In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 10 avril 2022

H.P. - Under the El, NYC (1949)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire américain Homer Page (1918–1985). Après des études d’art et de psychologie sociale à l’UCLA puis à Berkeley, il devient photographe professionnel en 1944.
Il enseigne ensuite la photographie au San Francisco Art Institute, où il travaille notamment aux côtés d’Ansel Adams (voir avril 2010 et mai 2019), et de Minor White (voir août 2013 et sept. 2019).
H. Page - New York (1949)

Par l’intermédiaire de Dorothea Lange, Page rencontre également Edward Steichen, alors responsable du département de photographie du Museum of Modern Art de New York, qui l’invite à participer à plusieurs expositions du musée.
Son travail porte principalement sur la vie urbaine américaine de l’après-guerre, à New York comme à San Francisco. Il photographie les rues, les passants, les lieux ordinaires, avec une empathie discrète et – il me semble – une grande sensibilité à la solitude moderne.
Ses photographies sont très ordinaires, au fond. Rien de manifeste dans ses clichés, aucun regard social appuyé, aucune prétention poétique. Beaucoup de photographes de rue affichent davantage l’un ou l’autre ; chez Page, s'ils sont là, ils restent discrets. J'aime beaucoup son travail. Longtemps sous-estimée – peut-être pour ces raisons –, l’œuvre subtile et lucide d’Homer Page demeure aujourd’hui encore trop peu connue.
 © Veilleur de Nuit – 2022

JP1

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dimanche 3 avril 2022

David Foggie - The blue jug
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre écossais David Simpson Foggie (1878-1948). Formé à la Dundee School of Art, il poursuit ses études à Anvers, Florence et Paris avant de revenir s’installer en Écosse en 1904.
À sa mort, Foggie est un peintre reconnu, notamment pour ses portraits, même si son nom est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli.
D.F. - The Crescent in wartime (1940)

Voici, parmi les œuvres que je connais de lui, les deux toiles que je préfère. La seconde, intitulée The Crescent in Wartime, représente St Bernard’s Crescent, à Édimbourg, où Foggie vivait alors. Même si elle n’a pas été, comme plusieurs grandes villes anglaises, touchée par le Baedeker Blitz de 1942, Édimbourg a elle aussi subi des bombardements allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment en 1940 et 1941. Ce panneau à l’entrée du Crescent, surmonté du S de Shelter, suffit à rappeler que la guerre est aussi présente en Écosse.
 © Veilleur de Nuit – 2022
CJ4

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samedi 2 avril 2022

Donald Saaf - Hand Angel (2005)
Une image et des mots. Un objet régulièrement présenté sur les réseaux sociaux comme étant un artefact d'origine scytho-cimmérienne, trouvé au Kurdistan, et datant du 6ème siècle av. J-.C. 
Ce serait surprenant qu'il provienne de l'une ou l'autre de ces deux civilisations de cavaliers nomades, et d'autant plus dissonant si l'on admet que la première représentation connue d'un ange ailé, celle qui figure sur le Sarcophage de Sarigüzel, autrement dit "Sarcophage du Prince", dans la région d'Istanbul, est attribuée à l'époque de l'empereur romain Théodose Ier (379-395). On y voit, sur chacun de ses flancs, deux anges en vol qui portent le monogramme du Christ dans une guirlande circulaire.
Cette main gauche au creux de laquelle repose un ange est en réalité une sculpture en pierre à savon de l'Américain Donald Saaf, réalisée en 2005. Si c'est la main de Dieu, c'est celle de la justice, car la droite est celle de la miséricorde.

Pour l'accompagner, voici quelques lignes de Benito Pérez Galdós, extraites de son roman Misericordia.
En marchant, en marchant tout doucement, mon fils, on va d'un bout du monde à un autre, et si d'un côté nous profitons du bon air et de la vue de choses nouvelles, de l'autre nous sommes convaincus que c'est partout la même chose. Chacune des parties du monde - une supposition - c'est comme le monde en bloc ; c'est-à-dire qu'à n'importe quel endroit où vivent des hommes par exemple, ou des femmes, si tu veux, il y a de l'ingratitude et de l'égoïsme ; il y a aussi ceux qui commandent et qui forcent la volonté des autres. C'est pourquoi nous ne devons faire que ce que nous dicte notre conscience et laisser les uns se battre comme des chiens pour avoir un os, les autres comme des enfants pour un joujou..."
MA4

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dimanche 27 mars 2022

M. van Dokkum - Un monde d'homme

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et illustrateur néerlandais Marius van Dokkum (b.1957), déjà présenté en décembre 2013. Né à Andijk, il étudie à l'Académie chrétienne des arts visuels de Kampen, et se fait connaître avec des scènes de la vie quotidienne souvent teintées d’humour et de satire bienveillante.

M. van Dokkum - Poulailler (2004)
Parmi ses influences, il cite aussi bien Henk Helmantel (dont j'aime beaucoup les natures mortes) et Maarten 't Hart (le peintre, non l'écrivain) que des maîtres anciens tels que Rembrandt, Hans Holbein, Jan Steen ou encore Vermeer. Il se dit aussi fasciné par Velázquez, grand humoriste de la cour du roi d'Espagne Philippe IV comme en témoigne son fameux autoportrait de 1643.
 © Veilleur de Nuit – 2022

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