In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 6 juillet 2014

John Gutmann - Texas car (1937)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et peintre américain John Gutmann (1905-1998), né à Breslau, alors en Allemagne, aujourd’hui Wrocław en Pologne. Il étudie à l’Académie nationale des arts et métiers avant de s’installer à Berlin en 1927.
Il y découvre une ville en pleine effervescence, qu’il décrira plus tard comme un centre exceptionnel de création et de modernité.
« Berlin était la plus grande ville du monde quand j'y vivais, à la fin des années 1920 et début des années 1930. C'était la ville la plus sophistiquée, la plus décadente, et elle attirait la plus puissante concentration de talents créatifs dans le monde. Cinéma, théâtre, arts, tout le monde y était...»
J.G. - Cup of coffee and cigarette
(1950)

Juif, et empêché d’exposer par la politique culturelle nazie, il émigre en 1933 aux États-Unis et s’installe à San Francisco. Il y devient photographe et photojournaliste pour divers magazines, notamment Time et le Saturday Evening Post, puis fonde dès 1936 le département de photographie du San Francisco State College.
Fasciné par la culture populaire et la rue, Gutmann porte sur l’Amérique un regard qui n’est ni celui du documentaire classique ni celui de la photographie purement formelle. Peut-être parce qu’il la découvre en immigrant, il la regarde avec une curiosité particulière, attentive à ce qui la rend étrange, vivante, parfois même un peu extravagante : « I photographed the popular culture of the United States differently from American photographers. I saw the enormous vitality of the country. [....] I was seeing America with an outsider's eye - the automobiles, the speed, the freedom, the graffiti...»

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samedi 5 juillet 2014

Mitsuo Shiraïshi, Labyrinth
Une image et des mots. Né à Tokyo en 1969, le graveur Mitsuo Shiraïshi vit et travaille en France, à Mulhouse, depuis plus de 20 ans. Sa recherche de l'épure, c'est ainsi qu'il la justifie :
 "Quand il y a un objet, il y a une signification, une ampleur, qui rajoute une voie d'interprétation.
Ça parle trop! Le non-dit peut avoir davantage de sens. Comme en musique, ce ne sont pas toutes les notes qui sont importantes mais ce qui est entre les notes. Mais pour l'entendre, on a besoin de toutes les jouer."

Pour accompagner cette image, quelques mots de Samuel Beckett, extraits de L'innommable, publié en 1953 aux éditions de Minuit.
(...) il faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu’il y en a, il faut les dire, jusqu’à ce qu’ils me trouvent, jusqu’à ce qu’ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c’est peut-être déjà fait, ils m’ont peut-être déjà dit, ils m’ont peut-être porté jusqu’au seuil de mon histoire, devant la porte qui s’ouvre sur mon histoire, ça m’étonnerait, si elle s’ouvre, ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.
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dimanche 29 juin 2014

Paul Sample - Beaver meadow (1939)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'américain Paul Starrett Sample (1896-1974), dont la peinture est profondément ancrée dans les paysages et les scènes de la Nouvelle-Angleterre rurale.
Né dans le Kentucky, formé d’abord comme architecte, il se tourne vers la peinture après un séjour en sanatorium où il commence à dessiner. Il poursuit ensuite sa formation à l’Art Students League de Los Angeles, puis à Woodstock, où il se rapproche du courant régionaliste, aux côtés notamment de Grant Wood et Thomas Hart Benton.

P. Sample - Just before winter
Ce mouvement s’attache à représenter une Amérique rurale en transformation, marquée par l’industrialisation et les nouveaux modes de vie. C’est dans ce contexte que Sample développe son œuvre : scènes de travail, intérieurs modestes, paysages du Nord-Est, qu’il observe sans emphase ni dramatisation.
On peut aussi situer une bonne part de son travail dans la tradition du réalisme social. Héritier du réalisme européen du XIXe siècle avec des peintres comme Courbet, Daumier ou Millet, ce courant prend aux États-Unis une importance particulière pendant les années de la Grande Dépression. On peut penser aux peintres de l' Ashcan school, ou à des photographes comme Dorothea Lange et Lewis Hine.
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dimanche 22 juin 2014

Syd Shelton - London Docklands (1990)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et militant anglais Syd Shelton (b.1947), dont l’œuvre est étroitement liée aux combats culturels et politiques qui ont traversé l’Angleterre des années 1970 et 1980.
Né dans le Yorkshire et formé aux beaux-arts, il se tourne vers la photographie après un séjour en Australie. 
S S. - Hove Beach (2008)

Né dans le Yorkshire et formé aux beaux-arts, il se tourne vers la photographie après un séjour en Australie. De retour à Londres, il devient l’un des principaux acteurs du mouvement Rock Against Racism, collectif né en réaction à la montée de l’extrême droite et aux déclarations racistes de plusieurs personnalités musicales de l’époque.
Shelton en devient le photographe officieux, écumant concerts, manifs, rues populaires, pour saisir toute l’énergie de cette jeunesse métissée et en colère, où se mêlent le punk, le reggae, 
la revendication et l'espoir.
« I reject the notion that the photographer is an impassive observer. You construct the argument of what you want to say through the language of photography, through the shots you take and the angles you choose.»
Cette déclaration résume assez bien son approche : chez Shelton, le photographe ne se tient pas à distance de ce qu’il documente ; son regard participe pleinement au combat dont il témoigne. L'Earth & Stars Pub, à Brighton, vient de lui consacrer une belle expo.

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