In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 7 mars 2021

G. Käsebier - The manger (1899)

Le vide-grenier du dimanche. À la veille de la Journée internationale des droits de la femme, deux clichés de Gertrude Käsebier (1852-1934), figure essentielle du mouvement pictorialiste et l’une des premières femmes à s’imposer dans ce domaine au tournant du XXᵉ siècle.
Née à Des Moines (Iowa), elle commence sa carrière artistique relativement tard, après avoir élevé ses enfants, en étudiant la peinture puis la photographie au Pratt Institute de Brooklyn. Rapidement, elle s’impose par ses portraits - souvent de femmes et d’enfants - et par ses natures mortes.
G.K. - The sketch (1903)

Käsebier joue un rôle clé dans la reconnaissance de la photographie comme art à part entière, en travaillant sur la composition, la lumière et l’expression avec une sensibilité proche de la peinture. Il y a dans ses images de maternité et de figures féminines une douceur empreinte de force intérieure qui me touche beaucoup.
Membre fondatrice de la Photo-Secession, elle milite aussi pour une meilleure place des femmes dans les arts et encourage les vocations féminines : “I earnestly advise women of artistic tastes to train for the unworked field of modern photography. It seems to be especially adapted to them.” Dans un monde encore très masculin, Gertrude Käsebier a su imposer une œuvre à la fois sensible et affirmée, qui demeure l’une des plus belles expressions du pictorialisme américain.

dimanche 6 novembre 2011

A. Stieglitz - The steerage (1907)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Alfred Stieglitz (1864–1946), déjà présenté ici en mai dernier à propos du travail de Wynn Bullock. À la fois artiste, éditeur, théoricien et infatigable promoteur de la photographie comme art à part entière, Stieglitz demeure une figure fondatrice de la modernité photographique aux États-Unis.
Fils d’un marchand d’origine juive allemande installé à New York, il découvre la photographie lors d’un séjour en Europe dans les années 1880. Il se forme à Berlin, où il étudie la chimie et aborde la photographie avec une rigueur scientifique.
À une époque où l’image photographique est encore perçue comme un procédé technique ou documentaire, Stieglitz s’engage pour sa reconnaissance artistique.
En 1902, il fonde, sur le modèle du Linked Ring britannique, le mouvement Photo-Secession qui défend une photographie pictorialiste : floue, lyrique, souvent inspirée de la peinture symboliste ou impressionniste. Sa revue, Camera Work (1903–1917), devient une plateforme incontournable de l'avant-garde photographique.
A.S. - The Terminal (1892)

Mais Stieglitz fut aussi un passeur : à travers ses galeries (291, puis An American Place), il introduit aux États-Unis des artistes européens comme Cézanne, Picasso, Matisse ou Brancusi ; il expose des sculptures africaines, des dessins d’enfants, et publie des textes de Gertrude Stein ou Sadakichi Hartmann. Il participe ainsi à la définition d’un modernisme américain à part entière.
Le premier cliché présenté ici - The Steerage (en français l’Entrepont) - compte parmi les images les plus célèbres de l’histoire de la photographie.
Par sa composition rigoureusement géométrique, il est souvent considéré comme une œuvre fondatrice du modernisme photographique ; mais il possède aussi une forte valeur documentaire, en ce qu’il témoigne du sort des migrants européens traversant l’Atlantique dans les premières années du XXe siècle. En le regardant, je pense à ces deux vers de Desnos ...
Comme l'espace entre eux devient plus opaque,
Le signe des mouchoirs disparut pour jamais.

dimanche 14 février 2010

H.P. Robinson - The Valentine (1885)
Le vide-grenier du dimanche. En ce 14 février, deux clichés du photographe anglais Henry Peach Robinson (1830-1901). Figure de proue du mouvement pictorialiste, il fut un pionnier de la "photographie combinée", un procédé précurseur du photomontage qui consistait à assembler plusieurs négatifs pour obtenir une seule image.
Cette méthode lui permettait d'élaborer des scènes - souvent inspirées de la littérature -, avec une maîtrise unique de la composition et de la lumière.
D'abord peintre, Robinson s'intéresse à la photographie après 1852 et ouvre un studio en 1855 à Leamington Spa. Son travail est marqué par l'esthétique préraphaélites, par l'influence de John Ruskin, mais aussi - comme il l'écrit dans sa correspondance - par l'oeuvre de Turner.

H.P.R. - Wayside gossip (1880)
En 1892, il cofonde le groupe Linked Ring, qui défend la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière.
Ses membres, malgré des sensibilités diverses, rejettent une approche purement technique de la photographie et veulent en promouvoir les possibilités artistiques.
Le groupe accueille bientôt plusieurs grandes figures internationales comme Edward SteichenAlfred StieglitzGertrude Käsebier ou Clarence H. White, dont certains joueront ensuite un rôle important dans la fondation de la Photo-Secession aux États-Unis.

dimanche 9 mars 2008

I. C. - Morning mist (1911)
Le vide-grenier du dimanche. Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, deux clichés de la photographe américaine, et militante féministe, Imogen Cunningham (1883-1976).
Elle reçoit une éducation peu conventionnelle : son père, libre-penseur, assure lui-même ses premières années d’instruction. Elle poursuit ensuite des études à l’université de Washington, à Seattle, où elle se spécialise en chimie tout en s’intéressant à d’autres disciplines. C’est là, inspirée par une amie fascinée par le travail de la portraitiste Gertrude Käsebier, qu’elle découvre la photographie, à laquelle elle se consacre rapidement, avant de parfaire sa formation auprès d’Edward S. Curtis.
I.C. - The unmade bed (1958)

Beauty in photography is not just about capturing a technically perfect image ; it's about capturing the essence of your subject. It's about telling a story through your pictures.

Ses premiers travaux portent la trace de la photo-secession et des pictorialistes, , qui entendent faire reconnaître la photographie comme un art à part entière.
Le premier cliché en garde quelque chose : il s'agit de l'un des deux tirages d'un même autoportrait, l'un clair (Morning Mist and Sunshine), l’autre sombre (In Moonlight).
Dans le second, Cunningham – que l’on associe volontiers à ses nus – ne montre rien d’autre que son absence.

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