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| K. Struss - Woman and branch (1912) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Karl Struss (1886-1981).
Natif de New York, il se forme d’abord à la photographie au sein de la Columbia University, tout en travaillant dans la chapellerie familiale. Très tôt, il se passionne pour la lumière, les textures, les effets atmosphériques. Il est parmi les premiers aux États-Unis à expérimenter les procédés autochromes.
Ses premières œuvres, influencées par le pictorialisme, se caractérisent par une esthétique douce, presque impressionniste, à mi-chemin entre la peinture et la photo. En 1910, ses images sont exposées par Alfred Stieglitz (voir nov. 2011) au sein de la célèbre galerie 291, aux côtés d’Edward Steichen (voir mars 2010) et Clarence White (qu'il me faudra présenter aussi) – une reconnaissance exceptionnelle pour un jeune photographe.
Mais Struss ne s’arrête pas à l’image fixe. Fasciné par les possibilités narratives de l’image en mouvement, il se tourne vers le cinéma et s’installe à Hollywood en 1919. Sa carrière décolle véritablement avec "L'Aurore" (1927), chef-d’œuvre de Murnau – un de mes films préférés –, pour lequel il reçoit l’un des premiers Oscars de la meilleure photographie.
Ce film magnifique reste une référence absolue pour son usage novateur de la lumière, des superpositions et des mouvements de caméra.
Par la suite, Struss collabore avec des réalisateurs majeurs comme Cecil B. DeMille ou Charlie Chaplin (L’Émigrant, Le Dictateur). Pourtant, son travail de directeur de la photographie ne constitue pas une rupture avec ses recherches de jeunesse : il y retrouve la même attention aux compositions, aux contrastes et à la façon dont la lumière transforme une scène ordinaire en image.
Ce qui m'a intéressé chez Struss, c’est justement cette continuité entre photographie et cinéma. Chez lui, la lumière n’est jamais un simple outil technique : elle devient une matière qui construit une atmosphère, suggère une émotion et donne à l’image sa force narrative.
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