In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
Affichage des articles dont le libellé est symbolisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est symbolisme. Afficher tous les articles

dimanche 10 mai 2026

O. Redon - Cinq papillons (1912)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure singulière du symbolisme.
Né à Bordeaux, il suit quelques études aux Beaux-Arts de la ville, mais se détourne rapidement d’un enseignement académique qu’il juge trop rigide.
Il se forme alors en grande partie seul, nourri par la découverte de l’estampe japonaise, les œuvres de Gustave Doré et de Gustave Moreau, mais aussi par la littérature, la philosophie et les sciences.

O.R. - La barque mystique (1890)
La rencontre du botaniste Armand Clavaud, dont il admire la pensée, l’amène à considérer la nature comme un monde mystérieux, traversé de forces invisibles. Plus tard, la lecture de Darwin comme son éducation religieuse viendront encore enrichir cette sensibilité. Dans son recueil autobiographique À soi-même, Redon écrit que Clavaud explorait « les confins du monde imperceptible ».
Ce sont sans doute ces mêmes territoires - faits de rêve, de silence et d’étrangeté - que Redon tente d’atteindre dans ses dessins, ses noirs, puis dans ses pastels colorés, toujours à la recherche de cet invisible qu’aucun mot ne saurait véritablement désigner.

dimanche 26 octobre 2025

M. D. - La Cuisinière (1893)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Maurice Denis (1870-1943). Peintre, graveur et théoricien, il fut l’un des acteurs majeurs du renouveau de la peinture française à la fin du XIXᵉ siècle. Né à Granville, il découvre sa vocation devant les oeuvres de Fra Angelico au Louvre :
la révélation d’un art où foi et beauté sont inséparables, une conviction qui guidera toute son œuvre. É100lève de l’École des beaux-arts et de l’Académie Julian, il fonde avec Vuillard, Roussel et Sérusier le groupe des Nabis, dont il devient le théoricien : « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille ou une femme nue, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »
Proche du symbolisme par son désir de dépasser la simple représentation du réel, il cherche, sous l’influence de Puvis de Chavannes et de Gauguin (« l’incontesté »), une peinture où une scène familière peut révéler une présence plus profonde, où le monde visible semble porter en lui autre chose que lui-même.

M.D. - La digue rouge à Loctudy
(1894)
Les figures féminines occupent une place centrale dans son œuvre et prennent souvent les traits de son épouse Marthe, musicienne, fervente chrétienne et modèle fidèle.
On la retrouve ici dans La Cuisinière. Peinte durant leur voyage de noces à Perros-Guirec, cette scène d'intérieur paraît d'abord d'une grande simplicité. Pourtant, derrière les gestes familiers de la vie domestique se révèle une autre lecture.
Au fond de la pièce, presque fondues dans la lumière de la fenêtre, apparaissent les silhouettes du Christ et de Marie de Béthanie. Marthe, absorbée par ses tâches ménagères, rejoint ainsi la Marthe de l'Évangile, mais Maurice Denis ne l'oppose pas à sa sœur : il donne à ce geste quotidien une dimension spirituelle, où la cuisine elle-même devient un lieu de grâce.

dimanche 23 août 2020

G. Klimt - Île dans l'Attersee (1901)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste autrichien Gustav Klimt (1862-1918), déjà présenté en octobre 2012.
Il est l'un des peintres symbolistes les plus influents de l'Art Nouveau et l'une des grandes figures de la Sécession de Vienne (voir aussi ICI), un mouvement qui entend rompre avec l'académisme viennois, défendre l'art moderne et promouvoir l'idée d'un « art total » (Gesamtkunstwerk), qui abolirait la hiérarchie entre les arts.
G.K - Jardin aux tournesols (1907)

Tout au long de sa carrière, Klimt multiplie les portraits féminins, les allégories et les thèmes parfois dérangeants – érotisme, mort, désir – avec ce style unique qui concilie puissance décorative et expression des sentiments. Pour ma part, je ne suis pas particulièrement fan de ses deux tableaux les plus célèbres – Le Baiser et le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I – d'une éclatante richesse décorative faite d’or, d’argent et de motifs géométriques ; je leur préfère les deux œuvres présentées ici. Cette chronique est d’ailleurs motivée moins par mon goût pour sa peinture que par l’importance de Klimt dans l’art européen : il a notamment ouvert la voie à des artistes comme Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, qui virent en lui un maître autant qu’un précurseur.
Je m'empresse donc de valider cette publication avant de la supprimer.
 © Veilleur de Nuit – 2020

dimanche 9 août 2020

F. von Stuck - Étoiles filantes (1912)

La veillée du dimanche. Deux toiles de l'allemand Franz von Stuck (1863-1928), figure majeure du symbolisme allemand et membre fondateur, en 1892, de la Sécession de Munich, un mouvement qui cherchait à s’affranchir des contraintes académiques et à défendre l'idéal d'un « art total » (Gesamtkunstwerk), où peinture, sculpture et arts décoratifs participeraient d'une même création. Cette volonté de renouvellement artistique s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation de l'académisme qui se développera également à Vienne, avec la création, en 1897, de la Sécession viennoise dirigée par Gustav Klimt.

F.v Stuck - Lydia Feez (1900)
Célèbre pour ses œuvres symboliques, souvent teintées d'érotisme et inspirées de la mythologie, von Stuck explore volontiers les rapports entre désir et raison, beauté et inquiétude, dans un univers où l'influence de Nietzsche n'est pas loin.
Professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Munich, il a notamment parmi ses élèves Wassily Kandinsky et Paul Klee, qui deviendront deux figures majeures de l’art moderne. Longtemps éclipsé par les artistes qui lui succédèrent, son œuvre connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, comme en témoigne la redécouverte progressive de son rôle dans l’art européen du tournant du siècle.
Le premier de ces deux tableaux, Sternschnuppen, est de circonstance en cette période de pluie des Perséides. Quant au second, parmi tous les portraits que Franz von Stuck a réalisés de la jolie Lydia Feez, c’est tout simplement celui que je préfère.
 © Veilleur de Nuit – 2020

dimanche 11 juin 2017

L. Ring - Au petit-déjeuner (1898)

La veillée du dimanche. Deux toiles du peintre danois Laurits Andersen (1854-1933), plus connu sous le nom de sa ville natale, Ring. Figure majeure du tournant du XXᵉ siècle au Danemark, il est l’un des représentants du symbolisme et d’un réalisme social naissant.
Son œuvre oscille d'ailleurs entre ces deux tendances, parfois au sein d'un même tableau. Jour d’été dans le fjord de Roskilde, par exemple, est à la fois une représentation très précise du paysage et une œuvre qui a suscité diverses interprétations symboliques.
Elle figure depuis 2006 parmi les 108 œuvres du Kulturkanonen.
L.R. - Au mois de juin (1899)

Après deux années de leçons particulières, Laurits Andersen entre en 1875 à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, où il suit notamment l’enseignement de Peder Severin Krøyer. Il adopte en 1881 le nom de sa ville natale et devient dès lors L. A. Ring. Dans une époque marquée par les tensions politiques, il s’engage au sein du Rifle Movement, groupe d’étudiants prônant l’entraînement militaire dans la perspective d’une possible insurrection, et s’intéresse de plus en plus dans sa peinture à la vie des classes populaires.
Les deux tableaux que j’ai choisis ici appartiennent pourtant à une veine plus intime. On y retrouve le goût de Ring pour les signes discrets et les associations symboliques. Ainsi, dans Au petit-déjeuner, un bouquet de myrte – traditionnellement associé à Aphrodite et aux mariages – surplombe la figure de son épouse, comme une discrète allusion à l’amour conjugal.
 © Veilleur de Nuit – 2017

dimanche 28 décembre 2008

H.S. - Paysage au clair de lune (1890)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre finlandais Hugo Gerhard Simberg (1873-1917). Formé d’abord à l’école de dessin de Viipuri puis à celle de la Finnish Art Society, il devient en 1895 l’élève d’Akseli Gallen-Kallela, figure majeure de la peinture finlandaise, dans son atelier de Kalela, à Ruovesi.

H.S. - L'Ange blessé (1903)
Très tôt marqué par le symbolisme, Simberg développe un univers peuplé de créatures étranges, d’anges, de démons familiers et de paysages où le réel semble toujours sur le point de basculer vers le rêve. Loin d’être de simples images fantastiques, ses œuvres interrogent la fragilité humaine, la solitude et les forces invisibles qui semblent accompagner nos existences. Sa toile la plus célèbre, The Wounded Angel, illustre parfaitement cette atmosphère particulière : deux enfants transportent un ange blessé à travers un paysage dépouillé, dans une scène à la fois mystérieuse et profondément humaine.
Mort prématurément à quarante-quatre ans, Simberg a laissé une œuvre brève mais importante, qui occupe encore aujourd’hui une place à part dans la peinture finlandaise et nordique.

dimanche 31 août 2008

M.N. - Soir au bord du lac
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre allemand Max Nonnenbruch (1857-1922), réputé pour ses paysages et ses scènes de genre. Né en Thuringe, il étudie dès 1875 à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, avant de poursuivre sa formation à l’Académie royale de Munich, où il est marqué par l’enseignement de Wilhelm von Lindenschmit. Ces années d’apprentissage lui permettent de perfectionner son style et de s’immerger dans la riche tradition artistique allemande. Ses premières œuvres portent déjà la marque de l'école de Munich, dont l'enseignement mêle alors tradition académique, réalisme et influences symbolistes.

M.N. - Dunes sur la plage (1914)
Max Nonnenbruch est aussi sensible à l’influence des maîtres hollandais du XVIIe siècle, notamment dans leur travail sur la lumière et la couleur. Ses voyages en Italie et en France nourrissent encore son regard : il y cherche la lumière méditerranéenne qu’il admire tant, et se confronte à d’autres traditions artistiques.
Ce qui me plaît dans sa peinture, c’est cette recherche d’harmonie, cette lumière douce et ces scènes paisibles qui semblent appartenir à un autre temps.

PT6 ICI