In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 12 mai 2024

D.G. - An honest day wages

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'illustrateur américain Danny Galieote. Formé à l'Art Center College of Design de Pasadena, ce natif de Burbank a commencé sa carrière comme animateur et artiste conceptuel chez Disney, où il a participé à des films emblématiques comme Le Roi Lion et Pocahontas.
Cette expérience a profondément influencé son style qui - combinant des lignes fluides, une composition rigoureuse, et une attention au détail qui évoque l'esthétique de l'animation traditionnelle -, reflète une profonde admiration pour la tradition figurative et le réalisme narratif. 

D. Galieote - The picnic
Les œuvres de Galieote, qui mêlent des influences du réalisme social, du régionalisme américain et de l’iconographie hollywoodienne, s’inspirent de l’esthétique de l’Amérique des années 1930 à 1950. Galieote y explore les thèmes de la vie quotidienne, des interactions humaines et des rituels sociaux, tout en leur insufflant une modernité subtile. Ses compositions, souvent empreintes de nostalgie, utilisent des palettes lumineuses et des contrastes nets, avec une maîtrise technique qui rappelle des artistes comme Edward Hopper ou Norman Rockwell.
Les récits silencieux de Danny Galieote, où chaque détail, qu’il s’agisse d’une posture, d’un regard ou d’un objet, participe à la narration, sont avant tout un hommage à l'histoire culturelle américaine.

dimanche 16 juillet 2023

G.T. - Girl with basket (1987)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain George Tooker (1920-2011), formé à l'Art Students League of New York et déjà présenté dans ce blog en juin 2008.
Souvent rattachée - peut-être un peu trop rapidement - au réalisme magique, sa peinture naît pourtant d’une observation très concrète du monde contemporain. Tooker y traduit l’isolement, l’angoisse et la solitude de la vie urbaine moderne, mais aussi l’absurdité des systèmes bureaucratiques et la déshumanisation progressive des rapports humains.
Formé auprès de Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller, figures du réalisme social américain, il revendiquait également l’influence de Piero della Francesca et Paolo Uccello, dont il admirait la rigueur géométrique et la lumière.
G. Tooker - Sleepers I (1951)

Ses compositions aux couleurs douces, presque silencieuses – non pas parce que le récit en serait absent, mais parce qu’il s’efface pour laisser place à une sensation d’inquiétude et d’attente –, donnent aux scènes les plus ordinaires une dimension d’étrangeté et de méditation.
« Je cherche à peindre la réalité imprimée si fortement dans notre esprit qu’elle revient comme un rêve, mais je ne cherche pas à peindre les rêves en tant que tels, ni l’imaginaire. » Cette phrase résume parfaitement son rapport au réel. Tooker ne cherche pas à fuir le monde visible, mais à révéler ce qu’il dépose en nous. Il ajoutait : « J’ai toujours cherché à créer des œuvres d’art qui ont une certaine signification sociale, mais qui sont en même temps universelles et intemporelles. » En fait, chez Tooker l’étrangeté ne vient jamais d’un monde imaginaire : elle naît du regard qu’il porte sur le nôtre.

dimanche 18 décembre 2016

Adolf Dehn - Central Park in winter (1965)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'artiste - aquarelliste et lithographe - américain Adolf Dehn (1895-1968). 
Il commence ses études artistiques en 1917 à la Minneapolis School of Art, où il rencontre l'illustratrice Wanda Gág qui partagera sa vie pendant plusieurs années et avec qui il s'inscrira ensuite à l'Art Students League de New York.
A.D. - Red birds (1959)

Appelé en 1918 à servir sous les drapeaux pour la Première Guerre mondiale, il se déclare objecteur de conscience et se lie, en 1920 et 1921, à la gauche newyorkaise.
En 1921, il part pour l'Europe, à Paris et à Vienne, où il tissera des liens avec nombre d'intellectuels - certains comme lui expatriés -, comme Gertrude Stein, Edward E. Cummings, Josephine Baker, Leo Stein, Kurt Weill... "Life in Paris is simply glorious!"
Il retourne en 1929 dans une Amérique frappée par la Grande Dépression et traverse quelques années difficiles, mettant même son art au service de la WPA pour assurer l'ordinaire.
Ce n'est qu'à partir de 1936 qu'il commence à asseoir sa réputation, nationale et internationale, qui le mènera à être considéré comme un des grands maîtres américains de la lithographie et, plus largement, comme une figure majeure du courant régionaliste et du réalisme social, au même titre que Grant Wood ou Thomas Hart Benton, lesquels feront tous deux l'objet de futures publications.

dimanche 29 juin 2014

Paul Sample - Beaver meadow (1939)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Paul Starrett Sample (1896-1974), dont la peinture est profondément ancrée dans les paysages et les scènes de la Nouvelle-Angleterre rurale.
Né dans le Kentucky, formé d’abord comme architecte, il se tourne vers la peinture après un séjour en sanatorium où il commence à dessiner. Il poursuit ensuite sa formation à l’Art Students League de Los Angeles, puis à Woodstock, où il se rapproche du courant régionaliste, aux côtés notamment de Grant Wood et Thomas Hart Benton.
P. Sample - Just before winter

Ce mouvement s’attache à représenter une Amérique rurale en transformation, marquée par l’industrialisation et les nouveaux modes de vie. C’est dans ce contexte que Sample développe son œuvre : des scènes de travail, des intérieurs modestes, des paysages du Nord-Est, qu'il observe sans emphase ni dramatisation.
On peut aussi situer une bonne part de son travail dans la tradition du réalisme social., Né en France au XIXe siècle avec Courbet, Daumier ou Millet, ce courant prend aux États-Unis une importance particulière durant les années de la Grande Dépression. Voir à cet égard les peintres de l' Ashcan school, ou le travail de photographes comme Dorothea Lange, Lewis Hine, Berenice Abbott, et bien d'autres encore... Rien de tapageur, la justesse des gestes, la présence des objets, la chaleur discrète d'intimités partagées. C’est ce mélange de réalisme presque documentaire et d’émotion contenue qui me touche chez Paul Sample.

SA1 ICI