In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 3 février 2013

S. Salgado - Serra Pelada, Brésil (1986)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe brésilien Sebastiao Salgado (b.1944), récemment élu à l'Académie des Beaux-Arts où il succède à Lucien Clergue (voir nov. 2014).
Formé à l’économie, il travaille d’abord à la Banque mondiale avant de se tourner vers la photographie dans les années 1970. Installé à Paris, il collabore successivement avec Sygma, Gamma puis Magnum Photos, avant de cofonder en 1994 avec son épouse Lélia Wanick Salgado l’agence Amazonas Images.
Son œuvre s’organise autour de grands ensembles :
La Main de l’homme (1993), sur les conditions de travail, Exodes (2000), consacré aux migrations forcées, et Genesis (2013), sur la beauté et la fragilité du monde. Les deux images présentées ici en sont issues.

S.S. - Xingu, Mato Grosso (2005)
La première montre une mine d’or à ciel ouvert dans l’État du Pará, près de l’embouchure de l’Amazone. La seconde donne à voir ceux qui vivent dans l’ombre de cette ruée vers l’or, sur un territoire bouleversé et dévasté. Le film Le Sel de la terre, coréalisé en 2013 par Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, retrace ce parcours.
À une autre échelle, ces images font écho à une réflexion ancienne sur notre rapport au monde naturel : dès 1962, sous le nom de plume de Lewis Herber, Murray Bookchin écrivait dans Our synthetic environment que « l’homme exploite la terre qui le nourrit comme un parasite jusqu’à épuiser son hôte ».

NS2 ICI