In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 18 janvier 2025

R. Lalique - La femme ailée (1900)
Une image et des mots. J'ignore s'il y a un lien, mais cette merveille Art nouveau du maître joaillier René Lalique porte le même nom qu'une nouvelle de Izumi Kyôka ; celle-ci raconte l'histoire d'un enfant qui vit avec sa mère près d'un pont.
Elle lui enseigne que les réactions humaines n'ont pas plus de valeur que celles des animaux...

"Ah, madame! Comme j'aimerais devenir un animal ! Il faut croire qu'ils sont tous des bêtes et que ce singe est l'un des leurs! Ils lui ont donné à manger, tandis qu'à moi, humain, ils n'ont pas prêté la moindre attention !" avait-il dit en jetant un regard courroucé autour de lui. Nul doute que ce vieil homme, lui, comprenait...
Non ! Il ne s'agissait pas pour lui de comprendre, il savait, sans avoir à le dire, que les hommes sont des animaux, m'expliquait ma mère.

dimanche 25 juin 2023

Louis Welden Hawkins - Clytie

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique, naturalisé français, Louis Welden Hawkins (1849-1910). Destiné par sa famille à une carrière militaire, il choisit pourtant une autre voie et s’installe en France, où il passera l’essentiel de sa vie. Formé à l’Académie Julian auprès de William Bouguereau et Jules Lefèbvre, il fréquente les milieux symbolistes, mais aussi les cercles politiques et syndicaux socialistes.

L.H. - News from home (1883)
Si une partie de son œuvre me touche moins, j’aime particulièrement ses représentations simples et sincères de la vie paysanne – une jeune Bretonne tricotant dans un champ, une autre penchée sur son ouvrage à la fenêtre –, ainsi que ses figures féminines empreintes d’une douce mélancolie. On y retrouve quelque chose de l’idéal préraphaélite, mêlé aux lignes souples qui annoncent l'Art Nouveau.

dimanche 16 avril 2023

Heinrich Vogeler - Rêverie (1900)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre allemand Heinrich Vogeler (1872-1942), né à Brême et formé à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf.
D’abord proche des préraphaélites et de l'Art Nouveau, Vogeler explore des thématiques spirituelles et mythologiques qu’il transpose dans les paysages de son pays. Dans des œuvres comme Contes d’hiver (1897) ou Le Printemps (1897), il mêle la poésie des paysages, les récits bibliques et une attention minutieuse aux détails, tout en donnant souvent aux figures sacrées les traits du monde qui l’entoure.
Cette recherche d’un idéal de beauté trouve son expression la plus complète à Barkenhoff, sa demeure de Worpswede, qu’il transforme en véritable œuvre d’art totale : architecture, mobilier, décoration et peinture y participent d’une même vision inspirée du Jugendstil
H. Vogeler - Paysage

Mais à partir de 1906, son regard sur le monde change profondément. Sensibilisé à la condition ouvrière et influencé par les idées socialistes, il abandonne progressivement l’univers symboliste de ses débuts pour une peinture plus directement tournée vers les réalités sociales. Pacifiste pendant la Première Guerre mondiale, il se rapproche de la révolution bolchevique et voit dans l’art un moyen de participer à la construction d’une société nouvelle.
La comparaison entre Le Printemps (1897) et des œuvres comme Docker à Hambourg (1928) ou Stakhanoviste à Sotchi (1936) montre l’ampleur de cette transformation : le peintre de la beauté idéale Vogeler tentera ensuite de mettre ses convictions en pratique en créant à Barkenhoff une communauté où l’art et la vie sociale pourraient se rejoindre. Mais ses désillusions face aux réalités du communisme soviétique finiront par assombrir ses dernières années.
Exilé en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, il y meurt en 1942 dans la pauvreté.
Son œuvre demeure ainsi le témoignage d’un parcours singulier : celui d’un artiste qui, après avoir cherché l’harmonie dans la beauté, a voulu la trouver dans la transformation du monde.

dimanche 23 août 2020

G. Klimt - Île dans l'Attersee (1901)

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de l'artiste autrichien Gustav Klimt (1862-1918), déjà présenté en octobre 2012 et mai 2013.
Il est l'un des peintres symbolistes les plus influents de l'Art Nouveau et l'une des grandes figures de la Sécession de Vienne (voir aussi ICI), un mouvement qui entend rompre avec l'académisme viennois, défendre l'art moderne et promouvoir l'idée d'un « art total » (Gesamtkunstwerk)  qui ignorerait les notions d'arts mineurs et "éveillerait les consciences".

G.K - Jardin aux tournesols (1907)
Ses toiles les plus célèbres – Le Baiser et le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I – associent une sensualité franche à une richesse décorative éclatante, faite d’or, d’argent et de motifs ciselés. 
Tout au long de sa carrière, Klimt a multiplié les portraits féminins, les allégories, les thèmes parfois dérangeants - érotisme, mort, désir - avec ce style unique où l’ornement n’écrase pas le sujet mais en révèle l’intensité.
En conciliant la puissance décorative et l'expression des sentiments, Klimt a profondément marqué l'art européen et ouvert la voie à des artistes comme Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, qui virent en lui un maître autant qu'un précurseur.

dimanche 13 août 2017

Andrey Remnev - Sieste (2008)

Le vide-grenier du dimanche. Formé à l'Institut Sourikov de Moscou, il étudie ensuite pendant huit ans la peinture d'icônes au monastère d'Andronikov, où est conservé le musée Andreï Roublev. Cette longue fréquentation de l'art religieux marque durablement sa peinture, réalisée à la tempera selon des techniques anciennes.

A.R. - La Volga (2007)
Comme on peut le voir ici, en particulier avec le tableau ci-contre, il puise dans les traditions de l’Art Nouveau, des peintres préraphaélites et du constructivisme russe, tout en insufflant à ses figures une élégance intemporelle et un mystère presque sacré.
Après sa période de formation à l'école d'art de Moscou, Andrey Remnev a étudié l'art de l'icone pendant huit ans au monastère d'Andronikov, qui abrite le musée Andrei Rublev.
On retrouve dans son art la même intention à la fois décorative et profondément symbolique ; ses compositions, souvent frontales et stylisées, évoquent un monde à la fois onirique et ancré dans un imaginaire historique profondément russe.
« Mes peintures, dit-il, se distinguent par le souci du détail et une décoration méticuleuse, dans un style russe traditionnel. »

dimanche 21 septembre 2008

W.N. - Lady in grey (1918)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglais William Nicholson (1872-1949) qui se forme d'abord auprès du paysagiste William Cubley avant de poursuivre ses études à la prestigieuse école d’art fondée par Hubert von Herkomer. À l’automne 1891, il part pour Paris suivre les cours de l’Académie Julian, mais revient s’installer peu après à Newark pour y fonder, en 1894, un atelier avec son beau-frère James Pryde.
Ensemble, ils produisent pendant plusieurs années des œuvres graphiques, notamment des affiches, marquées par l’esthétique de l’Art nouveau en utilisant des techniques comme le bois gravé ; ils les signent sous le pseudonyme commun de « J. W. Beggarstaffs ».

W.N. - Boys on a pier (1909)
C’est au tournant du siècle, encouragé par James Abbott Whistler, que Nicholson se consacre pleinement à la peinture, pour produire désormais portraits, paysages et natures mortes, dans un style sobre et raffiné qui deviendra sa signature.
"Simplicity is the key to all true beauty".
Le portrait ci-dessus, avec cet étonnant parti pris du haut du corps plongé dans la pénombre, est sous-intitulé Madame X as 'Megan' in Tân-y-Bryn.

NR1 ICI