurs (1892)
Après ses études secondaires, il entre en 1867 à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en classe d'architecture puis de dessin, où il sera l'élève de Mikhaïl Klodt, un des membres fondateurs des Ambulants (les Peredvijniki) auquel il faudra bien un jour que je consacre une publication.
L’œuvre de von Klever se distingue par ses paysages de forêts, de rivières et de campagnes, peints avec une attention très précise aux arbres, aux reflets et aux lumières du ciel. Il s’en dégage une impression de calme profond, comme si la nature y existait loin du bruit des hommes.

dimanche 27 avril 2014

A. Arkhipov - Les lavandières (1899)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du russe Abram Iefimovitch Arkhipov (1862-1930). Issu d’une famille de paysans pauvres, il bénéficie pourtant de l’effort de ses parents, qui l’envoient dès l’âge de quinze ans à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou. Arkhipov appartient à cette génération d’artistes qui émerge au tournant des XIXe et XXe siècles, dans une Russie où l’art oscille entre héritage académique et aspirations modernes, parfois radicales. À Moscou, il est l’élève de Vassili Perov, qui l’encourage à faire du réel le cœur de sa peinture, sans l’embellir. Il poursuit ensuite sa formation à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, avant de revenir à Moscou où il suit l’enseignement de Vassili Polenov. 

A.A - Après le dégel (1895)
Diplômé, il entreprend avec quelques camarades un voyage le long de la Volga : ils peignent sans relâche, vivent chez l’habitant, partagent la vie des villages paysans.
C'est ainsi qu'il rejoint en 1890 un groupe progressiste de peintres réalistes appelé "Peredvizhniki" – les Ambulants – un groupe de peintres réalistes qui, depuis une vingtaine d’années, sillonne les campagnes russes pour y organiser des expositions itinérantes, avec l’ambition de sortir l’art des salons et de le confronter directement à la vie du peuple.
Ce que j’apprécie particulièrement chez Arkhipov, c’est cette alliance entre poésie et réalisme, qui donne à ses œuvres une double dimension à la fois esthétique et documentaire.
C’est précisément cette tension entre beauté plastique et justesse du regard sur la vie ordinaire qui me touche et que je recherche le plus souvent dans l’art, qu’il s’agisse d'ailleurs de peinture, de photographie ou de cinéma.

dimanche 26 mai 2013

A. Bogolyubov - Moonlight at Pornic
(1867)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre paysagiste et mariniste russe Alexey Bogolyubov (1824–1896), figure importante mais aujourd’hui relativement méconnue de la peinture russe du XIXe siècle. Officier de marine devenu artiste, il est le petit-fils du philosophe Alexandre Radishchev, précurseur des Lumières russes. Diplômé de l’école des cadets de la Marine de Saint-Pétersbourg, il sert dans la marine impériale à partir de 1841 et parcourt les mers du monde.
L'éducation d'un peintre de marines est des plus rudes et des plus pénibles, écrivait Valenciennes dans son Traité de 1799 sur la perspective.
Pour peindre la mer, il faut avoir navigué en toutes saisons, avoir passé des journées et des semaines au large...
A. B. - Tide in Pornic (1867)

Cette expérience de la mer nourrit directement son œuvre lorsqu’il entame, dans les années 1850, une carrière artistique à l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, sous la direction de Maxim Vorobiev et dans le sillage d’Ivan Aïvazovski, maître incontesté des marines russes.
Proche des Peredvizhniki (les Ambulants), il partage avec eux la volonté de s’éloigner de l’académisme pour représenter avec plus de vérité les paysages et scènes de la vie russe. Il voyage ensuite en Europe, découvre l'école de Barbizon, la peinture de plein air, et se lie d’amitié avec Corot et Daubigny. Il s’installe même en Normandie, et finira ses jours à Paris.

dimanche 21 octobre 2012

Izaak Levitan - Brouillard d'automne (1899)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres d’Isaac Levitan (1860–1900), admirateur de Corot et ami de Tchekhov, figure majeure du paysage russe de la fin du XIXe siècle. 
Né en Lituanie dans une famille juive modeste, il étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou auprès notamment de Vassili Polenov et d’Alekseï Savrassov.
I. L. - Automne (1896)

Très tôt frappé par de dures épreuves, notamment la perte prématurée de ses parents, Levitan peint toute sa courte vie des paysages empreints d’une discrète mélancolie. La nature n’y est plus simplement représentée ; comme chez son ami Tchekhov, elle semble partager nos états d’âme. Membre des Peredvizhniki – les Ambulants –, Isaac Levitan est l’une des grandes figures du mood landscape, ce "paysage d’humeur" dominé par la lumière et les variations du ciel.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...